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GENERALITES
1.
L’hypertension artérielle est-elle un des premiers
motifs de consultation chez le généraliste ?
2.
Qu’est-ce que la tension artérielle et l’hypertension
?
3. La norme pour définir l’hypertension
n’a-t-elle pas tendance à baisser ?
4.
Quels sont les symptômes de l’hypertension ?
5. Les patients ressentent-ils des symptômes
?
6. Quels types de dommages entraînent l’hypertension
?
7. Qu’est-ce qu’une hypertension secondaire
et une hypertension essentielle ?
8. Quelles sont les causes de l’hypertension
?
9. Quel est l’influence de l’âge
sur l’hypertension ?
10.L’hypertension peut-elle avoir des causes
familiales ?
11.Est- ce que c’est une maladie qui concerne
plus les hommes que les femmes ?
12.Manger
du réglisse est-ce très mauvais pour l’hypertension
?
13.Quel est le rapport entre les apnées du
sommeil et l’hypertension ?
14.Pourquoi
les apnées du sommeil sont-elles nocives ?
15.Comment expliquer la tension labile, qui saute
de très haut à très bas ?
16.Les
représentations des médecins sur l’hypertension
correspondent-elles aux représentations des malades ?
17.Pour les patients, le mot hypertension est-il
différent de tension élevée ?
18.L’hypertension
existe-t-elle dans d’autres groupes ethniques ?

Question
: L’hypertension
artérielle est-elle un des premiers motifs de consultation
chez le généraliste ?
GA : Je ne sais pas si c’est le premier motif de consultation,
mais c’est une affection très fréquente. On
a publié l’année passée une statistique
vaudoise qui a montré qu’un homme sur quatre était
hypertendu, qu’une femme sur huit était hypertendue
et qu’à peu près un tiers de ces hypertendus
n’étaient pas au courant de leur diagnostic
Question : Qu’est-ce que la
tension artérielle et l’hypertension ?
APB : La tension, c’est un peu la sollicitation qui est à
l’intérieur de nos vaisseaux, de nos artères.
On distingue toujours une valeur élevée, la tension
systolique et une valeur basse, la tension diastolique, qui correspondent
en fait aux battements du cœur. A chaque fois que le cœur
éjecte un volume de sang, on a une valeur qui augmente dans
les vaisseaux, et à l’inverse, quand il se remplit,
cette valeur est la plus basse. Et on mesure ces deux valeurs extrêmes
qui déterminent deux chiffres. De fait, il faut dire qu’il
n’y a pas une frontière franche qui fait que vous ayez
un chiffre magique et vous êtes d’un côté
hypertendu et de l’autre normotendu. Pas du tout. C’est
vraiment une valeur linéaire qui est liée au risque
cardiovasculaire, c'est-à-dire au risque de faire une atteinte
cardiaque, ou une atteinte cérébrovasculaire, et qui
va être modulée par tous les autres facteurs de risques.
Mais, on s’accorde à dire, quand même aujourd’hui,
que la pression artérielle devrait être inférieure
à 140 sur 90.
Question : La
norme pour définir l’hypertension n’a-t-elle
pas tendance à baisser ?
APB : La norme a tendance
à être en dessous de 140 sur 90. Par exemple, en Amérique,
où on est parfois un peu plus extrême, si on a une
valeur qui est autour de 134 sur 85, on est déjà un
préhypertendu et on devrait déjà suivre une
diète pour réduire ce chiffre. Donc, la norme a tendance
à diminuer avec le temps et aussi avec les données
qu’on obtient des études. La ligne de partage est difficile
à définir. Elle est artificielle. On l’a mise
à 140 sur 90, mais elle va probablement encore évoluer
ces prochaines années. Et sans doute plutôt vers le
bas.

Question : Quels
sont les symptômes de l’hypertension ?
APB : Normalement, on n’a pas de symptômes. D’ailleurs,
si on se réfère à l’anglais, on dit que
c’est le « silent killer ». Le tueur silencieux.
Pendant des années, on ne ressent rien. Cette pression qui
est élevée et qui soumet tout le système de
nos vaisseaux à des dommages se manifeste ultimement par
une attaque cérébrale ou cardiaque, mais pendant un
très long temps, on est tout à fait indemne de symptôme.
