LES MAUX DE TETE
Toujours un casse-tête ?   (16.05.02)


m
 
 
 
 
 
 
 

Menu
En quelques mots
Intervenants
Témoignages
Questions /
Réponses
Documents
 
 
 
 
 
 
 
Liste Forums


Thèmes
1. GENERALITES
2. CEPHALEES DE TENSION
3. MIGRAINES
 
 


CEPHALEES DE TENSION

1. Qu'est-ce qu'une céphalée de tension ?
2. Quel est le traitement de fond des céphalées de tension ?
3. Un traitement de fond par antidépresseur peut-il être pris toute la vie ?
4. Que penser des bétabloquants comme traitement de fond ?

5. Que peut offrir la physiothérapie dans les cas de céphalée de tension ?
6. Que faire quand la physiothérapie et les médicaments ne font plus d'effet sur les maux de tête ?
7. Les massages sont-ils indiqués dans les céphalées de tension ?
8. Quelles ont les autres approches thérapeutiques ?

Question : Qu'est-ce qu'une céphalée de tension ?
CM : Dans les céphalées de tension on observe des tensions dans les muscles situés autour du crâne. Cette tension peut être ressentie au niveau des muscles du front, de la nuque, des épaules, et peut-être aussi ailleurs. C'est une forme de céphalée très fréquente. Nous estimons que 60% de la population souffre de céphalées de tension. Même au niveau scolaire, chez les élèves, c'est très fréquent.

Question : Quel est le traitement de fond des céphalées de tension ?

CM : Le traitement de fond des céphalées de tension, ce sont les antidépresseurs, mais qui n'agissent pas au niveau de la dépression. Naturellement, il se peut de temps en temps que le malade soit aussi dépressif. Mais les antidépresseurs modifient le niveau de la douleur. Ils enlèvent le niveau de la douleur. On ne peut pas travailler comme thérapie de base, comme thérapie de fond avec des antalgiques. On ne peut pas utiliser non plus tous les antidépresseurs. Les antidépresseurs doivent être prescrits sur de longues périodes. Mais on peut toujours arrêter, faire une pause et voir ce qui arrive. Mais si cela ne va pas, si on a une crise, il faut alors recommencer avec cette thérapie de fond, avec les antidépresseurs, et éviter de prendre de plus en plus d'antalgiques.

FH : Par rapport aux antidépresseurs, souvent l'explication qu'on donne aux patients, parce que c'est vrai que c'est assez révélateur de voir dans la notice que le médicament soigne les dépressions, c'est qu'on sait que, dans le processus de la migraine entre autres, il y a un noyau qui sécrète la sérotonine dans le cerveau qui est impliqué, et les antidépresseurs agissent à ce niveau. Donc, c'est un pôle commun visiblement entre la migraine et les antidépresseurs. Ceci étant, la démarche souvent c'est de faire un traitement de fond de généralement trois à six mois à des doses tout à fait progressives, et de se retirer ensuite progressivement. On doit se fixer des limites. Et surtout, et cela, c'est un problème auquel on est souvent confronté, ces traitements de fond ont des effets secondaires, dont la prise de poids, c'est un effet secondaire auquel les gens sont sensibles. Et l'expérience montre que la prise de poids n'agit pas selon les mêmes processus. Certains patients vont prendre du poids parce que cela va augmenter leur appétit, ils auront plus faim, et d'autres simplement parce qu'ils brûleront moins leurs calories. D'expliquer déjà ce mécanisme aux patients, de leur dire : " Le matin vous prenez un croissant. Eh bien, tout d'un coup vous aurez envie de prendre 3 croissants. Voilà ce qui risque de se passer. ", c'est déjà une bonne façon de gérer et d'éviter ces effets secondaires.


