L'HYPERTENSION
Une maladie sournoise ?   (19.05.05)


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1. GENERALITES
2. MESURE TENSION
3. TRAITEMENT

 
 

MESURE TENSION

1. Pourquoi doit-on mesurer sa pression chez soi ?
2. Qu’est-ce que l’effet blouse blanche ?
3. Sur quel bras prend-on la tension ?
4.
Comment prendre sa tension, lorsqu’on a un appareil d’auto-mesure à la maison ?
5. Deux appareils différents pour mesurer la tension peuvent-ils donner des résultats différents ?
6. Est-ce qu’il y a un moyen d’apprendre à utiliser les tensiomètres classiques ?
7. A quel moment faut-il prendre sa tension pour la comparer aux valeurs normales ?
8. Est-ce normal d’avoir une pression plus haute le matin au réveil ?

Question : Pourquoi doit-on mesurer sa pression chez soi ?
GB : La pression artérielle varie beaucoup au cours d’une journée. Chaque fois que le cœur se contracte, il envoie 7/10ème de décilitre dans le système et puis, suivant la force de contraction, suivant la résistance périphérique, la pression varie. Et, au cabinet médical, si vous prenez trois fois de suite la pression, souvent la première valeur est beaucoup plus haute que les autres. C’est ce que l’on appelle l’effet « blouse blanche », puisqu’en fait au cabinet médical, il y a des gens qui ont une pression plus haute qu’en ville. Mais il y a aussi des gens qui ont une pression plus basse que chez eux. Donc, les deux existent. Je pense que plus on multiplie le nombre de mesures, plus on mesure la pression artérielle dans les conditions habituelles de la vie, plus on appréhende le risque cardiovasculaire. Et c’est la raison pour laquelle la mesure de la pression artérielle, ce qu’on appelle l’automesure, avec un appareil automatique, ou avec un appareil qui enregistre sur 24 heures la pression artérielle, permet de beaucoup mieux définir le risque.

Question : Qu’est-ce que l’effet blouse blanche ?
GA : Les enregistrements permanents de la pression artérielle ont montré des très jolies courbes. Une étude italienne a montré, par exemple, que des patients couchés avaient des pressions stables. Au moment où le médecin entrait dans la salle, la pression montait, et au moment où il ressortait, la pression redescendait. C’était anecdotique, mais c’était joli. Et, je dirais qu’on est tous inquiets, c’est un geste magique. Une consultation de médecine où on ne mesurerait pas la tension artérielle serait incomplète. D’ailleurs on nous fait remarquer : « Vous n’avez pas contrôlé ma tension ». Donc, il y a une espèce de côté un peu magique à la consultation avec ces trucs où personne ne comprend comment ça marche.

APB : Je ne sais pas si la question sous-tendue était : « Qu’est-ce que ça signifie d’avoir une hypertension de la blouse blanche ? » C'est-à-dire des valeurs élevées au cabinet mais qui sont normales à la maison. Et de fait, ce n’est pas si anodin que ça, parce que c’est probablement les hypertendus de demain, ou en tous les cas, c’est déjà associé à des petites variations au niveau du rein, par exemple. On peut déjà avoir une avidité pour le sel, et je pourrais allonger la liste. Ce n’est donc pas si bénin que ça, d’avoir ce type d’hypertension. Cela mérite une surveillance, même si c’est l’effet blouse blanche.

Question : Sur quel bras prend-on la tension ?

GA : Je crois qu’il y a deux théories. On doit la prendre là où la tension est la plus haute. Et puis d’autres disent…

APB : Je confirme que la première fois qu’on voit un patient, on devrait mesurer la tension des deux côtés, parce qu’on peut avoir des différences, et que si la différence est minime, on va mesurer où c’est le plus élevé. Si la différence est extrême, on peut se poser d’autres questions. On peut avoir des anomalies dans les vaisseaux qui donnent des différences très importantes. Donc, ça vaut la peine de regarder au moins une fois que la pression soit pareille des deux côtés.



Question : Comment prendre sa tension, lorsqu’on a un appareil d’auto-mesure à la maison?
GA : Il faut choisir l’appareil qui est le mieux pour vous et surtout faire une mesure synchrone chez votre médecin, entre votre appareil et le sien, en partant de l’idée que celui du médecin est juste, ce qui n’est pas toujours le cas.