Si ce n’est que parfois, mais c’est irrégulier
d’un patient à l’autre, on peut ressentir des
maux de tête, une fatigue, des vertiges, des choses qui ne
sont pas vraiment plus spécifiques à cette maladie,
plutôt qu’à une autre.
Question : Les
patients ressentent-ils des symptômes ?
PH : Par rapport à ce tueur silencieux, je pense qu’il
y a deux choses qui me viennent à l’esprit. Il y a
le fait qu’il y a des patients qui ne souffrent pas, qui ne
sont pas malades. Un jour on découvre l’hypertension
et tout à coup, ils ont une étiquette de malade. Alors,
ça a des implications pour leur réponse au traitement
qu’on va leur proposer. Mais, il y a l’autre problème
qui est que, dans toutes les équipes que j’ai vues,
et même aussi dans mes observations, tous les patients parlent.
Les patients qui ont eu une hypertension pendant longtemps ont des
symptômes. Pour eux c’est une maladie causée
par l’énervement, le stress, la nervosité, liée
au fait que c’est le cœur qui bat trop vite. Alors les
patients parlent souvent de ces symptômes liés au stress.
Ils sont nerveux, ils ont mal à la tête, parfois il
y a des bouffées de chaleur. Il y a plein de symptômes
et, eux, ils font le lien. Ils disent que les symptômes prédisent
leur hypertension. Tandis que le médecin dit que ça
peut être vrai que les patients ont des symptômes, mais
qu’il n’y a pas un lien direct.
Question : Quels
types de dommages entraînent l’hypertension ?
APB : Il faut imaginer
que cette tension agit comme une force mauvaise et abîme les
vaisseaux en entraînant des lésions qu’on appelle
l’artériosclérose, pour généraliser,
et qui va entraîner l’obturation de certaines artères
avec les complications que l’on sait. Comme tous les vaisseaux
sont soumis à cette force délétère,
en fait, plusieurs organes pourront être touchés. En
plus du cœur, du cerveau, des yeux, également les reins
ou d’autres organes du corps. Donc, c’est une maladie
qui va être très diffuse dans ses expressions.

Question : Qu’est-ce
qu’une hypertension secondaire et une hypertension essentielle
?
APB : Les hypertensions essentielles sont les hypertensions primaires,
celles pour lesquelles on n’a pas vraiment une cause palpable.
Cela représente 90% des cas. Dans 10% des cas, on peut trouver
une cause. Par exemple le diabète qui induit des lésions
des reins qui vont générer une hypertension. Et puis,
on a encore des maladies endocriniennes rares qui peuvent entraîner
une hypertension. Ce sont les hypertensions secondaires. Elles sont
secondaires à une affection endocrinienne, en général.
Question : Quelles
sont les causes de l’hypertension ?
APB : Si on les connaissait… Hélas, on ne les connaît
pas, et on dit que neuf fois sur dix, c’est idiopathique,
c’est-à-dire qu’on n’en connaît pas
la cause. Il y a probablement certains gènes, voire une multitude,
qui sont incriminés. Des gènes qui sont ensuite modulés
par notre façon de vivre, notre exercice physique, etc…
L’alcool peut faire monter la pression artérielle.
Le tabac en lui-même n’est pas un facteur de montée
de la pression artérielle, mais c’est un facteur de
risque. C'est-à-dire qu’il va s’additionner pour
abîmer les vaisseaux et entraîner les complications.
Il y a le sel aussi. Même si tout le monde ne répond
pas de la même façon à une diète riche
en sel. Mais c’est vrai que, probablement, c’est une
mesure publique très saine que de réduire le sel dans
la population générale. On sait que si on diminuait
de quelques grammes la teneur en sel dans la baguette de pain en
France, par exemple, sans que cela puisse être détecté
gustativement, on aurait vraiment un effet sur la mortalité
et les effets cardiovasculaires. Mais là, on se heurte aux
trusts des compagnies alimentaires, et ce n’est pas si simple
que ça. Certains ministres s’y sont cassé les
dents. Et il y a sûrement aussi une place pour le stress.
Mais le stress est très difficile à mesurer. Il est
très difficile à définir. Par contre, il existe
des travaux qui ont montré que si on intervenait sur le stress,
on pouvait avoir une réduction des maladies cardiovasculaires.
