TROP D'ENFANTS PREMATURES
Comment prévenir ?   (10.05.07)


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Thèmes

1. ACCOUCHEMENT
2. CAUSES
3. PREVENTION

4. NEONATOLOGIE

 
 

PREVENTION

1. Les mères ont-elles une bonne information sur les risques de la prématurité ?
2. Comment prévenir quand on est encore à la maison, un accouchement prématuré ?
3. Quelle prévention à l’hôpital ?
4. Quelle prévention psychologique peut-on envisager ?

5. L'étude faite à la maternité pourrait-elle se faire en amont chez les gynécologues pour des grossesses à risque ?
6. Quelle prévention médicale peut-on envisager ?
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Question : Les mères ont-elles une bonne information sur les risques de la prématurité ?
PM : Je pense qu’on peut toujours faire mieux. Il y a souvent effectivement un problème d’écoute. La mère questionne et n’obtient pas toujours les bonnes réponses. Quelques fois elle n’a même pas posé la question. C’est après l’accouchement, après les événements qu’elle se dit : "Je n’avais pas les informations !" Mais sur le moment, c’est comme si elle n’arrive pas à dépasser le choc de l’annonce d’un problème et qu’elle ne peut pas s’interroger et poser les bonnes questions. Alors peut-être que là, en tant que sage-femme en tous cas, on a cette sensibilité d’essayer de parler, on essaie de prendre le temps d’écouter, d’évaluer si la personne en face de nous est bien au clair. Mais ce n’est probablement pas toujours possible. Et aujourd’hui, effectivement, les visites chez les médecins c’est très court et je ne sais pas s’il y a vraiment la place pour ce temps-là, ce temps de l’écoute. On ne prend pas toujours le temps de vérifier que la personne a bien entendu. On donne des informations et on pense que c’est clair mais ce n’est probablement pas toujours le cas. Pendant la grossesse en tous cas, en tant que sage-femme, on vérifie très souvent. On sait qu’il faut répéter plusieurs fois, qu’il faut revenir sur les choses, et on ne peut pas penser que c’est acquis juste parce qu’on a aligné trois mots.

Question : Comment prévenir quand on est encore à la maison, un accouchement prématuré ?
PM : Déjà en proposant à la future mère un espace temps, pour lui permettre de parler, d’échanger. Il faut lui offrir un temps d’écoute et puis peut-être aussi la sensibiliser au risque d’accouchement prématuré, à la réalité de l’accouchement, à quoi elle doit faire attention : les contractions, les pertes de sang ou les pertes de liquide mais surtout les contractions. En tant que sage-femme indépendante on est mandatée par les médecins pour aller rendre visite à des patientes qui ont des risques de menaces d’accouchement prématuré. Nous vérifions qu’il n’y a pas d’éléments qui nous feraient penser qu’on est malheureusement dans l’urgence. Et puis surtout nous offrons du temps de parole.

MB : On a étudié l’efficacité d’interventions à domicile dans des études qui ont comparé des femmes qui présentaient, par exemple certains facteurs de risque et chez qui on est intervenu à domicile, à des femmes chez qui on n’est pas intervenu à domicile, pour voir s’il y a effectivement un bénéfice. Les études ont été conduites dans des contextes probablement un petit peu différents du nôtre. Elles n’ont jamais pu montrer un gros bénéfice en terme de réduction de la prématurité. C’est un des espoirs déçus, malheureusement, mais c’est clair que du point de vue individuel ça a certainement un effet bénéfique, notamment en terme d’information, peut-être aussi en terme d’amélioration des conditions de vie de la mère. Par contre, c’est un petit peu comme toutes les manœuvres préventives qu’on a tenté pour diminuer le risque d’accouchement prématuré, l’efficacité n’est pas si évidente que ça.

Question : Quelle prévention à l’hôpital ?
MB : On a assez peu d’armes à notre disposition. Chez les mères qui ont des contractions et dont la poche est intacte par exemple, on a assez peu d’interventions à notre disposition pour diminuer le risque d’accoucher prématurément. On peut diminuer les contractions par des médicaments mais ils ont une efficacité très limitée et souvent l’hospitalisation est relativement courte, elle ne dépasse pas quelques jours.

 



Question : Quelle prévention psychologique peut-on envisager ?