Question : Deux appareils différents pour mesurer la tension peuvent-ils donner des résultats différents ?
GA : D’abord, je crois qu’il faut fêter un anniversaire, en 2005. Il y a juste 100 ans qu’on a appris à mesurer la pression artérielle, grâce au médecin italien, le docteur Riva-Rocci, qui a découvert la manchette à pression, et grâce au russe Korotkof qui a permis d’analyser les bruits et de faire la relation entre la pression artérielle et ces fameux bruits qu’il avait décrits. Depuis, vous savez qu’il y a la méthode standard, le manomètre à mercure avec une manchette. Ensuite on a développé des machines automatiques qui ne mesurent plus la pression exactement de la même manière, et pas toujours au même endroit. Les nouvelles machines qui mesurent la pression au poignet sont parfois justes, mais sont souvent fausses. Le gold standard, c’est le manomètre à mercure et la manchette. Or, vous savez que le mercure n’est plus autorisé. Donc, on n’a plus de gold standard. Vous avez des machines anéroïdes, avec une aiguille, qui sont aussi basées sur le système de l’auscultation, ça marche. Et puis, d’autres systèmes, qui sont des systèmes oscillométriques, où il y a un calcul qui est intégré et où il peut y avoir de grosses erreurs. Donc, si vous voulez avoir une base de référence, c’est le manomètre à mercure et la manchette au bras

APB : C’est tout à fait exact. Mais, parmi les différents appareils, suivant la marque, on a encore des grandes différences. Il y a des organismes qui s’amusent à étalonner les appareils, à leur donner des cotes, et à publier ça dans les journaux. On peut trouver ces listes et essayer de choisir un appareil qui a été bien étalonné, et validé cliniquement. Parce que vraiment, il y a tout et rien dans la panoplie qui est offerte. Il y a même l’émission télévisée de la TSR « A Bon Entendeur » qui avait fait une étude comparée.

Public : Au point de vue appareil, je suis pharmacienne et nous vendons beaucoup d’appareils de différentes marques et de différents types. Les gens viennent aussi nous raconter que ça ne marche pas, que les valeurs sont différentes. Or, je constate en discutant avec les patients, qu’ils ne prennent pas assez de temps pour faire ces mesures. Ils les prennent très souvent debout, car ils ont un rendez-vous, ils sont pressés. C’est la principale cause des fausses manœuvres qui ont été faites. Quand on leur dit qu’il faut prendre le temps entre deux prises, eux, quand ils ont une valeur qui n’est pas juste, ils enchaînent immédiatement avant trois minutes pour en faire une deuxième. Donc, l’appareil ne s’est même pas vidé, l‘air est encore dedans et ça ne peut pas marcher comme ça.

APB : Il faut effectivement avoir un minimum d’instructions par rapport à l’appareil. Même quand nous prenons la tension au cabinet, nous devrions respecter un temps de repos, faire en sorte que le bras ne soit pas sous tension, pas comme ça debout. Donc, c’est pareil pour la maison. Il faut donner une instruction au patient. Et puis il faut aussi lui dire que faire si jamais il a des valeurs extrêmes. Lui donner disons de petites recommandations. Il ne faut pas le lancer comme ça avec son appareil.

GA : La société française d’hypertension recommande de faire trois auto-mesures, trois mesures successives, même si ce n’est pas à trois minutes d’intervalles, d’en faire la moyenne et de le faire trois fois par jour. Si bien que cela donne un bon profil de la charge tensionnelle.

Question : Est-ce qu’il y a un moyen d’apprendre à utiliser les tensiomètres classiques ?
GA : Disons que le nouveau tensiomètre qui est basé sur le système de l’oscillométrie, où il n’y a pas de microphone, et pour autant que ce soit un bon modèle, même si ce n’est pas tout à fait précis au millimètre de mercure près, est un bon moyen d’appréhender la pression artérielle chez soi. Je crois que nous recommandons tous que les hypertendus contrôlent leur pression chez eux et contrôlent la pression des autres, de leurs amis à l’occasion. C’est une manière de détecter l’hypertension.


Question : A quel moment faut-il prendre sa tension pour la comparer aux valeurs normales?
APB : Il faut la prendre à des moments différents. Je ne vais pas vous dire qu’il ne faut la prendre que le matin ou que le soir. Il faudra sur trois à six mois multiplier les prises de tension, le but ultime étant que les valeurs soient tout le temps normales, même le matin si on a un pic, elles doivent quand même être normales. Je dirais qu’on doit s’aider aussi pour poser le diagnostic avec des enregistrements de 24 heures où on aura tout le dessin. Et là, on voit s’il y a certaines valeurs qui font tache, mais la moyenne devrait être normale.

GA : J’aimerais dire une chose. Mesurer sa pression artérielle c’est bien, mais il faut la noter. On ne garde en mémoire que les bonnes valeurs et quand on va à la consultation chez le médecin, on oublie qu’il y a eu des pics hypertensifs. Donc, je crois que c’est vraiment important d’arriver avec son carnet, d’ailleurs l’industrie pharmaceutique ou des organismes neutres mettent à disposition des carnets.

Question : Est-ce normal d’avoir une pression plus haute le matin au réveil ?
APB : C’est vrai que le matin, moi aussi j’ai une pression plus élevée, comme tout le monde ici. En fait, cela correspond à des secrétions d’hormones et tout le monde a son pic de pression artérielle le matin. C’est aussi à ce moment-là qu’il y a le plus de problèmes cardio-vasculaires. Donc, il y a vraiment une histoire au cours des 24 heures de la pression artérielle qu’on pourrait dessiner très haute le matin, qui va redescendre la nuit. Bien sûr, on peut aussi être au bout de l’effet des médicaments qu’on a pris la veille. Mais c’est normal que la pression artérielle soit plus haute le matin.

     
   
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