COMPLÉMENTS ALIMENTAIRESUtiles à la santé ? 15.11.2007 |
QUESTIONS / RÉPONSES
Vitamines & Oligo-éléments
- Comment définir un complément alimentaire ?
- Quelle est l'utilisation des compléments alimentaires ?
- Quel est le rôle des vitamines A, C et E ?
- Dans quels aliments peut-on trouver des vitamines A, C, E et d'autres ?
- Quelles sont les différences entre les vitamines de synthèse et celles qu'on trouve dans l'alimentation ?
- Comment faire pour préserver les vitamines présentes dans les aliments ?
- Certaines vitamines peuvent-elles être toxiques ?
- Pourquoi prescrire de la vitamine D au nouveau-né pendant toute sa première année ?
- Si suite à une prise de sang on réalise qu'on manque de vitamine B12, faut-il prendre des compléments alimentaires ?
- Qu'est-ce que les oligo-éléments ? A quoi servent-ils ? Peuvent-ils aussi être toxiques ?
- Que penser des compléments à base de soufre et de silicium ?
- Que penser des eaux minérales ?
- Boire de l'eau gazeuse quotidiennement peut-il poser des problèmes à un jeune enfant ?
- Que penser des omégas 3 ?

Question : 1 - Comment définir un complément alimentaire ?
JD : Il y a beaucoup de définitions des compléments alimentaires. Alors, pour simplement en avoir une, je vous lis ce que dit l’ordonnance du Département Fédéral de l’Intérieur, une source importante et fiable s’il en est, sur les aliments spéciaux. C’est une ordonnance qui date de novembre 2005, et qui dit ceci : "Les compléments alimentaires sont des produits qui contiennent des vitamines, des sels minéraux ou d’autres substances sous forme concentrée et qui sont destinés à compléter l’alimentation avec ces substances. Ils sont proposés dans les formes galéniques telles que capsule, comprimé, liquide et poudre." Voilà, une définition assez ramassée, 4 lignes, et puis après il y a aussi la directive de l'Union Européenne, du Parlement Européen de 2002 sur les compléments alimentaires : "On entend par complément alimentaire les denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constitue une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique, seul ou combiné, commercialisé sous forme de dose, à savoir les formes…" la phrase est immense. Donc, la définition suisse est plus ramassée, elle contient l’essentiel mais on voit bien qu’on peut faire des nuances.
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Question : 2 - Quelle est l'utilisation des compléments alimentaires ?
AM : Il me semble que la question est de savoir si quelqu’un qui a accès à une alimentation diversifiée, riche en fruits, en légumes, en poissons, ou en viandes, et qui peut équilibrer son alimentation, est-ce qu’une personne de ce type-là a besoin d’ajouter à son alimentation des suppléments nutritionnels, sous forme de capsules ou autres, à des fins de prévention ? C’est la question dont on doit discuter. Et il me semble que c’est très différent de la situation de quelqu’un qui fait un régime, qui doit avoir une alimentation particulière et qui doit compléter son alimentation qui est insuffisante par des nutriments ou des suppléments. Ça, je crois que c’est une question qui se règle avec un médecin ou avec une diététicienne. C’est un problème individuel.
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Question : 3 - Quel est le rôle des vitamines A, C et E ?
JD : La vitamine A est une vitamine qui peut être dérivée des caroténoïdes, des carottes par exemple, l’organisme peut fabriquer de la vitamine A à partir de là. C’est une vitamine qui est liposoluble, qui est soluble dans les graisses. Donc, on la trouve plutôt dans des aliments qui sont riches en graisses. C’est une vitamine qui est dite anti-oxydante. En bref, il s’agit du fait que, à l’intérieur des cellules normales, et surtout de certaines cellules qui assurent la défense de l’organisme, il y a des réactions biochimiques qui donnent naissance à des molécules extrêmement actives et agressives, des molécules largement dérivées de l’oxygène. Normalement, l’organisme et les cellules ont des moyens de défense qui permettent de capter, d’inactiver ces substances lorsqu’elles deviennent inutiles.
