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CAUSES
1. Quelles
sont les causes médicales ou obstétricales ?
2. Quels
genres de complications ?
3. Quel risque représente un décollement
placentaire ?
4. Les grossesses gémellaires sont-elles à risque ?
5. Les voyages en avion ou en voiture représentent-ils
un risque ?
6. Quels autres facteurs pourraient intervenir
?
7. Et le stress ou un travail pénible ?
8. Quelle est l’influence des facteurs psychologiques
?

Question
: Quelles sont les causes médicales ou obstétricales
?
MB : Il y a trois présentations possibles. La première,
ce sont des contractions qui aboutissent à une dilatation
du col et un accouchement spontané. Ça peut être
un faux début qui s’arrête et qu’on parvient
à maîtriser, mais ça peut aboutir à l’accouchement.
Une autre présentation qui est un peu en relation mais qui
se présente différemment, c’est la rupture de
la poche des eaux. La maman perd du liquide et peut avoir ou ne
pas avoir de contractions suite à ça. Il y a une présentation
tout à fait différente qui serait des complications
de la grossesse qui mettent en danger soit la vie de la mère,
soit la vie du bébé ou la santé de la mère
et du bébé, et qui aboutissent à la décision
médicale de finir la grossesse. Et là, on provoque
l’accouchement ou on réalise une césarienne
pour terminer la grossesse.
Question : Quels genres de complications ?
MB : Un de nos gros ennemis c’est la pré-éclampsie.
C’est une maladie un peu mystérieuse de la grossesse
qui se présente comme une hypertension avec des protéines
dans les urines. On ne connaît pas très bien l’origine
mais quand c’est sévère, ça met en danger
la vie de la mère. On sait que le seul traitement possible
est l’accouchement.
Question : Quel risque représente un
décollement placentaire ?
MB : Le placenta
c’est l’organe qui nourrit le bébé qui
sert à faire les échanges entre le sang maternel et
le sang fœtal, un peu la membrane qui sépare et réunit
la mère et l’enfant. C’est là que se situe
le transport de toute la nourriture du bébé, c’est
là que vont être éliminés les déchets
du bébé, et c’est là que va se faire
l’échange oxygène et CO2, la respiration. C’est
à la fois le rein, le poumon, le foie, un peu tout du bébé.
S’il se décolle c’est évidemment très
ennuyeux, d’une part parce que l’utérus va réagir
et il peut y avoir des complications simplement liées à
ça, et d’autre part parce que cette surface d’échange
diminue et donc le bébé qui, à ce moment-là,
s’appelle encore fœtus, sera moins bien nourri ou moins
bien oxygéné.

Question : Les grossesses gémellaires sont-elles
à risque ?
MB : Oui, certainement. Les grossesses multiples, dont la plus fréquente
est quand il y a deux bébés donc des jumeaux, sont
à risque. Il peut y avoir des grossesses avec des triplés,
voire même plus de bébés et elles sont certainement
plus à risque. Le moment moyen de l’accouchement de
40 semaines est pour une grossesse unique. Pour une grossesse gémellaire
on ne dépasse pas, à peu près, 37 semaines.
Et pour une grossesse triple c’est 32 à 33 semaines.
Pratiquement tous les jumeaux sont plus ou moins prématurés.
Question : Les voyages en avion ou en voiture
représentent-ils un risque ?
MB : Les voyages en eux-mêmes quand ils se passent dans de
bonnes conditions, ne devraient pas causer un accouchement prématuré.
Comme je le disais tout à l’heure, ce sont des facteurs
de risque, ce ne sont pas des relations de cause à effet
obligatoires. Mais si on sent des contractions, c’est-à-dire
le ventre qui durcit ou quoique ce soit d’anormal, il ne faut
pas hésiter à consulter un médecin pour vérifier
que tout se passe bien.
PM : J’aurais envie de dire qu’il faut effectivement
être à l’écoute de ce que l’on ressent.
On a parlé tout à l’heure d’un chiffre,
on a dit que le 93% des femmes n’accouchaient pas prématurément.
Ça veut dire qu’il y a beaucoup de femmes qui font
des voyages ou qui vivent des stress et qui ne sont heureusement
pas toutes sujettes à des accouchements prématurés.
C’est vraiment dans ce qu’on ressent. On doit peut-être
en parler avec quelqu’un, peut-être avec une sage-femme
parce qu’effectivement on aime bien parler, pour essayer d’évaluer
ce que l’on ressent, comment on le ressent, quel changement
devrait nous alerter.
Question : Quels autres facteurs pourraient
intervenir ?
MB : Il y a en fait une foule de facteurs.
C’est un petit peu une maladie multifactorielle dont le symptôme
final est d’accoucher avant terme, mais dont les causes sont
multiples. La fatigue pourrait être une des causes. C’est
très difficile à démontrer, bien sûr,
parce que qui n’est pas fatiguée surtout pendant la
grossesse et donc toutes les femmes qui accouchent prématurément
étaient aussi fatiguées, et on pourrait mettre en
relation les deux. Mais c’est certain, blague à part,
que le repos fait partie, disons, de l’arsenal thérapeutique,
même si ce n’est pas formellement démontré.
C’est assez logique de se mettre au repos quand il y a des
contractions. Les femmes enceintes sentent bien le rapport entre
un après-midi difficile, un long trajet et l’apparition
de contractions et le fait que quand elles se mettent au repos ces
contractions diminuent. Ceci étant, que de la fatigue uniquement
provoque un accouchement avant terme reste à démontrer.