Question : Un traitement de fond par antidépresseur peut-il être pris toute la vie ?
CM : Oui on peut, vraiment. On connaît ça chez les patients avec des dépressions, qui sont obligés de prendre des antidépresseurs pendant de longues périodes. Ce sont des médicaments très efficaces et qui n'ont pas d'effets secondaires à long terme.


FH : On ne souhaite jamais qu'un patient soit sous médicaments de façon chronique toute sa vie. C'est vrai, je rejoins le Dr. Meyer si c'est vraiment la formule idéale pour vous, why not ?, continuons, mais je dirais que ça suppose quand même des contrôles, des prises de sang, parce que ce sont des médicament qui sont métabolisés et éliminés par le foie et par les reins, donc si on n'a pas d'autres formules il faut s'en satisfaire mais au moins en balisant le parcours si j'ose dire, en s'assurant qu'il n'y a pas d'effets secondaires au niveau métabolique à un moment ou à un autre. Bon 40 milligrammes c'est une dose qui est relativement basse, on monte plus haut effectivement dans la prévention et si vous avez trouvé la formule idéale, je rejoins le Dr. Meyer, continuons, mais avec une certaine vigilance.



Question: Que penser des bétabloquants comme traitement de fond ?
FH : Ils ont tout à fait leur place, avec les contre-indications d'usage, parce que si vous en utilisez vous savez que ce sont des médicaments qui ralentissent la fréquence cardiaque qui font chuter la tension artérielle au départ et qui ne sont pas toujours bien supportés, mais effectivement il y en a plusieurs à disposition. Ils ont leur place au même titre, pour moi, que les antidépresseurs.


Question : Que peut offrir la physiothérapie dans les cas de céphalée de tension ?
AHM : Je crois que la première chose, là aussi, c'est qu'on écoute le patient. Les patients qui arrivent avec des céphalées de tension sont des patients très perturbés dans leur vie professionnelle, dans leur vie de tous les jours, dans leur vie avec leur entourage, parce que c'est très culpabilisant d'avoir toujours mal à la tête bien qu'ils n'y puissent rien du tout. Ils ne savent jamais quand cela va survenir, donc c'est très angoissant. Ce que j'essaie de cibler, c'est de savoir où se trouve l'angoisse du patient, par rapport à sa vie professionnelle ou non, et ensuite je lui explique de manière tout à fait somatique ce qui peut se passer dans son corps. Quelqu'un qui est angoissé, stressé, a évidemment une musculature généralement un peu plus raide, plus dure, et le deuxième problème c'est que, cela nous arrive à tous, nous vivons contre gravité. Il faut donc une certaine force pour se tenir debout, et il suffit d'une fatigue, d'un stress, d'un état dépressif, de n'importe quel problème psychologique, pour avoir une certaine fatigue et une force musculaire qui a tendance à diminuer. Et quand la force musculaire a tendance à diminuer, la colonne vertébrale qui est une tige a tendance à s'effondrer, entre guillemets. Alors on voit ces gens qui sont très souvent courbés, avec un dos qui est voûté, ce qui provoque un changement de centre de gravité important, et le cerveau enregistre que la personne risque de tomber. Alors évidemment, vous n'avez jamais vu des gens qui piquent de la tête dans le lavabo ou qui commencent à marcher à 4 pattes, donc il y a des mécanismes de compensation. Et ces mécanismes de compensation sont des mécanismes extrêmement puissants qui vont exactement à l'inverse du dos voûté, c'est-à-dire une cambrure de nuque et une cambrure de bas du dos. Et quand vous prenez la longueur d'une colonne vertébrale et de sa musculature dans une position correcte, avec de légères cambrures qui sont en fait des amortisseurs, et que vous prenez la posture d'une personne très tendue qui a des courbures augmentées, la longueur entre guillemets de la colonne vertébrale est diminuée. Et donc, la première chose que j'essaye de faire avec un patient, c'est de lui faire prendre conscience de cette posture. Je le mets de profil devant un miroir, je lui montre en fait cette augmentation de courbure, je lui montre la possibilité de changer cet état, et je lui explique tous ses problèmes musculaires : raccourcissement, tensions, tensions des muscles intérieurs, et on commence par une gymnastique de posture, d'étirement de ce qui est trop court et de remusculation, si j'ose dire, de ce qui est trop faible, pour récupérer un équilibre musculaire qui permette à la tête de retrouver son axe et de ne pas être toujours en avant avec des tensions musculaires postérieures qui sont épouvantablement pénibles.