Et donc, l’hypothèse est que ces substances-là, comme les vitamines A, C et E, sont capables d’inactiver ces formes activées d’oxygène, ces radicaux libres. Mais c’est difficile de démontrer que la prise par voie orale de vitamines permet de diffuser dans l’entier de l’organisme des substances qui ont cet effet-là. En revanche in-vitro dans des conditions très particulières et spécifiques de démonstration, cet effet existe pour la vitamine A, pour la vitamine C et pour la vitamine E.
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Question : 4 - Dans quels aliments peut-on trouver des vitamines A, C, E et d'autres ?
MB : En mangeant de tout, on couvre tout. Donc, la vitamine C, tout le monde sait que ça se trouve dans les fruits et les légumes essentiellement. Pour couvrir les besoins minimums en vitamine C, il suffit d’à peu près un citron par semaine, donc on est loin des carences dans notre pays. Maintenant, si on mange un légume, un fruit par jour on couvre largement ses besoins en vitamine C. Il faut bien se rappeler qu’on ne fait jamais des équilibres sur un seul jour mais sur une moyenne de plusieurs jours. Les vitamines A et E sont liposolubles, donc on va les trouver plutôt dans des aliments qui ont des graisses, dans les œufs ou dans la viande, par exemple. Et puis après il y a toutes les vitamines du groupe B qui sont plus dans les céréales par exemple. Mais évidemment que plus on mange varié, plus on a de chance de couvrir tous ses besoins.
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Question : 5 - Quelles sont les différences entre les vitamines de synthèse et celles qu’on trouve dans l’alimentation ?
MB : Sur le plan purement chimique de la molécule, il n’y en a pas. Maintenant, il y a le fait que les vitamines qui sont dans l’alimentation ne sont pas toutes seules. Elles sont avec ce qu’il y a dans l’aliment. Donc, souvent le reste de la composition de l’aliment aide à absorber cette vitamine. Par exemple on trouve plus de vitamines liposolubles dans les aliments où il y a de la graisse pour qu’elles soient mieux absorbées. Donc, la nature a déjà tout prévu, la vitamine est au bon endroit avec les autres bons éléments pour être absorbée.
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Question : 6 - Comment faire pour préserver les vitamines présentes dans les aliments ?
MB : Pour préserver les vitamines ou les minéraux, il y a quelques petites précautions à prendre. Par exemple, tous les légumes et les fruits devraient être lavés entiers et pas coupés pour diminuer la surface de contact de l’eau avec l’aliment. Ils devraient être cuits précautionneusement soit à la vapeur, soit à l’étouffée pour que toutes les vitamines ne soient pas dissoutes dans l’eau puisqu’on a vu, entre autre, que la vitamine C était hydrosoluble, donc soluble dans l’eau. Ou alors, il faut consommer l’eau, c’est-à-dire soit l’utiliser pour le potage, soit la boire. Une autre manière d’avoir un meilleur apport c’est de consommer local, c’est-à-dire d’essayer de respecter les saisons parce qu’évidemment les teneurs en vitamines sont meilleures dans les aliments aux saisons qui leurs sont propres. Les aliments qui sont cultivés près de chez nous n’ont pas voyagé et ont évidemment moins soufferts des transports et de la lumière, et de tout ce qui peut dégrader les vitamines. Donc, tout ça ce sont des choses qui permettent de préserver les vitamines et une partie des minéraux. Le stockage aussi est important. La lumière détruit, c’est un oxydant, donc il faut mettre si possible les légumes et les fruits plutôt à l’ombre et l’huile aussi. Et puis, par exemple, beaucoup de gens prennent du fer le matin au petit-déjeuner avec leur café et on sait que le café diminue de plus de 30% l’absorption du fer. Alors qu’il serait utile de consommer des aliments riches en fer en présence de vitamine C pour favoriser l’absorption du fer et sans présence de caféine ou de théine pour ne pas la diminuer. Donc, il y a pas mal de petits trucs pour améliorer cette préservation des vitamines.
