ALCOOL, TABAC ET CANNABIS
Des adolescents en danger ?   (13.05.04)


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1. GENERALITES
2. ALCOOL/TABAC
3. CANNABIS
 
 


CANNABIS


16. A quel âge les jeunes commencent-ils à consommer du cannabis ?

17.Le cannabis est-il plus fortement dosé aujourd’hui ?
18. Est-ce que c'est facile de se procurer du cannabis dans les écoles ?

19. Les jeunes utilisent-ils le joint comme un calmant ?

20. La consommation de cannabis peut-elle avoir des effets psychologiques graves ?
21. Y a-t-il un lien direct entre consommation de cannabis et schizophrénie ?

22. Consommer du cannabis à travers des gâteaux, donc par voie orale, est-ce nocif pour la santé ?

23. Fumer régulièrement un joint, cela a-t-il des conséquences sur les poumons ?
24. Pour la consommation de cannabis, peut-on parler de consommation passive pour les non-consommateurs ?

25. Peut-on savoir à l’avance qui risque de devenir dépendant du cannabis ?

26. En tant que parent peut-on tolérer qu’un ado fume un petit peu pour se détendre le week-end ?
27. Comment faire arrêter le joint à un ado ?

28. Les consommations sont-elles différentes en Suisse et en France, où le cannabis est clairement prohibé ?


 

Question : A quel âge les jeunes commencent-ils à consommer du cannabis ?
FN : Il y a beaucoup de jeunes qui essayent déjà au cycle. Ils fument un joint de temps en temps ou quand ils sortent un soir. Ce que l'on voit c'est qu'à seize ans il y a déjà environ 30% des jeunes qui ont essayé au moins une fois. Et puis à 19 ans il y a à peu près 40% des jeunes dans la population des apprentis, des collégiens ou à l'ECG qui ont déjà fumé un joint. Ce n'est pas pour autant qu'ils sont des fumeurs réguliers de cannabis. A cet âge-là, il y a seulement 10% des jeunes qui fument beaucoup, plusieurs fois par semaine.

Question : Le cannabis est-il plus fortement dosé aujourd’hui ?
MCK : La quantité de tétrahydrocannabinoïde ou THC, c'est-à-dire la partie active dans le cannabis a nettement augmenté ces dernières années. Dans les années soixante, la concentration en THC était autour de 1 à 1,5%, dans les années septante autour de 2 à 2,5%. Aujourd'hui on trouve des concentrations au minimum de 4 à 5% et jusqu'à 31%. Il faut savoir quand même que ce sont des botanistes qui font des croisements de plantes, des biologistes, des profs qui se sont reconvertis en Hollande entre autres, et qui font pousser les plantes avec une teneur en THC extrêmement élevée. Il y a 66 cannabinoïdes, mais c'est vraiment la partie la plus active de la plante. Et il faut dire que le cerveau est en développement jusqu'à l’âge de 18 ans et on peut se demander si à long terme on peut avoir des conséquences plus graves que ce l'on voit actuellement. C'est vrai que la bonne nouvelle, c'est quand même que la majorité des jeunes arrêtent la consommation de cannabis avant l'âge de 20 ans. On estime que 70% à peu près vont arrêter, 20% vont continuer à consommer de façon récréative et festive de temps en temps, et 10% vont devenir dépendants.

Question : Est-ce que c'est facile de se procurer du cannabis dans les écoles ?
CT : Oui des produits, il y en a dans les écoles, c'est vrai. Et objectivement, l'accès est facile au cannabis. Il y a une offre, mais il faut aussi être un minimum attiré et demandeur et curieux. Dans l'école dans laquelle je travaille, j'ai l'œil donc je vois où on consomme, je vois où les jeunes roulent, où les jeunes s'échangent de la marchandise. Et il y a des tas de collègues enseignants qui ne voient pas, qui n'ont pas l'œil attiré. Et je pense que tous les jeunes ne voient pas non plus. Et ça il faut quand même le dire. Il y a une offre, elle est importante, mais il faut une disponibilité aussi.