Je pense à ce travail récent où on a essayé
de faire pratiquer, par des patients qui étaient assez âgés,
la méditation transcendantale. Et on a observé vraiment
une réduction des affections cardiovasculaires, et même
de la mortalité. Donc, il y a probablement un domaine de
recherche très intéressant. J’aimerais encore
juste rapporter cette expérience, parce qu’elle m’a
beaucoup frappée. C’est au moment où les réfugiés
d’ex Yougoslavie arrivaient ici en masse et étaient
souvent atteints de ce qu’on appelle des syndromes de stress
post-traumatiques. C'est-à-dire qu’ils avaient vécu
des horreurs et qu’ils n’étaient pas forcément
hypertendus, mais à cause de ces évènements
dramatiques, ils avaient des pressions artérielles totalement
incontrôlables, quelle que soit la médication. Et je
pense, à l’évidence, qu’il y a quelque
chose de l’ordre du stress ou du traumatisme qui influence
la pression artérielle. C’est évident. Il faut
citer encore un petit pourcentage de cas où il faut s’attacher
à trouver une cause endocrinienne. Parfois, les hypertensions
sont curables par la chirurgie.
Question : Quel
est l’influence de l’âge sur l’hypertension
?
GA : C’est vrai que la souplesse des vaisseaux diminuant avec
l’âge, la pression artérielle a tendance à
monter. Elle sera aussi beaucoup plus variable chez une personne
âgée que chez un jeune dont les vaisseaux sont plus
élastiques. Je dirais qu’un jeune hypertendu est probablement
hypertendu, tandis que chez une personne plus âgée,
il faut bien contrôler la pression plusieurs fois avant d’être
sûr que la pression est élevée. Ce qui est certain,
c’est que la pression s’élève avec l’âge.
Question : L’hypertension
peut-elle avoir des causes familiales ?
GA : Tout à fait. Il y a des facteurs génétiques
qui ont d’ailleurs été très bien définis,
je crois. Indiscutablement, des parents hypertendus risquent d’avoir
des enfants hypertendus.
Question
: Est-
ce que c’est une maladie qui concerne plus les hommes que
les femmes ?
APB : Il y a un effet du genre qui est exprimé surtout chez
les hommes jeunes. C'est-à-dire que les adolescents ont des
pressions artérielles plus élevées que les
adolescentes, que les jeunes hommes et d’âge moyen aussi.
Et puis, ultimement, comme les femmes vivent plus longtemps, elles
sont finalement plus longtemps dans les âges extrêmes
de la vie à souffrir d’hypertension. Et puis, il y
a aussi une frontière, en effet, qui est la réduction
des hormones féminines qui fait souvent passer les femmes
du côté des hypertendus. Donc, il y a quand même
dans l’histoire des deux sexes, des différences. Mais
ultimement, il y a plus de femmes qui sont atteintes, parce qu’elles
sont plus nombreuses.
Question
: Manger
du réglisse est-ce très mauvais pour l’hypertension
?
APB : Oui, le réglisse a une action un peu comme une hormone
qui est produite dans le rein et qui va amener à retenir
du sel. Et, effectivement, les gros mangeurs de réglisse
peuvent induire une hypertension. A forte dose, si on absorbe cet
acide glycyrrhétinique, par exemple dans le pastis sans alcool,
le Pacific qui est parfois pris pour faire relais à une tendance
à prendre un peu d’alcool, peut faire la même
chose.
Question : Quel est le rapport
entre les apnées du sommeil et l’hypertension ?
APB : Le syndrome des apnées du sommeil, c’est une
affection qui est liée à une obstruction au niveau
du larynx qui entraîne la nuit une moins bonne oxygénation,
et puis qui stimule des systèmes hormonaux, dont ceux qui
règlent la pression artérielle. Et de fait, la pression
artérielle est souvent élevée la nuit chez
ces patients. Parfois, pas toujours, en traitant mécaniquement
le syndrome des apnées, on peut avoir un effet favorable
sur la pression artérielle. Ce qui est sournois, c’est
que c’est parfois la pression nocturne qui est augmentée,
donc il faut encore penser à la diagnostiquer. Normalement
la tension chute de 10% au moins, chez tout le monde pendant la
nuit, et quand cette chute ne se fait pas, on sait déjà
que c’est un élément défavorable pour
les organes, le cœur, le cerveau. Ils sont soumis à
une plus grande souffrance. On a montré que les gens qui
travaillent la nuit, avaient plus d’hypertension parce que
la tension ne baissait pas autant quand on dormait le jour. Cela
a été bien montré. Mais ce n’est pas
irréversible. On peut retrouver une tension normale si on
retrouve un rythme de sommeil normal.