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Question : 7 - Certaines vitamines peuvent-elles être toxiques
?
JD : Paracelse en 1530 a dit que c’est la dose qui fait le toxique, tout est poison, donc, on est dans cette logique-là, et oui, absolument, il y a des vitamines qui sont plus ou moins toxiques. On admet globalement que celles qui sont liposolubles ont tendance à être plus toxiques. En tous cas c’est vrai pour la vitamine A et la vitamine D.
Pour la vitamine A, il y a des cas rapportés de toxicité dus à une surconsommation de compléments alimentaires, car si on reste dans les recommandations d’administration quotidienne, ça va très bien. Mais si on multiplie par cinq, par dix pendant longtemps ces valeurs-là, on commence à avoir une toxicité de la vitamine A qui a été décrite, qui est une toxicité cutanée en particulier, et qui peut provoquer des lésions cérébrales, ou en tous cas, une hypertension intracrânienne, chez les petits enfants qui ont la fontanelle qui commence à gonfler, et puis ça provoque des nausées, des maux de tête, etc. Mais il faut vraiment en consommer beaucoup. Pour les vitamines B, il y a surtout la vitamine B6, le pyridoxal ou pyridoxine. Là aussi, quelques cas ont été rapportés de lésions de type neurologique, mais pour des quantités consommées très élevées. Pour la vitamine C, il n’y a pas vraiment de toxicité. Vous connaissez toutes et tous les recommandations de Linus Pauling autrefois qui recommandait de consommer plusieurs grammes de vitamine C par jour pour traiter toutes sortes de maladies ou prévenir des maladies. Alors que ce qu’il faut administrer par jour, c’est de l’ordre de grandeur de 100mg à peu près. Là, je crois que les gens avaient peut-être quelques inconvénients gastriques. On dit qu’à dose vraiment très élevée ça peut cristalliser dans l’urine, donc provoquer des petits calculs mais fondamentalement il n’y a pas de toxicité. Pour la vitamine D, en revanche, c’est autre chose. La vitamine D est une vitamine efficace, importante pour l’os, pour le squelette, pour retenir le calcium et pour le déposer dans l’os. Mais si on donne trop de vitamine D, le calcium va continuer d’être absorbé par l’intestin et puis il va aller se répandre un peu partout dans l’organisme. Et cette calcification de certains organes est un risque d’un surdosage de vitamine D qui existe. Donc, c’est probablement celle qui pose le plus problème. Il n’y a pratiquement pas de toxicité de la vitamine E. Et puis, il y a une vitamine qui est un cas un peu particulier, c’est la vitamine K. Le problème principal de la vitamine K est qu’il ne faut pas donner des surplus de vitamine K à des gens qui ont par ailleurs des médicaments anticoagulants. Si on leur donne de la vitamine K ça aura tendance à annuler l’effet de ces anticoagulants. Mais pour le reste, il n’y a pas à ma connaissance d’excès de vitamine K.
