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MESURE
TENSION
1.
Pourquoi doit-on mesurer sa pression chez soi ?
2.
Qu’est-ce que l’effet blouse blanche ?
3. Sur quel bras prend-on la tension ?
4.
Comment prendre sa tension, lorsqu’on a un appareil d’auto-mesure
à la maison ?
5. Deux appareils différents pour mesurer la
tension peuvent-ils donner des résultats différents
?
6. Est-ce qu’il y a un moyen d’apprendre
à utiliser les tensiomètres classiques ?
7. A quel moment faut-il prendre sa tension pour la
comparer aux valeurs normales ?
8. Est-ce normal d’avoir une pression plus haute
le matin au réveil ?

Question
: Pourquoi
doit-on mesurer sa pression chez soi ?
GB : La pression artérielle varie beaucoup au cours d’une
journée. Chaque fois que le cœur se contracte, il envoie
7/10ème de décilitre dans le système et puis,
suivant la force de contraction, suivant la résistance périphérique,
la pression varie. Et, au cabinet médical, si vous prenez
trois fois de suite la pression, souvent la première valeur
est beaucoup plus haute que les autres. C’est ce que l’on
appelle l’effet « blouse blanche », puisqu’en
fait au cabinet médical, il y a des gens qui ont une pression
plus haute qu’en ville. Mais il y a aussi des gens qui ont
une pression plus basse que chez eux. Donc, les deux existent. Je
pense que plus on multiplie le nombre de mesures, plus on mesure
la pression artérielle dans les conditions habituelles de
la vie, plus on appréhende le risque cardiovasculaire. Et
c’est la raison pour laquelle la mesure de la pression artérielle,
ce qu’on appelle l’automesure, avec un appareil automatique,
ou avec un appareil qui enregistre sur 24 heures la pression artérielle,
permet de beaucoup mieux définir le risque.
Question : Qu’est-ce que l’effet
blouse blanche ?
GA : Les enregistrements permanents de la pression artérielle
ont montré des très jolies courbes. Une étude
italienne a montré, par exemple, que des patients couchés
avaient des pressions stables. Au moment où le médecin
entrait dans la salle, la pression montait, et au moment où
il ressortait, la pression redescendait. C’était anecdotique,
mais c’était joli. Et, je dirais qu’on est tous
inquiets, c’est un geste magique. Une consultation de médecine
où on ne mesurerait pas la tension artérielle serait
incomplète. D’ailleurs on nous fait remarquer : «
Vous n’avez pas contrôlé ma tension ».
Donc, il y a une espèce de côté un peu magique
à la consultation avec ces trucs où personne ne comprend
comment ça marche.
APB
: Je ne sais pas si la question sous-tendue était : «
Qu’est-ce que ça signifie d’avoir une hypertension
de la blouse blanche ? » C'est-à-dire des valeurs élevées
au cabinet mais qui sont normales à la maison. Et de fait,
ce n’est pas si anodin que ça, parce que c’est
probablement les hypertendus de demain, ou en tous les cas, c’est
déjà associé à des petites variations
au niveau du rein, par exemple. On peut déjà avoir
une avidité pour le sel, et je pourrais allonger la liste.
Ce n’est donc pas si bénin que ça, d’avoir
ce type d’hypertension. Cela mérite une surveillance,
même si c’est l’effet blouse blanche.
Question : Sur
quel bras prend-on la tension ?
GA : Je crois qu’il y a deux théories. On doit la prendre
là où la tension est la plus haute. Et puis d’autres
disent…
APB
: Je confirme que la première fois qu’on voit un patient,
on devrait mesurer la tension des deux côtés, parce
qu’on peut avoir des différences, et que si la différence
est minime, on va mesurer où c’est le plus élevé.
Si la différence est extrême, on peut se poser d’autres
questions. On peut avoir des anomalies dans les vaisseaux qui donnent
des différences très importantes. Donc, ça
vaut la peine de regarder au moins une fois que la pression soit
pareille des deux côtés.