Question : Les jeunes utilisent-ils le joint comme un calmant ?
MCK : Plusieurs enquêtes ont montré que la raison principale des jeunes qui consomment d'une façon régulière et intense, c'est le stress, c'est le conflit avec les parents, avec l'entourage, c'est la dépression, c'est l'anxiété. L'abus de la substance est utilisé dans un but d'automédication. Mais au moment où l'on est en train de substituer les conflits intrapsychiques par une substance, on est dans un très, très grand risque de rentrer dans la dépendance. J'aimerais souligner aussi que la précocité, l'intensité et le mélange des différents produits, aujourd'hui sont corrélés positivement avec une addiction ultérieure. Nous cliniciens, on est très inquiets ces dernières années parce que les jeunes consomment de plus en plus tôt des quantités de plus en plus importantes et en plus en mélangeant différents produits ou en passant rapidement d'un produit à l'autre.

Question : La consommation de cannabis peut-elle avoir des effets psychologiques graves ?
MCK : Les produits, comme le cannabis, quelques fois ont des aspects plaisants, c’est pourquoi tout le monde les consomme d'ailleurs, mais il y a des aspects négatifs. On est pas tous égaux devant un joint, ou devant une substance quelle qu'elle soit. Cela dépend d'une vulnérabilité génétique, une vulnérabilité neurobiologique. Chez certaines personnes qui ont cette fragilité, la consommation de cannabis, mais pas la consommation occasionnelle et festive dans des petites quantités de THC, mais plutôt une consommation intense et fréquente en quantités très importantes et surtout avec une concentration en THC très élevée, peut induire certains troubles psychologiques ou plutôt psychiatriques. On pense que chez ces personnes, il y a quand même un état pré-morbide qui, peut-être, ne se déclencherait pas s'ils n'avaient pas consommé du cannabis. Alors ça pourrait être une schizophrénie, c'est-à-dire un type de psychose, ça pourrait être un trouble bi-polaire, ce que l'on appelait à l'époque maniaco-dépressif, mais ça pourrait être aussi, ce dont on parle très peu, un trouble anxieux, et surtout les phobies, type agoraphobie, et claustrophobie. Et les symptômes peuvent continuer malgré l’arrêt de la consommation. Mais c'est plutôt rare, je tiens à le dire. La majorité des jeunes qui consomment vont bien.

Question : Y a-t-il un lien direct entre consommation de cannabis et schizophrénie ?
MCK : Les adolescents nous posent très souvent la question s'il y a un lien direct entre la consommation de cannabis et la schizophrénie. La réponse est non. Il n'y a pas un lien direct. C'est vrai que chez les gens fragiles ou vulnérables, mais c'est la minorité des personnes, le cannabis pourrait déclencher une schizophrénie. Mais ce sont des gens qui sont déjà malades sans le savoir. Mais le cannabis peut avoir des conséquences sur les troubles cognitifs : grandes difficultés d'apprentissage, diminution de la concentration et de la mémoire. On sait aujourd'hui qu'après l'arrêt de la consommation de cannabis, les personnes reprennent leur capacité cognitive. Mais ce qu'on ne savait pas il y a deux ans, c'est qu'on pensait qu'il suffisait d'arrêter et la personne travaillait de nouveau bien à l'école. Aujourd'hui on sait que ce processus peut prendre jusqu'à une année après l'arrêt complet de la consommation de cannabis. Peut-être que l'année est perdue au niveau scolaire, mais on dit toujours aux parents, ce n'est pas grave, le but c'est quand même qu'il ait arrêté la consommation et qu'il reprenne petit à petit son travail dans l'école ou au CEPTA ou ailleurs. Ce sont les deux conséquences les plus graves sur le plan psychique. On parle de schizophrénie, mais il ne faut pas oublier que cela pourrait être un trouble bi-polaire ou maniaco-dépressif, que ça pourrait être une anxiété, etc… Mais ce sont vraiment des cas rares. Preuve en est, beaucoup de jeunes consomment le cannabis, mais il n'y a pas plus de schizophrènes dans la société aujourd'hui qu'il y a vingt ans.