AM : Il y a une vingtaine d’années, en épidémiologie les gens pensaient que la vitamine A en grande dose serait la panacée, que ça permettrait de prévenir les cancers, en permettant d’éviter la croissance de certains cancers. C’était une idée vraiment très fermement établie sur la base que c’était un antioxydant et que c’était bien de le prendre à grande dose. Donc, comme on pensait que ça aurait un effet protecteur on pouvait en faire un essai clinique randomisé, c’est-à-dire prendre des groupes de fumeurs, et c’est ce qui a été fait, et leur attribuer au hasard à certains d’entre eux une grande dose de béta carotène, une des formes de la vitamine A, et aux autres une pilule qui contenait un placebo, pas de principe actif. Ces gros fumeurs ont donc reçu, les uns du béta carotène et les autres pas de béta carotène, et on les a suivi pendant un certain nombre d’années. L’idée était que les fumeurs qui recevaient le béta carotène auraient dû développer moins de cancers du poumon que ceux qui n’en recevaient pas. Et grande surprise, ça a été le contraire. Les fumeurs qui recevaient beaucoup de béta carotène ont fait plus de cancers du poumon que ceux qui n’en recevaient pas. Et l’étude a été répétée dans un autre projet et on a obtenu les mêmes résultats. Donc, ces grandes doses de vitamine A semblaient avoir un effet toxique, et chez le fumeur semblait accélérer la survenue du cancer plutôt que de le protéger. Depuis lors, les idées ont complètement changé sur le rôle des vitamines et des suppléments en particulier à but préventif. En plus, des méta-analyses ont confirmé ces résultats. Les méta-analyses ce sont des études qui consistent à prendre un grand nombre d’études, à en tirer l’information, à la regrouper et finalement à faire une synthèse de toutes ces informations. Et les essais cliniques dont je vous parlais tout à l’heure, ils se prêtent très bien à ça, parce que techniquement ça se fait de façon très semblable : on attribue au hasard le traitement ou la vitamine ou l’absence de vitamine. Et donc, ils ont réuni l’ensemble de ces études dans une grosse analyse avec plusieurs centaines de milliers de personnes. Et conclusion aussi surprenante, c’est que les gens qui prennent des suppléments nutritionnels, de méga-vitamines, meurent plus jeunes que ceux qui n’en prennent pas. Et en particulier la vitamine A est une des principales vitamines concernées. Donc, il y a un phénomène qu’on ne comprend pas très bien. On ne sait pas pourquoi, mais la vitamine pourrait avoir un effet de blocage de la mort cellulaire et donc une fois que la cellule est transformée qu’elle est devenue cancéreuse la vitamine la maintient en vie. C’est comme une espèce de soins intensifs de cellules cancéreuses. Et donc, elles ont plus tendance à se multiplier et à faire des cancers qu’en l’absence de ces hautes doses de vitamines.
JD : Je crois qu’on peut juste mentionner le fait qu’un proche parent de la vitamine A qui est l’acide rétinoïque qui est utilisé dans le traitement de l’acné, a été utilisé aussi pour traiter certains cancers. On est là dans le contrôle de la prolifération cellulaire qui peut se manifester d’une façon ou d’une autre. Et effectivement, l’apoptose, cette mort cellulaire programmée est probablement impliquée dans cette affaire.
Question : 8 - Pourquoi prescrire de la vitamine D au nouveau-né pendant toute sa première année ?
JD : Pour cette indication-là, je ne sais pas. Je ne peux pas vous répondre. Ce que je peux dire simplement, c’est d’avoir lu des revues relativement récentes sur la vitamine D. C’est une des rares vitamines qui me pose des questions à l’heure actuelle. Parce que l’auteur de cette revue, toute récente et qui me semble être assez bien documentée, affirme qu’à peu près 1 milliard de gens de la population mondiale souffrent d’une carence, plus ou moins grave, mais d’une certaine carence en vitamine D. L’effet principal étant un déficit osseux et des troubles osseux. Et puis à part ça, il y a maintenant aussi quelques affirmations mais qui demandent à être vraiment confirmées, que la vitamine D pourrait aussi prévenir certaines formes de cancer. Tout ça est à voir, mais il y a un certain nombre de choses intéressantes.
Concernant les bébés, je pense que c’est pour la prévention du rachitisme.