Question : Et le stress ou un travail pénible
?
MB : Concernant le travail, c’est assez compliqué,
parce que le travail non motivant, difficile psychologiquement ou
dans une situation peu valorisante est un facteur de risque statistique
d’accoucher prématurément. Il augmente le risque
d’accoucher prématurément. Le fait d’avoir
un travail pénible, très difficile, très physique,
pourrait également l’être mais d’un autre
côté des femmes qui sont seules à la maison
qui, à priori ont la possibilité de se reposer énormément,
sont plutôt socialement isolées et sont aussi plus
à risque d’accoucher prématurément. Donc,
ce n’est pas seulement la fatigue, ce n’est pas seulement
le travail. Il y a un peu des constellations de facteurs ou de situations
psychosociales qui augmentent le risque d’accoucher prématurément.
Mais il est important de comprendre qu’un facteur de risque
ne veut pas dire qu’obligatoirement quelqu’un qui a
un travail peu motivant va d’office accoucher prématurément.
C’est simplement que le pourcentage d’accouchements
prématurés dans un groupe de personnes qui est dans
cette situation-là sera peut-être un peu plus élevé
que la moyenne. C’est ça un facteur de risque et je
me permets de l’expliquer parce que je pense que c’est
important.
Question : Quelle est l’influence des
facteurs psychologiques ?
ZQ : C’est vrai qu’il y en a aussi une multitude et
c’est difficile de démontrer lesquels prédominent.
Il y a d’abord ce que toutes les mères ont pendant
la grossesse, c’est l’ambivalence de devenir maman et
après de faire des compromis avec leur vie professionnelle.
Après il y a une grosse catégorie qu’on retrouve
beaucoup, ce sont les événements de vie stressants
: un accident, une perte de personne chère dans la famille
ou dans les amis, ou alors plutôt dans le passé mais
qui ressurgit pendant la grossesse où il y a beaucoup de
transparence chez la femme enceinte. Et ce qui est aussi très
fréquent, ce sont les complications médicales de grossesses
antérieures. Les mamans sont beaucoup plus stressées.
Par exemple, une maman qui a accouché prématurément
va être beaucoup plus inquiète pour la grossesse suivante.
Ou alors, des enfants qui sont nés avec des complications
néonatales. Il y a aussi, quand ce n’est pas élaboré
et digéré, des interruptions soit volontaires ou médicales
de grossesse, ou des fausses couches qui parfois paraissent banales
mais qui là, ressortent. Après, il y a le manque de
soutien affectif du mari ou du partenaire qui pourrait, je dis bien,
qui pourrait être un facteur de risque ou celui des amis ou
de la famille. La solitude.
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