TROP D'ENFANTS PREMATURES
Comment prévenir ?   (10.05.07)



m
 
 
 
 
 
 
 

Menu
En quelques mots
Intervenants
Témoignages
Questions /
Réponses
Documents
 
 
 
 
 
 
 
Liste Forums


Thèmes

1. ACCOUCHEMENT
2. CAUSES
3. PREVENTION

4. NEONATOLOGIE

 
 

CAUSES

1. Quelles sont les causes médicales ou obstétricales ?
2. Quels genres de complications ?
3. Quel risque représente un décollement placentaire ?
4.
Les grossesses gémellaires sont-elles à risque ?
5. Les voyages en avion ou en voiture représentent-ils un risque ?
6. Quels autres facteurs pourraient intervenir ?
7. Et le stress ou un travail pénible ?
8. Quelle est l’influence des facteurs psychologiques ?

Question : Quelles sont les causes médicales ou obstétricales ?
MB : Il y a trois présentations possibles. La première, ce sont des contractions qui aboutissent à une dilatation du col et un accouchement spontané. Ça peut être un faux début qui s’arrête et qu’on parvient à maîtriser, mais ça peut aboutir à l’accouchement. Une autre présentation qui est un peu en relation mais qui se présente différemment, c’est la rupture de la poche des eaux. La maman perd du liquide et peut avoir ou ne pas avoir de contractions suite à ça. Il y a une présentation tout à fait différente qui serait des complications de la grossesse qui mettent en danger soit la vie de la mère, soit la vie du bébé ou la santé de la mère et du bébé, et qui aboutissent à la décision médicale de finir la grossesse. Et là, on provoque l’accouchement ou on réalise une césarienne pour terminer la grossesse.

Question : Quels genres de complications ?
MB : Un de nos gros ennemis c’est la pré-éclampsie. C’est une maladie un peu mystérieuse de la grossesse qui se présente comme une hypertension avec des protéines dans les urines. On ne connaît pas très bien l’origine mais quand c’est sévère, ça met en danger la vie de la mère. On sait que le seul traitement possible est l’accouchement.

Question : Quel risque représente un décollement placentaire ?
MB : Le placenta c’est l’organe qui nourrit le bébé qui sert à faire les échanges entre le sang maternel et le sang fœtal, un peu la membrane qui sépare et réunit la mère et l’enfant. C’est là que se situe le transport de toute la nourriture du bébé, c’est là que vont être éliminés les déchets du bébé, et c’est là que va se faire l’échange oxygène et CO2, la respiration. C’est à la fois le rein, le poumon, le foie, un peu tout du bébé. S’il se décolle c’est évidemment très ennuyeux, d’une part parce que l’utérus va réagir et il peut y avoir des complications simplement liées à ça, et d’autre part parce que cette surface d’échange diminue et donc le bébé qui, à ce moment-là, s’appelle encore fœtus, sera moins bien nourri ou moins bien oxygéné.



Question : Les grossesses gémellaires sont-elles à risque ?

MB : Oui, certainement. Les grossesses multiples, dont la plus fréquente est quand il y a deux bébés donc des jumeaux, sont à risque. Il peut y avoir des grossesses avec des triplés, voire même plus de bébés et elles sont certainement plus à risque. Le moment moyen de l’accouchement de 40 semaines est pour une grossesse unique. Pour une grossesse gémellaire on ne dépasse pas, à peu près, 37 semaines. Et pour une grossesse triple c’est 32 à 33 semaines. Pratiquement tous les jumeaux sont plus ou moins prématurés.

Question : Les voyages en avion ou en voiture représentent-ils un risque ?
MB : Les voyages en eux-mêmes quand ils se passent dans de bonnes conditions, ne devraient pas causer un accouchement prématuré. Comme je le disais tout à l’heure, ce sont des facteurs de risque, ce ne sont pas des relations de cause à effet obligatoires. Mais si on sent des contractions, c’est-à-dire le ventre qui durcit ou quoique ce soit d’anormal, il ne faut pas hésiter à consulter un médecin pour vérifier que tout se passe bien.