Intervention d’une dame dans le public
Je suis médecin généraliste ici à Genève. A l’époque bénie des paysannes qui buvaient le lait de leurs vaches qui avaient pu paître au soleil et qui étaient elles-mêmes au soleil, et qui avaient donc une bonne quantité de vitamine D dans leur sang et par conséquent dans le lait quand elles allaitaient leurs enfants, il n’y avait vraiment aucun problème. Là maintenant, par contre, il n’y a pas de source de vitamine D pour un enfant, soit parce que sa mère n’est pas elle-même bien nantie en vitamine D, soit parce que le lait qu’on lui donne en manque. Le rachitisme est effectivement un problème qui a été dramatique au début du 20ème siècle, en particulier dans les cités ouvrières et autres milieux sous-prolétaires où on ne voyait pas le soleil, ni de produits laitiers de vaches qui auraient été élevées au soleil. La sagesse populaire a répandu à l’époque l’habitude de donner de l’huile de foie de morue ce qui n’était rien d’autre que de la vitamine D. Donc actuellement, il ne faut pas non plus avoir peur d’un problème de surdose éventuelle de vitamine D. Et vraiment je vous encourage à ne pas y renoncer pour que l’enfant puisse justement constituer son squelette en utilisant le calcium du lait qu’il va consommer dans sa première année.
Question : 9 - Si, suite à une prise de sang, on réalise qu’on manque de vitamine B12 faut-il prendre des compléments alimentaires ?
MB : Si on manque de vitamine B12, on reçoit des injections de vitamine B12 pour tout remettre à niveau.
AM : Dans les études épidémiologiques, on a essayé de déterminer le statut vitaminique des gens à partir de prise de sang et c’est très difficile parce que ces concentrations fluctuent énormément en fonction de ce qu’on a mangé à court terme. Et donc, une prise de sang souvent ne reflète pas forcément l’état et la consommation habituelle de la personne. Maintenant, pour certains cas si vous avez effectivement un déficit très important d’une vitamine, c’est un problème clinique que la discussion avec votre médecin va vous permettre de résoudre. Si lui ne juge pas que vous avez besoin d’un supplément, à mon avis, ce n’est pas nécessaire d’en prendre en plus.
Intervention d’une femme médecin généraliste dans le public
Le cas de la vitamine B12 est un cas à part. Avec l’âge l’estomac absorbe moins bien la vitamine B12 et cette carence-là peut avoir assez rapidement des manifestations importantes. Votre médecin a pu s’en rendre compte en vérifiant si vous aviez certains types d’anémies particuliers, ou en entendant certaines plaintes. Parfois quand vous parlez à votre médecin, vous ne vous rendez pas toujours compte de ce qu’il recueille dans l’histoire qui vous paraît banale. La pratique d’examen de sang annuel, c’est une fausse réassurance et par ailleurs, effectivement, à part le cas très précis de la vitamine B12, les dosages systématiques donnent vraiment peu de chose. Les plaintes du patient donnent souvent plus d’indices que la prise de sang.

Question : 10 - Qu’est-ce que les oligo-éléments ? A quoi servent-ils ? Peuvent-ils aussi être toxiques ?