Question
: Comment
prendre sa tension, lorsqu’on a un appareil d’auto-mesure
à la maison?
GA : Il faut choisir l’appareil qui est le mieux pour vous
et surtout faire une mesure synchrone chez votre médecin,
entre votre appareil et le sien, en partant de l’idée
que celui du médecin est juste, ce qui n’est pas toujours
le cas.
Question : Deux
appareils différents pour mesurer la tension peuvent-ils
donner des résultats différents ?
GA : D’abord, je crois qu’il faut fêter un anniversaire,
en 2005. Il y a juste 100 ans qu’on a appris à mesurer
la pression artérielle, grâce au médecin italien,
le docteur Riva-Rocci, qui a découvert la manchette à
pression, et grâce au russe Korotkof qui a permis d’analyser
les bruits et de faire la relation entre la pression artérielle
et ces fameux bruits qu’il avait décrits. Depuis, vous
savez qu’il y a la méthode standard, le manomètre
à mercure avec une manchette. Ensuite on a développé
des machines automatiques qui ne mesurent plus la pression exactement
de la même manière, et pas toujours au même endroit.
Les nouvelles machines qui mesurent la pression au poignet sont
parfois justes, mais sont souvent fausses. Le gold standard, c’est
le manomètre à mercure et la manchette. Or, vous savez
que le mercure n’est plus autorisé. Donc, on n’a
plus de gold standard. Vous avez des machines anéroïdes,
avec une aiguille, qui sont aussi basées sur le système
de l’auscultation, ça marche. Et puis, d’autres
systèmes, qui sont des systèmes oscillométriques,
où il y a un calcul qui est intégré et où
il peut y avoir de grosses erreurs. Donc, si vous voulez avoir une
base de référence, c’est le manomètre
à mercure et la manchette au bras
APB
: C’est tout à fait exact. Mais, parmi les différents
appareils, suivant la marque, on a encore des grandes différences.
Il y a des organismes qui s’amusent à étalonner
les appareils, à leur donner des cotes, et à publier
ça dans les journaux. On peut trouver ces listes et essayer
de choisir un appareil qui a été bien étalonné,
et validé cliniquement. Parce que vraiment, il y a tout et
rien dans la panoplie qui est offerte. Il y a même l’émission
télévisée de la TSR « A Bon Entendeur
» qui avait fait une étude comparée.
Public
: Au point de vue appareil, je suis pharmacienne et nous vendons
beaucoup d’appareils de différentes marques et de différents
types. Les gens viennent aussi nous raconter que ça ne marche
pas, que les valeurs sont différentes. Or, je constate en
discutant avec les patients, qu’ils ne prennent pas assez
de temps pour faire ces mesures. Ils les prennent très souvent
debout, car ils ont un rendez-vous, ils sont pressés. C’est
la principale cause des fausses manœuvres qui ont été
faites. Quand on leur dit qu’il faut prendre le temps entre
deux prises, eux, quand ils ont une valeur qui n’est pas juste,
ils enchaînent immédiatement avant trois minutes pour
en faire une deuxième. Donc, l’appareil ne s’est
même pas vidé, l‘air est encore dedans et ça
ne peut pas marcher comme ça.
APB
: Il faut effectivement avoir un minimum d’instructions par
rapport à l’appareil. Même quand nous prenons
la tension au cabinet, nous devrions respecter un temps de repos,
faire en sorte que le bras ne soit pas sous tension, pas comme ça
debout. Donc, c’est pareil pour la maison. Il faut donner
une instruction au patient. Et puis il faut aussi lui dire que faire
si jamais il a des valeurs extrêmes. Lui donner disons de
petites recommandations. Il ne faut pas le lancer comme ça
avec son appareil.
GA
: La société française d’hypertension
recommande de faire trois auto-mesures, trois mesures successives,
même si ce n’est pas à trois minutes d’intervalles,
d’en faire la moyenne et de le faire trois fois par jour.
Si bien que cela donne un bon profil de la charge tensionnelle.
Question : Est-ce
qu’il y a un moyen d’apprendre à utiliser les
tensiomètres classiques ?
GA : Disons que le nouveau
tensiomètre qui est basé sur le système de
l’oscillométrie, où il n’y a pas de microphone,
et pour autant que ce soit un bon modèle, même si ce
n’est pas tout à fait précis au millimètre
de mercure près, est un bon moyen d’appréhender
la pression artérielle chez soi. Je crois que nous recommandons
tous que les hypertendus contrôlent leur pression chez eux
et contrôlent la pression des autres, de leurs amis à
l’occasion. C’est une manière de détecter
l’hypertension.

Question
: A
quel moment faut-il prendre sa tension pour la comparer aux valeurs
normales?
APB : Il faut la prendre à des moments différents.
Je ne vais pas vous dire qu’il ne faut la prendre que le matin
ou que le soir. Il faudra sur trois à six mois multiplier
les prises de tension, le but ultime étant que les valeurs
soient tout le temps normales, même le matin si on a un pic,
elles doivent quand même être normales. Je dirais qu’on
doit s’aider aussi pour poser le diagnostic avec des enregistrements
de 24 heures où on aura tout le dessin. Et là, on
voit s’il y a certaines valeurs qui font tache, mais la moyenne
devrait être normale.
GA
: J’aimerais dire une chose. Mesurer sa pression artérielle
c’est bien, mais il faut la noter. On ne garde en mémoire
que les bonnes valeurs et quand on va à la consultation chez
le médecin, on oublie qu’il y a eu des pics hypertensifs.
Donc, je crois que c’est vraiment important d’arriver
avec son carnet, d’ailleurs l’industrie pharmaceutique
ou des organismes neutres mettent à disposition des carnets.
Question : Est-ce
normal d’avoir une pression plus haute le matin au réveil
?
APB : C’est vrai que le matin, moi aussi j’ai une pression
plus élevée, comme tout le monde ici. En fait, cela
correspond à des secrétions d’hormones et tout
le monde a son pic de pression artérielle le matin. C’est
aussi à ce moment-là qu’il y a le plus de problèmes
cardio-vasculaires. Donc, il y a vraiment une histoire au cours
des 24 heures de la pression artérielle qu’on pourrait
dessiner très haute le matin, qui va redescendre la nuit.
Bien sûr, on peut aussi être au bout de l’effet
des médicaments qu’on a pris la veille. Mais c’est
normal que la pression artérielle soit plus haute le matin.
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