MALADIES CARDIAQUES
Quelles préventions ?   (14.09.06)


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1. GENERALITES
2. CHOLESTEROL
3. MODES DE VIE

4. MEDICAMENTS

 
 

GENERALITES

1. Qu’est-ce qu’un infarctus ?
2. Combien de personnes sont-elles touchées par les maladies cardio-vasculaires ?
3. Quels sont les facteurs de risque de faire une maladie cardiovasculaire ?
4. Les femmes sont-elles protégées une partie de leur vie ?

5. L’obésité représente-t-elle un risque ?
6 .Le stress est-il un facteur de risque ?
7. Existe-t-il une méthode non invasive pour déceler l’état des artères ?
8. Quelle est l’espérance de vie des patients qui portent des stents ?

Question : Qu’est-ce qu’un infarctus ?
FM : Nos vaisseaux sanguins c’est un peu de la tuyauterie. Et dans ces vaisseaux se développent des plaques, un peu comme du calcaire dans la machine à laver. Et tout d’un coup ça se bouche parce que cette plaque de calcium, de cholestérol, fait bouchon. On a tous des plaques, je vous rassure tout de suite, on a tous un certain degré de plaques d’artériosclérose. Il y en a malheureusement qui cumulent les risques d’avoir des plaques, ce sont les fumeurs, les diabétiques, les hypertendus, les gens qui se nourrissent mal et les gens qui ne font pas assez d’activité physique. Ceci favorise malheureusement ces plaques qui, tout d’un coup, on ne sait pas tellement pourquoi, à telle heure, à telle date, vont boucher un vaisseau sanguin. Si ce vaisseau est une artère du cœur, c’est l’infarctus. Il n’y a plus d’alimentation en oxygène, en sucre, tout ce que le sang amène, et l’organe en question, le cœur, meurt à l’endroit après l’occlusion, ou plutôt ce sont certaines cellules du cœur qui meurent. Les gens qui passent à travers un infarctus, si je puis dire un peu vulgairement, ont de la chance. Malheureusement, pour beaucoup de gens, c’est à ce moment-là que leur vie s’arrête. L’infarctus, c’est la principale cause, non seulement de morbidité, d’arrêt du travail et d’hospitalisation, mais c’est aussi et surtout la première cause de mortalité. Les personnes n’arrivent pas toujours jusqu’à l’hôpital le plus proche pour pouvoir bénéficier, soit d’une opération à l’aide d’un cathéter pour mettre en place un stent, une petite prothèse que l’on met dans l’artère pour qu’elle ne se rebouche plus, soit un pontage que nos collègues chirurgiens peuvent faire. Malheureusement, trop souvent encore, les artères qui se bouchent, qui amènent à l’infarctus, amènent très rapidement dans les minutes qui suivent, à l’arrêt cardiaque et au décès.

Question : Combien de personnes sont-elles touchées par les maladies cardio-vasculaires ?
M. C. : C’est la première cause de mortalité en Suisse. Elles représentent à peu près 40% des causes de décès. C’est nettement plus que les tumeurs qui représentent environ 25% des décès. L’évolution a été plutôt positive ces dix dernières années, mais maintenant c’est en train de changer. Ça vaut pour tous les âges et pour les deux sexes, sauf pour les femmes entre 45 et 65 ans, où là, les tumeurs ont la prévalence dans la cause de mortalité. En Suisse, environ 50'000 personnes meurent chaque année d’un infarctus, d’un ictus ou d’un arrêt cardiaque, c’est un nombre assez important.

Question : Quels sont les facteurs de risque de faire une maladie cardiovasculaire ?
MdL : Il y a les facteurs de risque traditionnels que l’on peut mesurer facilement, que l’on connaît bien et que l’on peut corriger avec des médicaments. Ce sont le cholestérol ou la pression artérielle, par exemple, pour lesquels on a des très bons médicaments qui sont assez bien tolérés en général. Il y a aussi le diabète qui est un facteur de risque qui devient de plus en plus important dans nos populations. Le tabac bien sûr est très important aussi, surtout dans le risque de mourir subitement. Il y a aussi évidemment des antécédents familiaux qui sont souvent négligés malheureusement, mais qui sont très importants. Les antécédents familiaux peuvent se distinguer : soit la génétique, soit des habitudes de vie qui se transmettent de génération en génération, et quelquefois c’est un peu difficile de faire la part des choses. Et puis il y a les facteurs de risque qui sont beaucoup plus difficiles à évaluer, qui sont la sédentarité et les habitudes alimentaires. C’est très difficile de savoir pour un individu quel est son degré de sédentarité. Les médecins n’ont généralement pas le temps de les évaluer, alors qu’on pourrait le faire avec un questionnaire très simple et avoir une idée rapide, si un patient donné se nourrit correctement ou pas, et ces habitudes alimentaires là sont probablement le principal facteur. Malheureusement, elles sont en général très mal évaluées.



Question : Les femmes sont-elles protégées une partie de leur vie ?

MdL : C’était vrai jusqu’à assez récemment et puis on voit maintenant de plus en plus de jeunes femmes faire des infarctus à un âge relativement jeune et même avant la ménopause. C’est quelque chose qu’on voit de plus en plus aux soins intensifs de Grenoble. Chez ces femmes jeunes, on n’avait pas l’habitude de voir autrefois un infarctus. On pensait qu’elles étaient protégées par leurs hormones. C’est une théorie qui est en train d’être rejetée, car probablement ça n’était pas ça qui les protégeait. C’était probablement un mode de vie beaucoup plus prudent.

