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LES EFFETS SECONDAIRES DU VACCIN
1.
Quels sont les effets secondaires du vaccin contre l'hépatite B
?
2.
Quels sont les effets secondaires du vaccin de l'hépatite B recensés
en Suisse ?
3. Qui fait les déclarations de pharmaco-vigilance
?
4. Est-ce que les effets indésirés de la vaccination
sont dus aux antigènes utilisés dans le vaccin ou à d'autres composants
du vaccin ?
5. Comment les effets secondaires dus au vaccin contre
l'hépatite B ont-ils été mis en évidence en France ?
6. Qu'est-ce qui a amené la France à suspendre la
vaccination contre l'hépatite B ?
7. Pourquoi ne s'est-on pas interrogé sur les effets
secondaires possibles avant de lancer la campagne ?
8. En janvier 2001, les résultats de 2 études sont
parues dans le New England Journal of Medicine, selon lesquelles
les effets secondaires du vaccin contre l'hépatite B n'existent
pas. Que faut-il en penser ?
9. La vaccination contre l'hépatite B peut-elle
générer des bénéfices intéressants pour l'industrie pharmaceutique
?
10. N'est-ce pas au fabricant de vaccin d'assumer
financièrement les effets secondaires de son produit ?
11. Que pensez-vous de la responsabilité de la société
envers les victimes des effets secondaires du vaccin contre l'hépatite
B ?

Question
: Quels sont les effets secondaires du vaccin contre l'hépatite
B ?
F. CHOFFAT : Chaque médecin reçoit un compendium où
sont indiquées des informations contrôlées par
les autorités officielles, et qui comprend, entre autres,
tous les effets secondaires que peuvent avoir les médicaments.
Dans le document suisse, la société BERNA qui commercialise
le vaccin Hyprecomb n'indique presque pas d'effets secondaires (des
rougeurs localisées par exemple). Mais si l'on consulte le
compendium français, par exemple le Gen- Vacs fabriqué
par Pasteur Mérieux, la liste des effets secondaires est
très longue, parmi lesquels on mentionne toutes les maladies
neurologiques dont on a parlé en France, les atteintes sanguines,
etc. Cette liste n'est pas montrée au public.
Le problème est qu'il est très difficile pour les
patients de prouver le lien de cause à effet entre un médicament
et les effets secondaires qu'il entraîne. C'est comme pour
toute faute médicale : c'est à la personne qui s'en
estime victime d'en apporter la preuve. Souvent le malade n'a que
peu de moyens, et il se trouve confronté à des laboratoires
médicaux ou des institutions officielles qui ont des moyens
financiers et juridiques considérables. Pour qu'une procédure
aboutisse (quand elle aboutit), il faut attendre au moins 4 ou 5
ans, et si la personne n'est pas malade avant, elle peut tomber
malade en cours de procédure.
Personnellement, je connais 3 cas de malades souffrant d'effets
secondaires dus au vaccin : un enfant de 8 ans, un adolescent de
16 ans dont la vie a été complètement détruite,
bouleversée, du moins dans un avenir proche, et un adulte.
Ce dernier est le plus important, car on a vu des lésions
au niveau cérébral qui sont survenues dans les 12
heures qui ont suivi la deuxième injection du vaccin contre
l'hépatite B. Cette personne est physiothérapeute,
et s'est faite vacciner à la demande de son employeur. Après
le premier vaccin, il a souffert de vertiges qu'il a mis sur le
compte de la fatigue. Mais rétrospectivement, il a retrouvé
le même symptôme après la seconde injection.
Là, il s'est retrouvé pratiquement paralysé,
sans aucune force, des troubles visuels (cécité momentanée
puis vision double). Deux semaines après, on a effectué
plusieurs examens, dont une résonance magnétique qui
a mis en évidence de très nombreuses lésions
cérébrales actives, c'est-à-dire en état
d'inflammation qui ont permis d'expliquer ces symptômes. Depuis,
heureusement, cet homme a guéri de ses symptômes neurologiques,
excepté son équilibre qui est relativement mauvais,
mais il est entré dans un syndrome de fatigue chronique qui
l'empêche de travailler à plus de 50%.