Question: Que faire quand la physiothérapie et les médicaments ne font plus d'effet sur les maux de tête ?
AHM : Pour la physiothérapie, c'est en fait le même problème qu' avec les médicaments. On entend ça très souvent dans les céphalées. Au début, ça fait de l'effet et puis petit à petit ça fait plus d'effet. Effectivement, l'exercice physique et la posture sont malheureusement à pratiquer tous les jours pour garder une bonne posture, pour garder une musculature souple, pour garder une vascularisation maximum, etc...Il faut pratiquer un peu tous les jours.


CM : L'aspirine est un bon médicament, mais il faut faire attention de ne pas en prendre trop. Il faut prendre au maximum vingt pilules par mois, parce que, si on prend plus de vingt, vingt-cinq pilules, on risque d'attraper des céphalées d'origine médicamenteuse. Aussi avec l'aspirine.


Question : Les massages sont-ils indiqués dans les céphalées de tension ?
AHM : Oui, je fais des massages des insertions musculaires. En fait, les muscles de la nuque s'insèrent pratiquement tous sur le crâne, sur l'articulation des mâchoires, descendent le long du cou, et descendent jusqu'aux épaules et jusqu'au thorax. Donc, en principe, je couche le patient sur le dos, je fais des petits étirements de la nuque, et j'essaie de décontracter toutes les insertions qui sont à la base du crâne, qui sont dans les mâchoires, tous les muscles du cou. On pense toujours que le muscle trapèze est responsable, mais vous avez des grands muscles du cou sur les côtés qui sont les piliers du cou et qui sont souvent encore plus responsables que les muscles postérieurs, qui sont des muscles très tendus et très, très douloureux. Donc, j'essaie en fait de rééquilibrer, de détendre tout cela avec des tractions, mais en agissant non seulement sur la nuque, mais sur tout le corps, parce qu'en fait toute la musculature de la colonne vertébrale, et même l'arrière des jambes, est impliquée, et concernée dans ces tensions.


Question : Quelles ont les autres approches thérapeutiques ?
FH : Comme on a eu l'occasion d'en parler, c'est vrai qu'on est nourri au biberon du cartésianisme en Europe occidentale, c'est notre culture médicale. Et c'est vrai que nos patients, grâce au web notamment, arrivent avec beaucoup d'informations en nous demandant la validité de telle ou telle approche. Alors c'est vrai, et je pense que le Dr MEYER fonctionne comme moi, on connaît les médicaments, on sait les utiliser, et puis il y a tout le reste. Alors il y a des approches effectivement de type plus psychothérapeutique, il y a les plantes, et puis, il faut le reconnaître, qu'on a maintenant des études qui commencent à sortir sur le rôle de certaines plantes qui pourraient être efficaces dans la prévention. Des études qui sont validées scientifiquement. Mais c'est vrai que ces éléments-là nous manquent, et souvent, quand les patients nous posent la question, il y a la réponse du médecin cartésien : " On n'a aucune preuve pour dire que c'est efficace. ", mais si cela n'a pas d'effets secondaires nocifs, je dirais : " Essayons ! ". Ça, c'est le pragmatisme de terrain qui fait qu'on doit avoir les idées larges et savoir quand même écouter les gens, et puis il y a les évidences scientifiques sur lesquelles on doit s'appuyer. On est victime de notre culture et il faut le reconnaître.


     
   
remonter en haut de page