JD : Les oligo-éléments sont des métaux en fait, et vous savez bien qu’il y a des métaux qui sont purement toxiques : le cadmium, le mercure, le plomb mais on ne connaît pas d’utilité pour l’organisme humain en particulier de ces métaux-là. Il y en a d’autres qui sont tout à fait utiles. Le cuivre, le zinc, le fer, bien sûr, et puis encore plusieurs autres. Et puis il y en a d’autres qui finalement sont utiles dans certaines occasions. Concernant le cuivre, le fer, le zinc, etc., alors là aussi le principe de Paracelse s’applique. C’est vrai qu’on en trouve normalement assez dans l’alimentation. Le fer pose un problème dans certaines régions du monde et chez certaines personnes pour qui c’est un vrai problème de prévention et de traitement d’apport suffisant de fer. Mais pour les autres, non. Ce n’est pas le cas du sélénium, par exemple. Et ça c’est un point assez intéressant, le sélénium, il en faut et quand on est au-dessous de 20 à 30 microgrammes par jour d’apport, on a des déficiences et des carences. Et puis si on en a trop, ce n’est pas bon non plus. Trop, c’est plus que 100 microgrammes par jour de manière prolongée. Donc, il faut se situer quelque part entre 50 et 80 microgrammes à peu près. Des enquêtes ont été faites concernant la population suisse. Elles sont un peu biaisées parce qu’elles prennent du sang de donneurs de sang dans des banques de sang, donc ce n’est probablement pas une bonne représentation de la population suisse générale, mais quand même ça donne une indication. Et au cours de ces 30 dernières années l’apport de sélénium jugé par ces mesures-là est dans le bon cadre pour la Suisse. Il n’y a pas eu de réduction. On le craignait parce que la principale source de sélénium était il y a 30 ans le blé des pâtes. Ce blé ne vient pas d’Italie comme on le croit souvent, il vient des Etats-Unis. Et le blé américain pompe du sélénium dans le sol parce qu’il y en a. A l’époque, 40% à peu près du sélénium que la population suisse ingérait provenait de ces pâtes. Or, pour différentes raisons on consomme moins de ces pâtes-là. Mais en revanche, malgré tout, le taux de sélénium s’est maintenu à des valeurs normales, donc il y a d’autres sources, probablement alimentaires, des viandes et d’autres sources pas clairement identifiées qui font que, bonne nouvelle pour le sélénium, on est à des bons niveaux.
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Question : 11 - Que penser des compléments à base de soufre et de silicium ?
JD : Le problème c’est que je ne connais pas de travaux qui montrent l’importance de ces éléments-là pour atteindre tel ou tel objectif. C’est toujours un peu ça le problème. Mais pour les deux éléments que vous mentionnez, le soufre et le silicium, honnêtement je ne sais pas. Je ne sais pas si vous connaissez des travaux prouvant leur efficacité ou bien si c’est une conviction. C’est aussi parfois difficile à dire, parce qu’on prend des choses et puis on se rend compte qu’on est mieux. C’est une réalité pour soi, mais cela ne veut pas dire pour autant que c’est valable pour quelqu’un d’autre. C’est ça la difficulté, lorsqu’il n’y a pas d’études. Alors, les études sont lourdes, chères, et il faut le dire ne sont souvent pas faites pour des substances naturelles parce qu’il n’y a pas de brevet, il n’y a pas de protection, il n’y a pas d’argent pour faire ces choses-là, ça c’est vrai. Donc, il faudrait que ce soit d’autres institutions que les industries qui les prennent en charge si on veut faire des études, parce que les industries ne vont pas s’engager dans ce domaine. Mais il faut quand même faire des études si on veut avoir une démonstration, sinon, ce sont des convictions personnelles.
MB : Je voudrais juste rajouter qu’il y a par exemple du soufre dans les choux, dans toute la famille des choux. Et que de toute façon les choux sont même recommandés actuellement parce qu’ils sont des antioxydants. On dit qu’on devrait consommer du chou, sous une forme ou une autre, 1 à 2 fois par semaine.
Question : 12 - Que penser des eaux minérales ?
MB : Si on prend le cas de Genève, je dirais qu’on a une eau du robinet d’excellente qualité que l’on devrait consommer. Ça éviterait d’acheter de l’eau qui vient parfois d’on ne sait où, et qui, écologiquement parlant, a été trimbalée par des camions, etc. de la porte à la maison et autre. Maintenant, il y a des eaux minérales qui ont des teneurs en minéraux différentes. Donc, il y a des eaux qui sont plus sodées, moins sodées, ou bien riche en potassium, etc. Alors, à moins d’avoir des pathologies, des maladies particulières où on recommande et/ou on déconseille une eau plutôt qu’une autre. Dans la consommation régulière et journalière, si on veut consommer des eaux minérales, on recommande des eaux minérales dites neutres, comme Evian, Volvic, Henniez si on aime l’eau gazeuse, ce sont les principales. Après, ce sont des eaux qui sont souvent très minéralisées et on déconseille la consommation régulière d’eaux très minéralisées.