Question : Quels sont les effets secondaires
du vaccin de l'hépatite B recensés en Suisse ?
C.-A. SIEGRIST : En Suisse, ce sont les Universités, en l'occurrence
le Département de pharmacologie de l'Université de
Genève, qui ont pris en charge de façon totalement
neutre et indépendante des laboratoires les déclarations
de tous les effets secondaires des vaccins ou médicaments.
De fait, j'ai obtenu l'ensemble des effets secondaires liés
ou non au vaccin de l'hépatite B en Suisse. Nous n'avons
pas vacciné la même classe d'âge en Suisse qu'en
France, car les recommandations suisses ont été de
vacciner les enfants avant 15 ans. Or, nous n'avons pas un seul
cas d'affection neurologique survenu des suites de cette vaccination.
Quand on regarde les chiffres de la pharmacovigilance en France,
c'est exactement la même chose. Le profil de sécurité
de ces vaccins est excellent chez le nourrisson, le petit enfant
et l'adolescent. C'est l'une des raisons pour lesquelles on propose
de vacciner à un moment où il n'y a pas de sclérose
en plaques, où l'on n'est pas en train d'incuber quelque
chose et où la vaccination se passe de façon tout
à fait correcte. Il y a tout de même des effets secondaires
: dans un cas sur 600'000 doses il peut y avoir une réaction
anaphylactique, c'est-à-dire que l'on gonfle de partout comme
si vous aviez été piqué par une abeille. Il
faut alors faire une injection pour vous faire dégonfler.
Ce sont les effets secondaires que l'on connaît et que l'on
craint en Suisse comme en France. Etes-vous d'accord, M. Giacometti
?
E. GIACOMETTI : Je ne représente pas la santé publique
en Suisse. Mais d'après des chiffres que j'ai vu à
pharmacovigilance ou d'après les rapports des victimes, je
n'ai vu aucun cas de nourrisson et que quelques cas d'adolescents
pour lesquels je suis extrêmement dubitatif. En revanche,
c'est essentiellement chez les adultes que l'on déplore le
plus d'effets secondaires.
Question : Qui fait les déclarations de
pharmacovigilance ?
C.-A. SIEGRIST: Les médecins ou les patients, par le biais
de l'Office fédéral de la Santé publique.
R. KAMMERLANDER : Actuellement, il y a une déclaration obligatoire
des effets secondaires qui existe depuis plusieurs années
à l'Office fédéral de la Santé publique.
E. GIACOMETTI : En France, vous avez cette obligation, mais les
médecins ne déclarent qu'un cas sur 10 par manque
de temps.
Question : Est-ce que les effets indésirés
de la vaccination sont dus aux antigènes utilisés
dans le vaccin ou à d'autres composants du vaccin ?
C.-A. SIEGRIST : Ce vaccin est produit à partir de levures
qui produisent l'antigène que l'on purifie. Comme on n'arrive
pas à une purification totale, on rajoute à l'antigène
des éléments tels que l'aluminium qui sont présents
dans tous les autres vaccins ou quasiment (diphtérie et tétanos,
par exemple). Quand on a essayé de réfléchir
à l'imputabilité de ce vaccin, on s'est demandé
si cela pouvait être l'antigène. Or, on n'a pas trouvé
de région de l'antigène qui soit similaire à
ceux de la myéline. On n'a rien trouvé de spécifique
au niveau de l'antigène, ni au niveau de l'aluminium ou des
antibiotiques utilisés dans la fabrication, car ces produits
sont aussi utilisés pour d'autres vaccins. Nous n'avons donc
pas d'hypothèse pour expliquer comment un vaccin contre l'hépatite
B pourrait provoquer une sclérose en plaques.