Question : Pourquoi
les apnées du sommeil sont-elles nocives ?
APB : Lors d’une
apnée la nuit, on est mal oxygéné parce qu’il
y a une obstruction dans les voies respiratoires. A ce moment-là,
il y a des systèmes d’hormones qui se mettent en route
et qui peuvent faire monter la pression artérielle, au moment
où on est moins bien oxygéné, entre guillemets.
Donc, si vous voulez, c’est une condition où l’hypertension
artérielle est plus fréquemment retrouvée,
notamment la nuit. Donc, il faut penser à cela, si on a l’impression
qu’un de nos patients souffre d’un syndrome d’apnées.
Souvent ce sont des patients qui vont s’endormir n’importe
où la journée, qui ronflent la nuit. Donc, si on a
cette piste, il faudra penser à être vigilant et bien
diagnostiquer l’hypertension artérielle la nuit, de
manière à la traiter. Et également traiter
la cause des apnées.
GA
: Il y a juste une remarque. Le syndrome d’apnée du
sommeil est souvent posé par l’épouse qui dit
: « Mon mari arrête de respirer et ça m’angoisse
». Mais je dirais que cela se quantifie avec des moyens simples.
Comme disait Madame Péchère, le sang n’est plus
oxygéné et il est possible de mesurer cette déssaturation
du sang avec des moyens très simples. On peut voir si le
temps où le dormeur ne respire plus est trop long et si cela
doit être amélioré. Il y a des spécialistes
qui s’occupent de ça et il est relativement facile
de leur demander conseil.
Question : Comment
expliquer la tension labile, qui saute de très haut à
très bas ?
APB : J’observe chez des patients, quand même plutôt
âgés, ce type de variation. C’est vraiment un
défi de prendre ce type de problème en charge. Je
crois, au fur et à mesure que j’avance, que lorsqu’on
est hypertendu, il y a une partie de la maladie qui est probablement
liée au système du stress, c'est-à-dire du
système sympathique qui est déréglé.
Et ça, on sait qu’avec l’âge, cela arrive.
À part cela, il y a des maladies qui peuvent atteindre le
système sympathique. On va aussi chercher un diabète,
ou une insuffisance rénale. Mais souvent, on ne trouve rien
du tout et c’est extrêmement difficile à traiter.
Est-ce que je dois redescendre le haut qui pourrait faire une attaque
ou est-ce que je dois remonter le bas parce que je suis hypotendu
? Je reconnais que c’est difficile à traiter, et qu’il
faut s’aider parfois des bas de contention, avec des médicaments
à tâtons. C’est comme une espèce de niche
un peu plus difficile à traiter de l’hypertension artérielle.
Mais je crois que c’est un dérèglement du système
nerveux autonome.
Question : Les
représentations des médecins sur l’hypertension
correspondent-elles aux représentations des malades ?
PH : Comme je ne suis pas médecin, je ne parle pas le même
langage que les médecins. Alors je dois faire une sorte de
traduction. Je dois essayer de comprendre ce qu’ils expliquent,
ce que c’est l’hypertension, avec des concepts qui me
sont plus compréhensibles. Alors, ce qu’on peut voir,
en fait, c’est que souvent le médecin et le patient
vont essayer tous les deux de répondre à un certain
nombre de questions par rapport à la maladie. Qu’est
ce que c’est ? D’où ça vient ? C’est
dû à quoi ? Ce qu’il faut faire ? Etc. Chacun
va baser ses réponses et ses questions sur ses connaissances
et sur ses expériences personnelles. Le médecin va
se baser sur ses connaissances médicales, sur ses expériences
cliniques. Mais le patient va se baser sur une autre connaissance.