PM : J’aurais envie de dire qu’il faut effectivement être à l’écoute de ce que l’on ressent. On a parlé tout à l’heure d’un chiffre, on a dit que le 93% des femmes n’accouchaient pas prématurément. Ça veut dire qu’il y a beaucoup de femmes qui font des voyages ou qui vivent des stress et qui ne sont heureusement pas toutes sujettes à des accouchements prématurés. C’est vraiment dans ce qu’on ressent. On doit peut-être en parler avec quelqu’un, peut-être avec une sage-femme parce qu’effectivement on aime bien parler, pour essayer d’évaluer ce que l’on ressent, comment on le ressent, quel changement devrait nous alerter.

Question : Quels autres facteurs pourraient intervenir ?
MB : Il y a en fait une foule de facteurs. C’est un petit peu une maladie multifactorielle dont le symptôme final est d’accoucher avant terme, mais dont les causes sont multiples. La fatigue pourrait être une des causes. C’est très difficile à démontrer, bien sûr, parce que qui n’est pas fatiguée surtout pendant la grossesse et donc toutes les femmes qui accouchent prématurément étaient aussi fatiguées, et on pourrait mettre en relation les deux. Mais c’est certain, blague à part, que le repos fait partie, disons, de l’arsenal thérapeutique, même si ce n’est pas formellement démontré. C’est assez logique de se mettre au repos quand il y a des contractions. Les femmes enceintes sentent bien le rapport entre un après-midi difficile, un long trajet et l’apparition de contractions et le fait que quand elles se mettent au repos ces contractions diminuent. Ceci étant, que de la fatigue uniquement provoque un accouchement avant terme reste à démontrer.


Question : Et le stress ou un travail pénible ?
MB : Concernant le travail, c’est assez compliqué, parce que le travail non motivant, difficile psychologiquement ou dans une situation peu valorisante est un facteur de risque statistique d’accoucher prématurément. Il augmente le risque d’accoucher prématurément. Le fait d’avoir un travail pénible, très difficile, très physique, pourrait également l’être mais d’un autre côté des femmes qui sont seules à la maison qui, à priori ont la possibilité de se reposer énormément, sont plutôt socialement isolées et sont aussi plus à risque d’accoucher prématurément. Donc, ce n’est pas seulement la fatigue, ce n’est pas seulement le travail. Il y a un peu des constellations de facteurs ou de situations psychosociales qui augmentent le risque d’accoucher prématurément. Mais il est important de comprendre qu’un facteur de risque ne veut pas dire qu’obligatoirement quelqu’un qui a un travail peu motivant va d’office accoucher prématurément. C’est simplement que le pourcentage d’accouchements prématurés dans un groupe de personnes qui est dans cette situation-là sera peut-être un peu plus élevé que la moyenne. C’est ça un facteur de risque et je me permets de l’expliquer parce que je pense que c’est important.

Question : Quelle est l’influence des facteurs psychologiques ?
ZQ : C’est vrai qu’il y en a aussi une multitude et c’est difficile de démontrer lesquels prédominent. Il y a d’abord ce que toutes les mères ont pendant la grossesse, c’est l’ambivalence de devenir maman et après de faire des compromis avec leur vie professionnelle. Après il y a une grosse catégorie qu’on retrouve beaucoup, ce sont les événements de vie stressants : un accident, une perte de personne chère dans la famille ou dans les amis, ou alors plutôt dans le passé mais qui ressurgit pendant la grossesse où il y a beaucoup de transparence chez la femme enceinte. Et ce qui est aussi très fréquent, ce sont les complications médicales de grossesses antérieures. Les mamans sont beaucoup plus stressées. Par exemple, une maman qui a accouché prématurément va être beaucoup plus inquiète pour la grossesse suivante. Ou alors, des enfants qui sont nés avec des complications néonatales. Il y a aussi, quand ce n’est pas élaboré et digéré, des interruptions soit volontaires ou médicales de grossesse, ou des fausses couches qui parfois paraissent banales mais qui là, ressortent. Après, il y a le manque de soutien affectif du mari ou du partenaire qui pourrait, je dis bien, qui pourrait être un facteur de risque ou celui des amis ou de la famille. La solitude.

     
   
remonter en haut de page