L'HYPERTENSION
Une maladie sournoise ?   (19.05.05)


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Témoignages diffusés pendant le débat

Premier témoignage

Alfred Donath, 73 ans, professeur honoraire de médecine nucléaire de l’université de Genève

J’étais à l’hôpital pour une intervention chirurgicale. Je suis entré la veille de l’opération et c’est à ce moment-là, parmi les examens pré-opératoires auxquels on procède toujours, qu’on a mesuré ma tension et qu’on l’a trouvée un peu élevée. Le médecin qui l’a mesurée a demandé une consultation au service spécialisé de l’hôpital. La personne qui dirige ce service est venue et elle a contrôlé à nouveau ma tension. Puis elle m’a posé un certain nombre de questions sur la façon dont j’avais éventuellement ressenti les effets d’une hypertension Mais je ne ressentais rien. Cela a été une grande surprise. Il faut dire que je n’avais pas fait mesurer ma tension depuis au moins une dizaine d’années. C’était à l’occasion d’une autre intervention après une fracture qu’on m’avait mesuré la tension à l’hôpital, mais personne ne m’avait jamais rien dit. Et c’est à peine si je connaissais personnellement les chiffres de ma tension.

SR: Quand on vous a donné les chiffres, vous ont-ils paru élevés ?

J’ai fait des études de médecine, donc on m’avait enseigné que la tension, le premier chiffre qui est la tension systolique, c’était cent plus l’âge. Mon chiffre tournait autour de ça, il était à peine un tout petit peu plus élevé. Mais je ne pensais pas que ce serait qualifié comme une hypertension. J’avais 180 sur 80 à peu près et l’anesthésiste m’a dit : « C’est quand même un tout petit peu élevé, il faut quand même essayer de la baisser ». Alors j’ai reçu des médicaments à ce moment-là, des médicaments qui agissent rapidement et qui ont fait baisser ma tension pour qu’elle soit normale au moment de l’intervention le lendemain Par la suite il y a eu une anamnèse. C'est-à-dire qu’on m’a demandé si éventuellement j’avais remarqué des signes quelconques, ce qui n’était pas le cas. On m’a posé des questions sur mes habitudes de vie aussi. Or, je vais avoir 73 ans, je suis à la retraite depuis huit ans et depuis je fais passablement de sport. Mon sport favori, c’est le tennis. J’en fais été comme hiver entre cinq et six heures par semaine, sans ressentir de problèmes d’essoufflement ou quoi que ce soit. Le médecin m’a aussi pesé et il a trouvé que j’étais peut-être un peu limite et qu’il vaudrait peut-être mieux perdre quelques kilos. Il m’a donné quelques conseils, pas une diète mais quelques conseils, comme manger davantage de fruits et de légumes. Mais pas une diète très stricte pour me faire perdre du poids. Ce médecin pensait qu’avec le sport et tout, cela devrait suffire pour me faire perdre un peu de poids. Je n’en ai pas perdu beaucoup depuis. Cela n’a pas changé grand-chose. Alors le médecin a pensé qu’il fallait que je prenne des médicaments. Il a fallu d’abord trouver le bon dosage, et on a commencé par un dosage relativement bas. Le médecin m’a aussi dit qu’il fallait acquérir un appareil pour mesurer ma pression moi-même. Ce que j’ai fait. Au début, je devais la mesurer à heures fixes, trois fois par jour. Et puis, quand je suis retourné voir le médecin quinze jours plus tard, il n’était pas très satisfait parce qu’elle n’avait pas bougé. Alors, on a augmenté le dosage et j’ai continué à mesurer ma pression régulièrement. Et puis, une fois qu’on a trouvé le dosage qui me convenait, il y a eu effectivement une baisse de ces quelque vingt millimètres de mercure, une stabilisation aussi. A ce moment-là, j’ai commencé à la prendre beaucoup moins régulièrement. Enfin pas de moi-même, c’était avec l’accord du médecin. Je ne l’a prenais plus qu’une fois par jour, puis une fois par semaine. Et c’est à peu près ce que je fais encore maintenant. Mais ce n’est plus à des moments fixes. C’est quand j’y pense, que je prends ce petit appareil qui est extrêmement simple et qui donne des chiffres que j’inscris sur une feuille que je montre à mon médecin lorsque je vais le voir. Mais je ne le vois plus qu’une fois tous les trois mois, à peu près. .