Question : Consommer du cannabis à travers des gâteaux, donc par voie orale, est-ce nocif pour la santé ?
MCK : Ce n'est pas une histoire de nocivité pour la santé. C'est l'histoire éventuellement des conséquences psychologiques graves qui peuvent se produire. Pour qu'une substance fasse de l'effet, ça ne dépend pas seulement de la substance elle-même, de la dose, ça dépend surtout du contexte dans lequel se trouve un jeune, surtout de ses attentes et de son état d'esprit. Alors, si vous avez consommé le cannabis à votre insu, que vous ne saviez pas que vous l'avez consommé, dans un gâteau, dans une boisson, dans les bonbons, etc…, d'abord les effets sont retardés. La personne qui ne savait pas qu'elle avait consommé du cannabis, a très, très fréquemment des mauvais trips, des mauvais voyages. Elle est très surprise par une espèce d'état de confusion, de dépersonnalisation, cela peut aller jusqu'à la paranoïa et ce que l'on appelle la psychose toxique due au cannabis. Ce sont des cas très rares, mais ce sont souvent des jeunes filles qui ont consommé des gâteaux, des bonbons et qui ne le savaient pas. Elles ont peut-être consommé une seule fois dans leur vie, mais à cause des effets surprenants du produit, elles peuvent développer des aspects psychologiques quand même graves, qui disparaissent au fur et à mesure que le cannabis est éliminé de l'organisme.

Question : Fumer régulièrement un joint, cela a-t-il des conséquences sur les poumons ?
FN : C'est de la fumée, donc ça a les conséquences qu'a le contenu de la fumée. Cela irrite.

MCK : Chez les gens qui présentent de l'asthme, cela peut aggraver les états d'asthme, par exemple, mais on ne peut pas dire aujourd'hui que la plante elle-même a un risque de cancerogénéïté. On ne peut pas encore dire ça. Vous savez, l'abus, ça diffère d'une substance à l'autre. Un verre de vin rouge aujourd'hui, beaucoup de médecins l'encouragent même. Ce n'est pas un abus, cela veut dire ce n'est pas nocif pour la santé. Une cigarette par jour, une seule c'est déjà nocif pour la santé. Vous avez autant de risques de développer des conséquences graves, surtout sur le plan des cancers, dans votre organisme. Pour les joints, les études sont très, très partagées. Il y a des études en cours, mais aujourd'hui on ne sait pas encore si un joint peut être nocif pour la santé déjà.

Question : Pour la consommation de cannabis, peut-on parler de consommation passive pour les non-consommateurs ?
MCK : On l’évoque très peu, mais c'est comme la fumée passive du tabac. Il y a aussi une consommation passive du cannabis, et une consommation passive de l'héroïne. Si vous êtes à côté de quelqu'un qui fume de l'héroïne, par inhalation vous allez également être positif à l'héroïne, pas forcément dans les urines ou dans le sang, bien sûr, mais tout ce qui est voies respiratoires, et surtout dans la salive vous serez positif. Alors c'est vrai qu'il faut réfléchir aussi, à ce qu’on fait subir aux enfants, et aux femmes enceintes à travers la consommation de cannabis. Il y a des parents quelques fois qui consomment devant leurs adolescents, ou vice-versa. Il faut vraiment se poser les bonnes questions au sein de la famille.