E. GIACOMETTI : Actuellement, personne ne finance avec des moyens
suffisants des recherches à ce sujet. Quand vous parlez des
recherches sur le mimétisme moléculaire, j'ai rencontré
le Prof. Bonidenbach à l'Université de Houston. Elle
en était à mendier pour avoir des subsides, alors
qu'elle est l'une des experts. Elle a même demandé
à des laboratoires de la financer ; ces derniers lui ont
ri au nez. Il n'y a donc pas de recherche en biologie fondamentale.
C.-A. SIEGRIST : L'auto-immunité et les mécanismes
de mimétisme moléculaire sont à la base d'un
nombre de projets de recherche extrêmement importants. La
nouveauté, c'est que l'on se pose la question maintenant
de se lancer dans des directions non explorées jusqu'alors.

Question : Comment les effets secondaires dus au
vaccin contre l'hépatite B ont-ils été mis
en évidence en France ?
E. GIACOMETTI : Deux phénomènes ont concouru pour
découvrir ces effets secondaires. Tout d'abord, une voie
purement médicale, interne au service de santé. En
France, il y a une agence du médicament avec des centres
de pharmacovigilance eux-mêmes reliés aux médecins.
Quand un médecin voit apparaître un effet indésirable
à un médicament, il le communique à son centre
de pharmacovigilance régional qui fait suivre cette information
ensuite au niveau national. On a ainsi vu apparaître entre
1993 et 1995 un signal d'alerte faible sous la forme de cas de scléroses
en plaques, ou plus précisément d'atteintes démyélinisantes
(atteintes de la gaine qui entoure les nerfs). De plus, au service
neurologique de l'hôpital de la Salpêtrière à
Paris, un professeur a condensé une quinzaines de cas de
personnes ayant toutes été vaccinées contre
l'hépatite B et qui ont développé ces symptômes.
Compte tenu du secret médical très fort qui règne
en France, ces cas n'ont pas été connus du public
ou des médias.
A côté de ça, il y a un certain nombre de personnes
qui sont directement allées voir des journalistes en leur
disant : "J'ai été vacciné contre l'hépatite
B, et voici les troubles dont je souffre depuis. Pourriez-vous enquêter
? Pouvez-vous m'informer ?". Certains malades sont même
allés voir des ligues anti-vaccination qui existaient à
l'époque, mais ces ligues ne sont pas crédibles en
France et ne passent pas le barrage des médias. Donc, pendant
quelques années, il y a eu un black-out total.
En 1996, j'étais journaliste dans la presse grand public,
j'ai eu à faire à des gens qui m'ont dit : "On
est victime". Au début, je pensais que c'était
des gens appartenant à des ligues anti-vaccination, et je
m'en méfiais car, dans ma famille de tradition pastorienne,on
vaccine énormément. Au fur et à mesure, j'ai
enquêté, ainsi que d'autres confrères, et nous
nous sommes aperçus que ces personnes étaient de bonne
foi et qu'il y avait de réels problèmes.
Parallèlement à ça, des revues médicales
spécialisées, de haut niveau (qui sont des documents
de référence et non des revues médicales homéopathiques
ou financées par des laboratoires) ont décrit différents
cas. En tant que journaliste de base, n'étant pas médecin,
je me suis dit : "J'ai des témoins, j'ai des gens du
service de santé qui me disent qu'il y a eu effectivement
une alerte, des publications médicales sérieuses qui
mentionnent des cas et des neurologues, qui, sans être cités,
disent qu'il y a un problème." Voilà comment
ça a commencé.
Question : Qu'est-ce qui a amené la France
à suspendre la vaccination contre l'hépatite B ?
E. GIACOMETTI : L'affaire du sang contaminé en France a fortement
marqué les esprits : pour la première fois dans le
public, on s'est aperçu que, dans le corps médical,
il y avait des personnes qui étaient de franches crapules
et pour qui l'argent passait avant la santé. En France, il
est important de le mentionner, il y a une sacralisation de la médecine.
L'histoire du sang contaminé a provoqué un choc, et
depuis les affaires ont commencé à être médiatisées
: l'hormone de croissance, l'amiante, et le vaccin contre l'hépatite
B.