Question : L’obésité représente-t-elle un risque ?
MdL : L’obésité pour le moment c’est un facteur de risque relatif. Je veux dire qu’on insiste beaucoup aujourd’hui sur l’épidémie d’obésité parce qu’on se dit qu’on va avoir des diabètes après. Pour le moment, ce que l’on voit aux Etats-Unis c’est une courbe de la fréquence de l’obésité, qui s’envole littéralement, c’est épouvantable. Mais on voit la mortalité cardio-vasculaire qui descend. C’est une espèce de plateau, mais ça diminue tout le temps, à cause de la modification du mode de vie. Le pic des maladies cardio-vasculaires aux Etats-Unis, c’était au milieu des années 60. Et, dès cette époque-là, où il n’y avait pas de médicaments anti-cholestérol, on a vu une chute vraiment très rapide de la mortalité cardio-vasculaire. C’était avant l’intervention des béta-bloquants, avant l’introduction de l’aspirine, et avant l’introduction de tous les médicaments. Donc, c’est vraiment le mode de vie qui a tout changé aux Etats-Unis et récemment on a vu en Pologne l’épidémiologie des maladies cardio-vasculaires complètement se modifier en moins de 10 ans sans qu’ils aient pris de médicaments (statine) parce qu’ils n’ont pas les moyens.

Question : Le stress est-il un facteur de risque ?
FM : C’est une très bonne question et malheureusement on ne peut pas y répondre facilement. Le fait d’être stressé augmente certains risques d’avoir des maladies, notamment les maladies cardio-vasculaires. Le problème, c’est que c’est très difficile à démontrer. C’est très difficile à démontrer pourquoi la personne qui était à côté de vous, qui était stressée, est décédée ce jour-là et pourquoi est-ce que quelqu’un d’autre de stressé va vivre plus longtemps. Moi je suis convaincu que le stress est un facteur de risque, notamment pour les maladies cardio-vasculaires. Il y a certaines études, mais ça n’est pas très facile à démontrer. Mais c’est vrai le stress est un facteur de risque qui fait monter la tension artérielle, fait battre le cœur plus rapidement, et tout ceci n’est pas bon pour les plaques de cholestérol qui amènent malheureusement à l’infarctus.
M. C. : La difficulté justement c’est d’intervenir, parce qu’on doit intervenir sur une société. Parce que les relations entre les hommes et les femmes sur le lieu de travail, le rendement qu’on doit avoir dans l’entreprise, etc. est déterminé par les choix de l’entreprise, par les choix du marché, par les choix des concurrents. Et donc tout le monde résiste plus ou moins et admet plus ou moins ceci, et on se trouve maintenant dans des situations où en particulier les gens de plus de 50 ans sont sujets à ce stress. Ils perdent leur emploi, parce qu’ils n’arrivent pas à y résister. Il faut dire la vérité. Ils ne sont plus assez résistants, ils ne sont plus assez intéressants pour l’entreprise. Ils sont un risque pour l’employeur et donc c’est un problème de société. Ils ont un risque de maladie mentale, un risque de séparation, de crise familiale, disons tous les risques. Et malheureusement la solution n’est pas simple, parce que c’est une population qui vit dans une société qui admet que ça se passe ainsi et qui ne fait rien.


Question : Existe-t-il une méthode non invasive pour déceler l’état des artères ?
FM : La cardiologie, c’est de savoir comment aller regarder de manière non invasive et non traumatique, les artères du cœur. Pendant une trentaine d’années maintenant, on a développé de fantastiques techniques, mais un peu invasives quand même. Le patient est conscient, et on va voir avec des tuyaux dans les artères du cœur, c’est assez fantastique. Il y a depuis maintenant quelques mois, quelques années, d’autres techniques, parce que la micro-informatique s’est améliorée, et par des techniques de scanner tout bêtement, par des techniques de résonance magnétique qui sont je pense relativement peu invasives, même s’il faut quand même supporter le scanner, la résonance magnétique qui fait du bruit, et qui peut créer une claustrophobie. Donc ça n’est pas totalement non invasif, mais on n’a pas besoin de faire de piqûre, et on peut aller voir l’état des artères maintenant avec un certain degré de précision qui s’améliore tout le temps, parce que les scanners s’améliorent tout le temps. C’est fait très rapidement. On peut faire un scanner du cœur en 20 secondes maintenant. Donc, vous gardez votre respiration, vous faites ce qu’on appelle une apnée de 20 secondes, et on a balayé le scanner. Vous rentrez à la maison et le médecin peut vous répondre dans quelques jours et vous donner le degré de vos calcifications. Ce qu’on ne sait pas encore exactement, c’est d’établir le risque. S’il y a plusieurs calcifications, que faut-il faire avec ça ?

Question : Quelle est l’espérance de vie des patients qui portent des stents ?
FM : Les stents améliorent et prolongent la vie des personnes qui les portent. Cela permet à l’artère de ne plus se reboucher. Je ne veux pas donner de chiffres, je ne peux pas dire que ça prolonge de 5 ans, de 15 ans, de 20 ans, ça dépend bien sûr à quel âge on a mis le stent. Parfois on va en mettre plusieurs, il y a des personnes qui ont ce qu’on appelle un « full-metal jacket », qui ont les artères toutes pleines de stents partout. Cela arrive parfois. Quand il faut, on peut en mettre plusieurs. Il n’y a pas de doute que ça prolonge la vie du cœur et donc de la personne qui a le stent.

 
     
   
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