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Question : 13 - Boire de l’eau gazeuse quotidiennement peut-il poser des problèmes à un jeune enfant ?
MB : Ce n’est pas le fait qu’elle soit gazeuse le problème, ce sont les minéraux qu’elle contient en fonction de sa provenance, de sa source. Alors, soit vous prenez de l’eau du robinet que vous gazéifiez vous-même suivant les procédés actuels en vigueur, soit vous achetez une eau neutre, c’est-à-dire par exemple Henniez ou San Pellegrino. Après, il y a des eaux hyper minéralisées, des eaux gazeuses, par exemple la Badoit qui est une eau gazeuse extrêmement riche en sodium qui est très salée et qui est déconseillée pour un emploi journalier. L’Henniez tous les jours ça ne pose pas de problèmes.
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Question : 14 - Que penser des omégas 3 ?
MB : On trouve des omégas 3 essentiellement dans les huiles végétales mais pas toutes, l’huile de colza, l’huile de lin et l’huile de chanvre sont des huiles riches en omégas 3, même si ce n’est pas vraiment commercialisé à grande échelle pour le chanvre. A part ça, il y a des omégas 3 dans le poisson qui, vous le savez, a une assez bonne réputation actuellement. Mais il n’y a pas que les omégas 3. L’important en fait, est le rapport entre les omégas 6 et les omégas 3. On sait qu’actuellement on consomme sûrement trop d’omégas 6 par rapport aux omégas 3. Les omégas 6 on les trouve dans d’autres huiles comme le tournesol, qui sont actuellement des huiles dont on recommande de calmer la consommation. A part ça, ce qui est aussi intéressant avec les omégas 3 c’est que les animaux sont en fait porteurs de ce qu’ils mangent, donc c’est peut-être utile ici de rappeler qu’on fait partie d’un écosystème et que, par exemple, des poules qui auront mangé des graines de lin, des cochons qui auront été nourris avec entre autre du lin ou des vaches qui auront été à la montagne et qui auront mangé une bonne herbe, auront une viande ou un lait ou des œufs plus riches en oméga 3 que les autres. Donc, ça vaut la peine aussi de choisir, quand on peut, des aliments qui proviennent de bons élevages et par exemple des produits laitiers d’alpage ou des animaux élevés dans de bonnes conditions.
JD : Concernant le rôle des omégas 3, la première observation intéressante a été le fait que les esquimaux avaient beaucoup moins d’infarctus du myocarde que le reste de la population occidentale ou d’autres pays. Donc, on a recherché dans leur alimentation ce qui était favorable, et je crois que ça été le grand début de la saga des omégas 3.
AM : Malheureusement, quand les gens se sont mis à observer un peu mieux les esquimaux, ils ont remarqué qu’il n’y avait pas seulement les omégas 3 qui étaient différents entre nous et les esquimaux. Il y avait aussi d’autres aspects de leur mode de vie. Et en fait, il y a eu plein d’études sur les omégas 3, toujours dans un but de prévenir les maladies cardio-vasculaires, les maladies neurologiques, les cancers, etc. et il n’y a aucun résultat vraiment clair qui permet de dire que la consommation d’omégas 3 en supplément, permet de prévenir quelque maladie que ce soit. Il y a des situations où ce n’est pas très clair sur des maladies ophtalmiques, etc., je ne rentre pas dans le détail. Mais pour les gros domaines comme les cancers et les maladies cardio-vasculaires et les accidents vasculaires cérébraux, il n’y a absolument aucune conclusion. Donc, les esquimaux sont au sommet de leur chaîne alimentaire, ils mangent des aliments et des animaux qui sont en extrêmement bonne santé qui sont très riches, justement, en oméga 3 mais qui ont aussi pleins d’autres qualités. Alors que, nous, on mange des animaux qui ont été élevés dans des conditions qui sont souvent absolument déplorables.