Je ne veux pas être juge et partie, car il se trouve que j'ai
été impliqué dans cette affaire puisqu'au journal
Le Parisien on a sorti des éléments d'information
qui ont influencé la décision. Ce qui est clair, c'est
que dans le ministère de Kouchner, ils ont su à un
moment qu'ils étaient allés trop loin dans la vaccination.
Je pense que si des personnes comme celles qui sont présentes
ce soir avaient conduit la campagne de vaccination, on n'en serait
jamais arrivé là.
Question : Pourquoi ne s'est-on pas interrogé
sur les effets secondaires possibles avant de lancer la campagne
?
C.-A.
SIEGRIST : Parce qu'avant que la France
ne se mette à vacciner 25 millions de ses adultes en peu
de temps, il n'y avait jamais eu le moindre soupçon que le
vaccin contre l'hépatite B pouvait provoquer des scléroses
en plaques
E. GIACOMETTI : Cela est faux. En 1992, l'étude de pharmacovigilance
de SmithKline et Beecham avait recensé des cas d'atteintes
démyélinisantes. Elle avait même demandé
que l'on rajoute sur les notices des vaccins : " Précaution
d'emploi avec les atteintes démyélinisantes ".
Il y avait donc des soupçons.
C.-A. SIEGRIST : Le fabricant du vaccin a modifié la notice
d'emballage pour ne pas risquer d'être accusé de ne
pas avoir prévenu en cas de déclenchement d'éléments
indésirables chez des patients. Est-ce que la vaccination
de l'hépatite B est contre-indiquée chez les patients
ayant une sclérose en plaque ? L'Association suisse de scléroses
en plaque a conclu que c'était une décision qui devait
être prise sur une base individuelle parce que le risque de
déclencher une sclérose en plaques même chez
une personne porteuse de la maladie par une vaccination ne semblait
pas justifié au point de l'interdire. Mais les fabricants
se protègent. Ce n'est donc pas parce qu'une précaution
apparaît sur une notice qu'elle représente une réalité
scientifique.
E. GIACOMETTI : A l'époque (en 1992), c'était la seule
précaution d'emploi. Ce document est très important,
il est actuellement entre les mains de la justice qui enquête.
On se demande pourquoi, en 1992, le fabriquant voulait mettre précisément
cette précaution.
C.-A. SIEGRIST : Il y a une liste de multiples autres protections
! Je vous donne un autre exemple : tous les fabricants du vaccin
contre la grippe marquent sur leur notice que ce vaccin est contre-indiqué
pour les femmes enceintes. Mais s'il y avait une pandémie
de grippe demain, les premières femmes qui seraient vaccinées
seraient les femmes enceintes. Pourquoi alors est-ce marqué
que ce vaccin est contre-indiqué chez les femmes enceintes
? Pour se protéger, pour ne pas être accusé
en cas de problème chez l'enfant. Le vaccin contre la grippe
est maintenant recommandé chez les femmes enceintes au 3ème
trimestre pour les protéger elles et leur enfant, mais chez
nous, cela est déconseillé parce que les juristes
disent : " Nous ne voulons pas payer des millions s'il y a
un problème avec un enfant ". Il faut donc être
très prudent avec ces aspects juridiques.
F. CHOFFAT : Je voudrais citer le Dr Choffland, l'un des spécialistes
de la sclérose en plaques en Suisse romande, qui disait dans
une interview que pour lui, ce n'était pas du tout invraisemblable
en raison de la parenté entre les molécules de la
myéline et de l'antigène.
C.-A. SIEGRIST : Mais c'était en 1997 et les choses ont beaucoup
changé depuis.

Question : En janvier 2001, les résultats
de 2 études sont parues dans le New England Journal of Medicine,
selon lesquelles les effets secondaires du vaccin contre l'hépatite
B n'existent pas. Que faut-il en penser ?