Question : Peut-on savoir à l’avance qui risque de devenir dépendant du cannabis?
MCK : Il y a beaucoup de jeunes qui ont déjà essayé le cannabis, si on prend la tranche d'âge quinze, seize ans, il y a en tout cas 50% des garçons et à peu près 39% des filles qui ont déjà touché au cannabis. Ils ne sont pas pour autant devenus tous des consommateurs réguliers ou ont un jour passés à la drogue dure. Cela veut dire qu'il ne suffit pas seulement d'une rencontre entre la personne, le produit et un certain environnement. Il faut aussi regarder ce qui est derrière la personne et surtout sa fragilité. J'insiste beaucoup sur le neurobiologique, parce que je pense que dans quelques années les addictions seront classées dans les maladies neurologiques, parce qu'il y a quand même des modifications neurobiologiques. Il y a certaines fragilités où la substance accroche beaucoup plus facilement que chez les autres. Mais aujourd'hui la médecine ne peut pas prédire qui d’entre nous est plus fragile qu'un autre. Mais on peut faire attention à un signal d'appel, et surtout aux facteurs de risques qui sont : certainement le jeune âge, le fait de consommer quotidiennement des quantités importantes, de mélanger les différentes substances, d'utiliser la substance comme automédication du stress, de la dépression, de l'anxiété. Tous ces facteurs doivent être dépistés. Il faut les voir, et surtout parallèlement, dans les thérapies c'est ce que l'on fait, essayer d'augmenter les capacités de la personne, ses facteurs de protection, de pouvoir dépasser ces difficultés. Très concrètement par exemple, aujourd'hui on sait que tout ce qui est une bonne estime de soi, la confiance en soi, la capacité de responsabilité, la capacité de s'intégrer, de s'autonomiser, etc. sont des facteurs de protections par rapport à une addiction. Alors on essaye d'augmenter les ressources de la personne, on travaille sur le côté sain, c'est-à-dire sur les compétences que les jeunes ont encore pour essayer, non pas d'éviter et de contourner, mais simplement de les dépasser. Comme je vous ai dit, on ne peut pas du tout prédire qui d'entre nous à un moment donné va devenir dépendant. C'est vrai qu'une consommation très quotidienne et très régulière va entraîner une dépendance. Mais quand on dit dépendant, cela ne veut pas dire consommer forcément tous les jours régulièrement, il faut que la personne remplisse des critères très clairs pour la dépendance, soit la perte du contrôle sur sa consommation de produits, l'incapacité de se passer du produit, ou, s'il arrête, de présenter le symptôme de manque. Aujourd'hui beaucoup de gens ne savent pas que, quand on arrête la consommation de cannabis, on n'a pas seulement une dépendance psychologique, mais aussi physique. On souffre physiquement quand on arrête la consommation de cannabis. La personne aussi petit à petit, dans les critères de dépendance, doit augmenter sa dose pour avoir les mêmes effets, ce que l'on appelle la tolérance. Elle va aussi petit à petit abandonner toutes ses activités et en plus continuer sa consommation malgré les conséquences néfastes sur sa vie privée. Voyez, il faut qu'elle remplisse plusieurs critères pour que l'on puisse dire que la personne devient dépendante un jour.

Question : En tant que parent peut-on tolérer qu’un ado fume un petit peu pour se détendre le week-end ?
MCK : Je pense que de fumer un joint de temps en temps, ce n'est pas un drame. Il ne faut pas le transformer en tragédie. Il faut à tout prix quand même privilégier la discussion, le dialogue. Discuter avec le jeune, essayer de comprendre pourquoi il a besoin de ça. Si c'est exclusivement pour se détendre, pour se déstresser, pour passer un bon moment de temps en temps, ce n'est pas grave, j'ai envie de dire que ce n'est pas grave. Mais par contre, il faut rester très vigilant si la consommation augmente, si son comportement change, comportement verbal, physique ou au sein de la famille, ou son comportement alimentaire ou s’il a des troubles du sommeil qui apparaissent, etc… il faut rester vigilant et essayer d'aborder la discussion avec lui.

