TOUJOURS PLUS DE DIABETIQUES
Faut-il s'inquiéter ?   (15.05.03)


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EN QUELQUES MOTS

ET QUELQUES CHIFFRES

  • Le diabète est une maladie liée à une concentration anormale de sucre dans le sang. Le mot "diabète" recouvre en réalité deux affections :

          1. le diabète de type 1 (maigre, juvénile, ou insulinodépendant) est dû à une                           anomalie héréditaire. Elle entraîne, dès l’enfance, la destruction progressive des                cellules du pancréas qui sécrètent l’insuline, une hormone qui permet au sucre                     des aliments de pénétrer dans les cellules pour y être utilisé. Les patients pour                 survivre doivent s’injecter quotidiennement de l’insuline. Le nombre de                       diabétiques de type 1 est stable.

         2. le diabète de type 2 (gras, de la maturité ou non-insulinodépendant). Il est                probablement aussi lié en partie à une prédisposition génétique qui entraîne une                diminution de la sensibilité de certaines cellules à l’insuline, associée à une                diminution de la production d’insuline par le pancréas. Il touche surtout des                    personnes de plus de quarante ans qui souffrent de surcharge pondérale. Il est                      dix  fois plus fréquent que le diabète de type 1 et il ne cesse de progresser.

  • L’épidémie de diabète de type 2 suit l’épidémie d’obésité qui menace tous les pays du monde qui peuvent s’offrir le style de vie américain : nourriture riche, boissons sucrées en abondance et surtout peu d’exercice physique. Selon les prévisions de l’OMS, le nombre de diabétiques dans le monde devrait passer de quelque 150 millions aujourd’hui à 300 millions d’ici 2025. Il risque même de tripler dans les pays en développement. En plus d’un régime alimentaire inapproprié, cette progression fulgurante est liée aussi à la croissance démographique et au vieillissement de la population.

  • En Suisse, plus de 250.000 personnes seraient diabétiques. Une estimation approximative liée à l’absence d’étude épidémiologique à l’échelle nationale. Il faut donc se baser sur des observations menées en France et en Allemagne où 4 à 5% de la population souffre d’excès de sucre dans le sang.
  • A Genève grâce à l’enquête menée depuis dix ans par le Bus santé, on a une estimation plus fine. Elle montre qu’en 2000, sur environ 1200 personnes de 35 à 74 ans interrogées, 7,5% des hommes et 4,7% des femmes se savaient diabétiques. Ce qui porte à 20.000 le nombre de Genevois souffrant d’un excès de sucre dans le sang. Et leur nombre ne cesse d’augmenter, comme le montre les observations faites en 1992..
  • Le diabète de type 2 coûte très cher. Selon une étude réalisée en 2002 par l’Institut de médecine préventive et sociale de Zurich, son coût s’élève à près de 1 milliard par an en Suisse, soit plus de 4150 francs par patient et par an.
  • D’après la même étude, ces dépenses se répartissent entre les frais médicaux qui s’élèvent à 3500 francs par malade et par an, car le diabète mal soigné engendre généralement des complications graves telles que cécité, différentes neuropathies, ulcères et nécroses pouvant aller jusqu’à l’amputation, insuffisance rénale, infarctus du myocarde, voire mort précoce. S’y ajoutent 650 francs de coûts indirects liés aux congés maladie. Des coûts indirects sous-évalués par l’étude qui n’a pas considéré les frais liés à la retraite anticipée, l’invalidité ou les soins par des proches.


     
   
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