C.-A. SIEGRIST : Il est vrai qu'en France il y a eu plusieurs centaines
de cas de patients qui ont souffert de sclérose en plaque
suite au vaccin. Mais il y a aussi en France entre 600 et 1800 nouveaux
cas de sclérose en plaque chaque année, que ces malades
aient été vaccinés ou pas. C'est un chiffre
important (correspond à 1 personne sur 100'000). La question
qui s'est posée est : est-ce que le vaccin contre l'hépatite
B augmente le risque de faire une sclérose en plaques ? Deux
sortes d'études ont été menées, en France,
en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis et en multi-centrique européen.
Dans la première sorte d'étude, on a cherché
à comparer 2 groupes de personnes : celles qui avaient été
vaccinées, et celles qui ne l'étaient pas (par exemple
chez les infirmières), et l'on s'est posé la question
de savoir s'il y avait plus de cas de sclérose en plaques
dans le premier groupe. Toute une série d'études différentes
sont arrivées à la même conclusion : on ne met
pas en évidence d'augmentation du risque de sclérose
en plaques lié à la vaccination (contre l'hépatite
B ou autre). Cela veut dire que, si le risque existe, on n'arrive
pas à le mettre en évidence car il est inférieur
à 1/1'000'000. Conclusion : la vaccination contre l'hépatite
B ne provoque pas de sclérose en plaques, d'autant que le
processus de démyélinisation du cerveau prend beaucoup
de temps, et plusieurs malades ayant présenté des
symptômes très peu de temps après la vaccination,
il semble difficile d'imaginer que tout ça avait été
déclenché en un aussi court laps de temps.
La deuxième sorte d'étude avait pour but de savoir
si la vaccination était bonne pour la population en général,
mais que pour certaines personnes ayant une prédisposition
génétique à faire certaines maladies comme
la sclérose en plaques, le vaccin pouvait être dangereux.
Dans ces études, on a donc prix des personnes souffrant de
sclérose en plaques mais qui étaient stables depuis
au moins un an (il faut savoir que cette maladie se caractérise
par une alternance de périodes de poussées et de rémissions),
et l'on a cherché à savoir si, parmi les malades faisant
à nouveau des poussées, il y avait plus de personnes
qui avaient été vaccinées dans les 2 mois qui
précédaient ou non. Cette étude n'as pas mis
en évidence de lien entre le vaccin et les poussées.
Donc, les études dont on dispose à l'heure actuelle
nous permettent de dire de façon scientifique, et c'est,
je pense, ce sur quoi l'on peut s'appuyer, que la vaccination contre
l'hépatite B ne cause pas de sclérose en plaques,
qu'elle ne la provoque pas non plus sinon il y aurait beaucoup plus
de cas. Par contre, elles ne permettent pas d'exclure absolument
le fait que, chez les malades qui sont à un stade avancé
de l'incubation, la vaccination augmente le risque de l'apparition
des symptômes, au même titre que la grippe ou un accouchement,
par exemple. Si l'on veut être tout à fait honnête,
il faut dire que l'on ne peut pas exclure que, chez un nombre de
gens de moins de 1 par million, on puisse arriver au moment où
il y a ce qui est très difficile à faire : la part
des choses entre ce que certains appellent une coïncidence
et d'autres vont appeler des corrélations.
R. KAMMERLANDER : Si on n'arrive pas à mesurer un risque
dans une étude épidémiologique, on peut dire
que l'étude n'a pas démontré de risques jusqu'à
un certain point. De plus, une étude épidémiologique
isolée ne dit pas toute la vérité et n'est
pas conclusive en soit. Par contre, lorsqu'on a plusieurs études
qui vont toutes dans la même direction, qui ont été
menées dans des sous-populations de patients différentes
et qu'elles arrivent toutes à un résultat qui ne montrent
pas une augmentation du risque, on peut conclure sûrement
à la sécurité du vaccin.
E. GIACOMETTI : Cela en fait sourire plus d'un en France, et surtout
des médecins : pouvez-vous préciser par qui ont été
financées les 2 études parues dans le New England
Journal of Medicine ?