FN : J'aurais tendance à dire qu’on ne va pas réagir de la même façon si le jeune a treize ou quatorze ans, ou s'il a dix-neuf ou vingt ans. Les conséquences de la consommation de cannabis interviennent aussi sur l'apprentissage, sur la disponibilité à faire des études, à apprendre, à obtenir un métier, des diplômes, etc. Et je pense qu'il faut qu'on garde à l'esprit, comme parent, que finalement tant qu'on est en développement, qu'on est en train d'apprendre et de se développer, de devenir une personne en tant que telle, d'obtenir son autonomie et de chercher à l'avoir, on est quand même plus à risque de devenir dépendant. Il faut voir les conséquences négatives de ces consommations. Et moi je serais beaucoup plus radicale sur fumer un joint à quatorze ans. Comme parent, je pense que je ferais passer le message que ce n'est pas une bonne chose, même si un joint ce n'est peut-être pas grave comme ça là maintenant, mais ça m'inquiéterait.

CT : Il y a un grand flou autour de cette limite. Mais il y en a une qui est la limite légale, que vous ayez soixante ou quatorze ans, c'est pareil. Ce n'est pas légal. Donc dans ce sens –là, ce n'est pas bien. Alors le flou, c'est le vin et les alcools qu'on pourrait mettre en parallèle, et qui, eux, sont légaux. Alors là on dit à seize ans, bière et vin, ça va ; alcopops ça va pas. Dix-huit ans, alcopops, apéritifs et alcools forts, OK. Là c'est un peu plus clair. Moi je tenterais ce rapprochement. Avant dix-huit non, parce que ce sont des drogues de grands. Tu dois être grand, et puis fais gaffe, parce que c'est quand même délicat d'usage, même si c'est bien rigolo, c'est aussi dangereux. L'idéal, ce serait qu'on arrive à gérer ces produits de cette manière-là.

Question : Comment faire arrêter le joint à un ado ?
MCK : Pour préciser, on a différents types de consommation. D'abord on a des gens qui ne consomment rien, on a des abstinents. On a aussi des gens qui ont essayé, qui ont expérimenté une ou deux fois dans leur vie. On a des gens qui consomment de temps en temps, ce que l'on appelle une consommation occasionnelle, récréative, par exemple, les gens qui consomment le week-end. On a les gens qui abusent de produits nocifs pour la santé et on a les personnes qui deviennent dépendantes. C'est vrai que quand on est en face d'un jeune qui consomme, il faut avoir un esprit réaliste et pragmatique. Le mieux, c'est de ne pas consommer, je crois qu'on est tous d'accord. Mais alors, quand quelqu'un consomme, on essaye de réduire dans un premier temps sa consommation. On ne va jamais vers une abstinence complète parce qu'on est dans un échec immédiat. On lui dit, par exemple, si tu consommes, ne consomme pas tout seul, consomme avec les autres. Essaye de ne pas consommer pendant ta période scolaire, essaye de placer ta consommation le soir, surtout essaye de consommer le cannabis avec un THC très bas.

Question : Les consommations sont-elles différentes en Suisse et en France, où le cannabis est clairement prohibé ?

MCK : Plus on interdit une substance, plus on consomme. Toutes les études l'ont montré. La France est un des pays, comme l'Australie et les Etats-Unis, où la consommation est très prohibée et la consommation de cannabis est extrêmement élevée. Donc la prohibition n'est pas une solution, elle n'induit pas une baisse de la consommation. Au contraire, plus l'interdiction est forte, plus il y a de consommateurs.

FN : Par contre, chez les adolescents, cela ne veut pas dire que les adolescents commencent à consommer plus tôt. Les chiffres par rapport aux adolescents en France, comme en Allemagne, comme dans les autres pays d'Europe, par exemple l’Espagne qui est aussi un pays de forte consommation de cannabis, les adolescents ne consomment pas sensiblement plus tôt qu'en Suisse.





     
   
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