Peut-être certaines connaissances médicales qui viennent
des médecins, qui expliquent certaines choses mais qui doivent
passer par une sorte de traduction. Après, peut-être
que le patient va chercher certaines informations sur internet,
ou va parler avec d’autres amis, des membres de la famille
qui ont aussi de l’hypertension, et va arriver à des
réponses un peu différentes. Je me souviens d’un
cours auquel j’ai assisté, pour des patients hypertendus,
où l’infirmière a posé une question :
« Qu’est-ce que c’est que la tension artérielle
? » Les patients, presque tous, ont dit : « C’est
la vitesse des battements du cœur. » Alors, ce n’est
pas tout à fait ce que les médecins ont expliqué.
Et pourtant c’étaient des patients qui avaient été
suivis par un médecin, depuis très longtemps, pour
l’hypertension. Juste pour vous montrer que c’est difficile.
Question : Pour
les patients, le mot hypertension est-il différent de tension
élevée ?
PH : Il y a des études
très intéressantes aux Etats-Unis, où en anglais
on dit « hypertension », l’hypertension, mais
on dit aussi « high blood pressure ». Cela, c’est
la tension élevée. Alors, les médecins vont
utiliser ces termes de la même façon. Cela veut dire
à peu près la même chose. Mais, pour les patients,
ils ont trouvé dans plusieurs études, que ces deux
choses étaient deux maladies différentes, avec des
causes différentes. Et parfois ces deux maladies étaient
liées, disons qu’il y avait l’hypertension qui
était vraiment un problème de nervosité, quelque
chose dû au stress, à l’énervement. Cela
peut causer la tension élevée, mais pas toujours.
La tension élevée, ça peut venir d’autre
chose. Cela peut venir d’une alimentation épicée,
cela peut venir de la chaleur, ça peut venir des mauvais
esprits, selon où on a fait cette étude. Alors, le
médecin et le patient souvent pensent qu’ils sont en
train de parler de la même chose, parce qu’ils utilisent
les mêmes mots, mais en fait ils ne communiquent pas vraiment.
Question : L’hypertension
existe-t-elle dans d’autres groupes ethniques ?
APB : Il y a certaines ethnies dont on sait qu’elle ne consomme
pas un gramme de sel, et où il y a zéro hypertension.
Cela, c’est un constat. On sait aussi que, chez les Noirs,
l’hypertension est beaucoup plus précoce, beaucoup
plus sévère et beaucoup plus compliquée. C’est
une réelle cause génétique et ethnique. Une
des théories, c’est que les patients noirs auraient
moins de néphrons. Dans les reins, il y a des millions de
petites usines, les néphrons, qui génèrent
l’urine et des hormones. Eventuellement la malnutrition de
la mère ferait que les reins du bébé sont moins
matures. Ils auraient moins de néphrons et on aurait déjà
une condition de vie qui pourrait encourager l’hypertension
plus tard, en demandant à ces reins immatures de travailler
plus pour compenser ce qu’ils n’ont pas reçu.
APB
: GA : Ce qui est intéressant, par ailleurs, c’est
qu’ils ne répondent pas aux mêmes médicaments
que la population blanche.
APB
: Ils ont des expressions d’hormones différentes et
ne répondent pas aux mêmes classes de médicaments.
PH
: Il y a des études sur les représentations de l’hypertension
chez les Afro-Américains ou chez les populations latinos
qui montrent que les représentations de la maladie sont différentes.
Par exemple, il y a des études chez les Latinos qui montrent
que c’est vraiment lié à la colère. De
nouveau, c’est cette notion d’énervement, de
stress, etc. Alors, il y a des traitements traditionnels que les
gens vont utiliser à la place des médicaments, parce
que pour eux, il y a d’autres médicaments traditionnels
qui sont plus appropriés. Ou alors, ils vont chercher à
contrôler la cause de l’énervement, ils vont
essayer de changer quelque chose dans l’environnement social,
des problèmes familiaux, etc. Ils vont rejeter les médicaments,
parce que cela ne répond pas à la vraie cause de la
maladie. Il y a des études qui ont été faites
qui montrent qu’il y a des idées culturelles de la
représentation de la maladie. Après, par rapport aux
influences de ces représentations sur les attentes du traitement,
l’adhérence au traitement, ça va être
différent.
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