C.-A. SIEGRIST : L'étude des patients souffrant de sclérose
en plaque a été conduite par un neurologue de l'Université
Claude Bernard de Lyon, entièrement générée
par l'Université, avec des subsides versés par le
fabricant du vaccin national (Pasteur Mérieux) qui a donné
des subsides à l'Université de Lyon pour conduire
cette étude. Bien sûr, les mains sales. Mais c'est
aussi un peu facile. Ces études étaient rétrospectives,
c'est-à-dire qu'on est allé chercher dans des banques
de données ce qui était inscrit depuis belle lurette.
L'autre étude, américaine, a suivi 250'000 infirmières
depuis 1976.
E. GIACOMETTI : Par qui était financée cette étude
?
C.-A. SIEGRIST : Il y avait sûrement de l'industrie. Cette
étude est financée par MERCK, un producteur de vaccin.
E. GIACOMETTI : MERCK n'est pas un producteur de vaccin, il est
LE plus gros producteur mondial de vaccins. Le problème avec
les médecins, c'est qu'il y a un problème dès
qu'on parle d'argent.
C.-A. SIEGRIST : Le producteur de vaccin a payé les gens
pour aller voir ce qu'il y avait dans les banques de données.
Ils en ont ressorti tous les questionnaires que les infirmières
avaient rempli depuis 1976 et qu'elles avaient envoyés année
après année en disant comment elles allaient. En analysant
ces données, on a généré les résultats
que je vous ai donnés, c'est-à-dire qu'en comparant
les femmes qui avaient une sclérose en plaques, celles qui
avaient un cancer du sein et celles sans problèmes de santé,
on est arrivé à la même réaction. Alors
je veux bien reconnaître qu'il y a de l'argent sale, de l'argent
de l'industrie là derrière, mais je pense que cela
n'enlève en rien la crédibilité de l'étude
à laquelle vous-même avez conclu dans votre livre,
puisque vous dites clairement que s'il y avait un risque, il aurait
été mis en évidence par ces études.
E. GIACOMETTI : Si j'ai parlé de financement, c'est juste
pour éclairer le public. Par ailleurs, en ce qui concerne
la validité de l'étude, je n'ai en tant que journaliste
aucune compétence pour juger de la qualité de cette
étude. Je peux néanmoins vous donner l'opinion du
Professeur Bernard BEGAUD, l'homme qui a en partie fondé
en France tout le système de pharmacovigilance français
et qui est spécialiste des effets indésirables des
médicaments (il est vice-Président de la Commission
technique des effets indésirables). Or, cet homme pense qu'il
y a eu des problèmes méthodologiques. Il va même
plus loin , puisqu'il a saisi son avocat pour porter plainte contre
l'auteur de l'étude de New York, car il considère
que cette étude a utilisé des données qu'il
avait proposées et qu'il n'interprétait pas de la
même façon.
Question : La vaccination contre l'hépatite
B peut-elle générer des bénéfices intéressants
pour l'industrie pharmaceutique ?
E. GIACOMETTI : Si vous observez l'évolution des ventes de
vaccins dans le monde, notamment en Europe, vous vous apercevez
que ces ventes plafonnent à un moment donné, le marché
étant celui de la petite enfance. Pour les investisseurs,
l'industrie de la vaccination n'était donc pas rentable.
A un moment donné, il y a eu un afflux de capitaux. En ce
qui concerne le fabricant SmithKline and Beecham, en l'espace de
10 ans, le chiffre d'affaires a décuplé principalement
à cause du vaccin contre l'hépatite B. Il y a eu un
avant vaccin hépatite B et un après vaccin hépatite
B d'un point de vue financier. Je ne parle pas d'un point de vue
de santé public, puisque je suis pour ce vaccin, du moins
dans les pays du Tiers-Monde et pour les groupes à risque.
Donc, ce vaccin a été un jackpot pour l'industrie
pharmaceutique vaccinale. Il suffit de comparer les chiffres d'affaires
avant et après le vaccin de l'hépatite B.