ZQ : Actuellement c’est vrai qu’il n’y a pas d’intervention psychologique proposée pour tous les facteurs de risque parce qu’on n’a pas encore pu prouver que c’était efficace. Mais on est actuellement en train de mener à Genève une étude randomisée qui pose la question suivante : "Est-ce que, vu les risques de certaines patientes, une psychothérapie permet-elle de diminuer le taux d’accouchements prématurés ?". On essaie, nous, en tant que psychologue de réduire ce risque avec des techniques d’entretien semi standardisés. Actuellement cette recherche qu’on mène depuis quelques mois n’a pas encore donné de réponses. On en est à environ cent femmes qui, pour celles qui sont dans le groupe "suivi psychologique" ont une bonne adhésion et apprécient ce suivi. Mais il est trop tôt encore pour donner des résultats.
J’ai juste envie de rajouter aussi que ce n’est pas parce qu’on propose une intervention psychologique aux mères qui ont des menaces d’accoucher prématurément, qu’il y a un profil de mère qui accouche plus prématurément et qu’il y aurait donc une typologie. Parce que ce serait aussi très culpabilisant pour les mères. On essaie seulement de trouver des moyens pour lutter et souvent ce qu’on a remarqué dans l’équipe pluridisciplinaire, c’est qu’il y avait vraiment une pluralité de facteurs, qu’il n’y a pas juste le facteur psychologique. Autrement ce serait un peu lourd pour les mamans de porter ce poids.

Question : L'étude faite à la maternité pourrait-elle se faire en amont chez les gynécologues pour des grossesses à risque ?
ZQ : Pour la première recherche : "Est-ce que la psychothérapie permet de diminuer l’accouchement prématuré ?", tous les gynécologues, en tous cas à Genève, ont été informés de cette recherche. Et il y en a quelques-uns du reste qui, lorsque les mamans sont hospitalisées, proposent cette recherche aux mères. Pour l’instant, on recrute à la maternité ces mamans qui sont hospitalisées mais on peut imaginer que, si cet essai nous montre qu'il y a une différence majeure entre les deux groupes, c’est sûr qu’il y aura un travail de sensibilisation et même de publicité. Mais ce n’est même pas la publicité, c’est plutôt la science qui permettra d'informer les médecins obstétriciens. On pourra leur dire : "Si une femme a fréquemment des contractions, elle peut contacter un psychologue pour faire cette intervention, si elle le souhaite". Je crois que toute mère est libre d’accepter ou non une aide.

MB : Concernant le fait de pouvoir intervenir avant, c’est assez difficile parce que le risque d’accoucher prématurément est très vague. On a très peu de signes et on parvient très mal à repérer les femmes qui vont accoucher prématurément. Il y a des facteurs classiques comme les grossesses multiples mais pour la menace d’accouchement prématuré spontanée ou la menace d’accouchement prématuré suite à une rupture des membranes, on a certes des facteurs infectieux par exemple. Mais ces facteurs multiplient par 1,5 à 2 fois le risque d’accoucher prématurément. C’est donc un groupe qui est, certes plus à risque que la moyenne mais chez qui il n’y aura que 15 à 20% d’accouchements prématurés. Et on ne sait pas comment faire. On a essayé, par exemple, de traiter avec des antibiotiques des femmes qui étaient porteuses de certains germes ou d’autres parasites. Et ça n’a pas donné de bons résultats. Au contraire, parfois ça augmentait le risque d’accoucher prématurément. Donc, vous voyez que la problématique n’est pas très simple. D’abord identifier le groupe à risque et ensuite trouver des interventions qui réduisent le risque d’accouchement prématuré et le ramène à celui de la moyenne. C’est tout le challenge à la fois en ambulatoire et en hospitalier de la prévention qu’on appellerait, prévention primaire avant que les symptômes ne surviennent ou prévention secondaire une fois que la maladie s’est installée. Dans les deux cas, ces interventions manquent et sont peu efficaces.

Question : Quelle prévention médicale peut-on envisager ?
MB : Je m’occupe d’une petite unité de recherche dans le département d’obstétrique. Elle vise à évaluer la réduction du risque d’accoucher prématurément chez des femmes qui ont des contractions, par une hormone qui est naturellement dans le corps des femmes enceintes en grande quantité qui est la progestérone et qui pourrait diminuer les contractions. De nouveau c’est un petit peu le même principe, les femmes qui consentent à participer à cette étude sont divisées en deux groupes alloués par le hasard, donc on dit par randomisation, soit à recevoir de la progestérone, soit à recevoir des ovules de placebo. Dans l’autre cas c’était, soit à recevoir une psychologue, soit à ne pas la recevoir, on n’a pas encore inventé de psychologue placebo. On va comparer le pourcentage d’accouchements prématurés dans les deux groupes. Nous n’avons pas encore de résultats, encore moins que l’autre étude, parce que cette étude est plus récente et concerne un sous-groupe de femmes plus restreint. C’est ce qu’on appelle une étude multi centriques. En fait, comme c’est relativement difficile de recruter des patientes, il faut se mettre à plusieurs hôpitaux. Il y a huit gros hôpitaux suisses qui sont impliqués dans cette étude.

RP : Je suis néonatologue, et ce n’est pas pour autant que je veux avoir le plus d’enfants prématurés possible. Je crois qu’on a une collaboration très étroite pour essayer de diminuer la prématurité. Alors, avec les stéroïdes, un jour ou deux de gagnés permettent d’améliorer le pronostic. Donc, on ne gagne pas seulement des jours, mais on gagne plus que des jours.

 

 

     
   
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