Deuxième témoignage

Claude, 50 ans, responsable du personnel dans une compagnie d’assurance, Genève

On a découvert mon hypertension, je dirais une hypertension grave, au moment d’un examen pour un petit bobo, dans une clinique. J’y allais pour un petit accident et puis à ce moment-là, on ne s’occupe pas de mon accident. On s’occupe d’autre chose. Et on ne me dit pas quoi. Il y a tout d’un coup un moment d’affolement des médecins. Il y a eu une première infirmière qui est venue et qui m’a pris la tension comme on le fait à tout le monde. Puis une autre collègue est arrivée pour prendre de nouveau ma tension. On m’a demandé de ne pas me lever, on m’a demandé si je me sentais bien, si je n’avais pas de malaises, si je ne voyais pas des étoiles, si je n’avais pas mal à la tête. Et heureusement, je n’avais rien. Finalement un médecin qui m’a posé encore plein de questions et qui m’a annoncé à ce moment-là que j’avais une très grosse hypertension. J’avais en effet 23 et demi sur 15 et demi. Alors c’est vrai que mon petit accident était mis de côté. J’ai donc pris contact avec mon médecin de famille dès le lendemain. Et puis on a commencé à essayer de traiter mon grave problème d’hypertension. Du côté de l’hygiène de vie, il n’y avait pas grand-chose à faire puisque je n’ai pas de problème de poids, je ne fume pas, je ne me drogue pas non plus et je ne suis pas alcoolique. Je faisais un peu de sport, mais, peut-être à l’époque, pas énormément. Mais j’en faisais quand même un peu. Alors, il a fallu faire des traitements par des médicaments. Et là les problèmes ont commencé. J’ai eu beaucoup de contre-indications à ces médicaments. Je faisais des allergies, j’avais des problèmes de démangeaisons qui étaient graves et pénibles, des démangeaisons qui m’empêchaient de dormir. On ne peut pas rester des nuits sans dormir à se gratter jusqu’au sang. Et puis j’ai eu des problèmes d’élocution Je ne sais pas comment expliquer ça. J’avais l’impression que j’avais les mots qui étaient là, mais que je n’arrivais pas à les dire. J’avais l’impression que les mots et les paroles collaient dans le cerveau et qu’ils n’arrivaient pas à sortir. Cela, c’est aussi pénible. J’ai eu aussi des problèmes de bouche sèche, l’impression d’être un petit peu perdu par moments. Finalement, j’ai eu la « chance » de faire toutes les expériences tristes au niveau des médicaments que j’avais beaucoup de peine à supporter. Pendant cinq ou six ans, on a essayé de trouver les bons dosages, de changer de médicaments, ou d’essayer de prendre le soir, plutôt que le matin, celui qui faisait dormir. J’avais aussi des somnolences. C’était pénible, c’était une espèce de cuisine médicamenteuse. Et je me suis toujours dit : « Je veux bien prendre des médicaments, mais je ne veux pas que le médicament soit pire que la maladie, parce qu’à ce moment-là je préférais vivre mieux. ». C’est une maladie qu’on ne sent pas, et ça c’est une chose qui est assez impressionnante et c’est pourquoi elle est dangereuse parce qu’on ne la sent pas. Elle est là, et on ne la sent pas. Alors au bout de presque une dizaine d’années de traitements, de changements de médicaments, on a enfin trouvé une panoplie qui me permet d’avoir une tension normale. Mais c’est vrai que cela a été un travail de longue haleine, autant pour moi que pour le médecin. Et c’est vrai qu’à certains moments, on a eu envie de baisser les bras, parce qu’on se disait qu’on n’allait jamais trouver. Mais je crois qu’il ne faut pas perdre espoir, il faut y aller.

Témoignages du public pendant le débat

Premier témoignage : Chez moi, on a décelé une hypertension légère, et on m’a recommandé d’acheter un appareil. Ce que j’ai fait. J’ai acheté deux appareils différents et j’ai commencé à relever ma tension artérielle, et j’ai constaté une chose incroyable, qui n’est pas bonne. Il y a une différence énorme entre les deux appareils. Et, pas plus tard que ce matin, je suis allé chez un cardiologue. On a mesuré les deux appareils et on a comparé avec son appareil. Et il y avait encore une différence énorme.

Second témoignage :  J’ai 73 ans et j’ai une tension labile. Pour les personnes qui ne savent pas, ça passe de l’extrême, de trop bas à trop haut, etc. Tout d’un coup, je fais 230/170 et puis deux heures après, je fais 80/60, mais je suis toujours bien. Je veux dire, je n’ai pas de malaise en étant trop haut ou trop bas, parce que je connais très bien mon corps et je sais tout de suite quand je fais de l’hypertension. Mais, disons que c’est déstabilisant et on ne sait pas toujours pourquoi on a ça, pour quelle raison ça arrive en étant tranquille. Tout d’un coup le cœur fiche le camp à toute vitesse. Alors, j’ai un bêtabloquant et puis maintenant, depuis peu de temps, une aspirine cardio légère. Tout va bien. Mais, dans ma famille, il y a eu des patraques du cœur.

GA : La première impression, dans ce que vous dites, c’est que quand vous avez le cœur qui fiche le camp, comme vous dites, donc tout d’un coup, il accélère. Il y a probablement des phénomènes de stress, d’angoisses, qui font que vous déchargez des hormones de stress, quand même. Parce que si le cœur va vite, il se passe quand même quelque chose, et la pression monte peut-être provisoirement très vite. Vous avez dit aussi que vous aviez 73 ans et la variation de la pression systolique est beaucoup plus grande à partir de 70 ans que chez des jeunes de 30. Et puis, moi, je me demande si l’appareil est juste, parce que de telles variations, c’est un peu comme votre voisin, de telles variations me surprennent.

Témoignage posté sur internet - 27.02.06

Bonjour, lors de la visite medical du collège on a pris mon poids qui etait normal, puis ma taille, puis elle a regardé mon dos puis elle a pris ma tension c'est la ou tout derape elle prend ma tension avec un tensionmètre automatique au poignet 3 fois elle monte 15/9 puis 20/9 puis 13/9 puis elle me dit as-tu deja des problèmes de tension je lui repond non elle me dit as tu deja eu mal a la tete etc je lui reponds non puis elle recommence 1 fois avec un tensiomètre automatique au bras est je fait 21/9 puis elle prend le tensiomètre et le stethoscope elle pose le tensionmètre sur le bras puis son stethoscope. Elle gonfle le tensionmètre, elle le degonfle tout doucement puis la pression systolique apparait 18 et puis après la diastolique 10. Elle reprend deux fois 18/9,16/8. Lors de la visite chez mon medecin elle est bonne. Que faire ?

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