F. CHOFFAT : Dans la vaccination, plus le vaccin est cher et plus
la recherche qui se fait est une recherche de profit en fonction
de l'économie. Cela est aussi notre faute à tous,
car nous sommes entrés dans une économie mafieuse
où pour un laboratoire qui est représenté en
bourse, son but n'est plus de faire un produit valable, mais de
satisfaire ses actionnaires, parce que sinon, ils partent et le
laboratoire ferme ses portes. Donc, le but premier est de faire
des bénéfices pour ses actionnaires. Cela ne signifie
pas que la fabrique se trompe, mais cela devrait nous inciter à
avoir beaucoup de doutes.
R. KAMMERLANDER : J'aimerais revenir sur l'intervention de M. Giacometti
par rapport au financement des études par les industries
pharmaceutiques. Je déplore autant que lui que ces études
soient financées par les industries pharmaceutiques, car
j'estime que dans ce type d'études sensibles et délicates,
le financement devrait venir entièrement des pouvoirs publics.
Ceci dit, on ne peut pas simplement éliminer la validité
de ces études sur la seule base qu'elles ont été
financées par l'industrie.
Par ailleurs, contrairement aux des études françaises,
il est possible de suivre la méthodologie de manière
transparente (et donc forcément les commenter, les critiquer,
repérer leurs biais). Les choses sont donc complètement
transparentes, ce qui n'est pas le cas des études françaises,
dont on ne connaît que les résultats, mais sur lesquelles
il n'y a aucune discussion sérieuse à propos des biais
méthodologiques.
Question : N'est-ce pas au fabricant de vaccin
d'assumer financièrement les effets secondaires de son produit
?
R. KAMMERLANDER : Je pense que du moment où on fait des recommandations
de vaccination pour une population générale parce
qu'on a estimé qu'on avait beaucoup plus d'avantages à
proposer cette vaccination par rapport aux effets secondaires possibles,
on doit aussi tenir compte des effets secondaires potentiels qui
touchent certaines personnes. Donc, dès le moment où
l'on fait une recommandation au niveau officiel, on a aussi une
responsabilité. Je ne sais pas comment, mais il s'agit d'une
réflexion à approfondir. Pour l'instant, il y a des
dédommagements financiers qui dépendent d'une évaluation
personnelle de chaque situation, mais cela est très disparate.
C.-A. SIEGRIST : C'est vrai que les personnes qui ont un problème
de santé commencent par rencontrer des médecins qui
ne connaissent rien aux vaccins. C'est un parcours du combattant.
Il y a plusieurs projets à l'étude. L'un d'eux serait
de prélever un peu d'argent sur chaque dose de vaccin vendu
et de créer un fonds qui serait utilisé par les quelques
personnes atteintes.
E. GIACOMETTI : Le système que vous avez évoqué
est en place aux Etats-Unis, où chaque dose de vaccin vendu
alimente un fonds, très bien pourvu. En théorie, c'est
parfait, mais, comme pour l'hépatite B on ne reconnaît
pas le lien de causalité, cet argent dort et une partie de
cet argent est ponctionné pour financer autre chose. En France,
les gens ont porté plainte contre les fabricants. Sur 170
plaintes civiles, quasiment aucune personne n'a porté plainte
contre son médecin ; ce dernier est donc de bonne foi. Les
fabricants, eux, disent qu'ils n'y sont pour rien et qu'aucun lien
de causalité n'a été établi. Les gens
ont gagné en France, mais n'ont rien touché ; il faut
donc les aider. Il existe 2 écoles en France : d'un côté
ceux qui pensent que c'est la santé publique qui doit payer
; de l'autre, ceux qui disent que les laboratoires qui ont fait
des bénéfices colossaux, pourraient en redistribuer
une mince partie aux rares personnes victimes.
Question : Que pensez-vous de la responsabilité
de la société envers les victimes des effets secondaires
du vaccin contre l'hépatite B ?
R. KAMMERLANDER : Les vaccins ne sont pas parfaits ; les effets
secondaires existent, même s'ils sont rares. Pour les personnes
qui sont atteintes dans leur santé, je pense qu'il faudrait
trouver un mécanisme, un soutien qui les aide dans leur atteinte
à leur santé. Il n'existe malheureusement encore rien
dans ce domaine.
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