LE CANCER DU SEIN
Le dépistage en question ?   (21.11.02)


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EN QUELQUES MOTS

ET QUELQUES CHIFFRES

  • Le cancer du sein est, en Suisse, le cancer féminin le plus fréquent ( près de 30% des nouveaux cas de cancers ). Chaque année environ 4000 nouveaux cas sont diagnostiqués et 1600 femmes en meurent.
  • Le canton de Genève détient le triste record du plus haut taux d'incidence du cancer du sein en Europe : plus de 350 nouveaux cas par an et près de 100 femmes qui en décèdent. On estime qu'une femme genevoise sur dix développera un cancer du sein si elle vit jusqu'à 80 ans.
  • D'après les cancérologues, un cancer du sein traité alors qu'il mesure moins d'un centimètre et qu'il n'a pas encore envahi les ganglions a 90% de chances de guérison ; s'il est diagnostiqué au stade d'envahissement ganglionnaire, ses chances de guérison ne sont plus que de 50%. C'est sur la base de ces chiffres que  les gynécologues ont prescrit des mammographies à leurs patientes. Mais de nombreuses femmes, peu informées et peu suivies, échappaient à ces prescriptions d'où l'intérêt d'organiser des campagnes de dépistage systématiques gratuites offrant les mêmes chances à toutes les femmes.
  • En Suisse, seuls trois cantons romands ( GE/VD/VS ) ont créé des programmes de dépistage systématique du cancer du sein par mammographie. Les bénéficiaires en sont les femmes de 50 à 69 ans, à raison d'un examen gratuit tous les deux ans. Les autres cantons romands (JU/FR/NE) sont en train de mettre sur pied une campagne de dépistage cantonale, alors que les cantons alémaniques ne l'envisagent pas encore.
  • La mammographie n'est pas un examen infaillible. Elle entraîne des effets indésirables liés aux limites techniques de l'examen qui ne permet de détecter que 88% des cancers existants ( faux négatifs ) ou qui soupçonne à tort un cancer, ce qui génère des examens supplémentaires pénibles pour la femme concernée ( faux positifs ).
  • Tous les experts ne sont pas d'accord sur l'efficacité de la mammographie. Les « optimistes «  estiment qu'elle permet de réduire la mortalité de 26%, les pessimistes prétendent qu'elle n'entraîne aucune réduction de la mortalité.
  • En se basant sur la vision «  optimiste « , 26% de diminution de la mortalité correspond, chez les femmes de 50 à 69 ans, à 4 décès évités sur 1000 femmes qui font la mammographie pendant 10 ans. Mais l'examen peut être responsable d'angoisses inutiles. Sur ces 1000 femmes, 36 vont apprendre 4 années à l'avance qu'elles ont un cancer du sein sans en retirer aucun bénéfice : 12 sur ces 36 décéderont quand même, et 24 seront sauvées, mais elles auraient aussi été sauvées sans mammographie.
  • Ces 10 dernières années, la mortalité due au cancer du sein a diminué d'environ 30% dans toute la Suisse, alors que dans la partie alémanique du pays on pratique deux fois moins de mammographies qu'en Suisse romande. Cette baisse de la mortalité observée aussi dans d'autres pays occidentaux est attribuée, pour l'essentiel, aux progrès réalisés dans le traitement du cancer du sein.


     
   
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