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CANCER / TRAITEMENTS
1.
Qu’est-ce que la prostate et à quoi sert-elle ?
2.
Quelles sont les maladies bénignes de la prostate ?
3. Quelle est l’incidence du cancer de la prostate
dans notre pays ?
4. Le cancer de la prostate est-il grave ?
5. Quelle est la probabilité
d'en décéder ?
6. Peut-on
prévenir le cancer de la prostate ?
7. Quels sont les principaux traitements
proposés ?
8.
Quels sont les effets secondaires de ces
traitements ?
9.
Quel est le rôle du traitement hormonal ?
10.
Des changements d'alimentation et de l'exercice
physique peuvent-ils aider un patient avec un cancer avancé
mais sans symptômes ?
11
. Peut-on suivre la rechute du cancer
en dosant le PSA ?
12
. Faut-il faire un test du PSA après
un cancer de la prostate ?
13
. Est-il envisageable de développer
des anti-corps contre la molécule PSA ?
Question
: Qu’est-ce que la prostate et à quoi sert-elle ?
GA : La prostate est un organe exclusivement masculin, c'est peut-être
important de le préciser, qui, chez l'homme pèse environ
15 grammes, a la forme d'un marron, d'une châtaigne. C'est
un organe qui n'est pas visible contrairement au reste de l'appareil
de reproduction. La prostate est située vraiment contre la
vessie. Elle est traversée d'ailleurs par le canal qui permet
à la vessie de se vider et qui s'appelle l'urètre.
Et on ne peut au fond la percevoir que, par exemple, par un toucher
rectal. Son rôle c'est de fabriquer un liquide qui est alcalin
et qui va servir de transport, de train pour le liquide qui est
fabriqué par les testicules et qui est éjaculé.C'est
une glande qui est endocrine et exocrine, c'est-à-dire qui
sécrète un produit muqueux et qui a des fonctions
hormonales.
Question
: Quelles sont les maladies bénignes de la prostate ?
GA : Chez les jeunes il peut y avoir des infections de la prostate
dues à des bactéries, et puis chez les gens plus âgés,
la prostate peut grossir. Ce ne sont pas des tumeurs malignes, ce
sont des adénomes, ce sont des tumeurs bénignes. Elles
deviennent grosses et elles gênent l'écoulement d'urine.

Question
: Quelle est l’incidence du cancer de la prostate dans
notre pays ?
AJ : Son incidence est de l'ordre de 100 par 100'000 habitants masculins,
ce qui fait qu'à Genève il y a environ 200 nouveaux
cas par année. L'incidence, c'est-à-dire le taux d'apparition
par année, varie énormément selon l'âge.
De nouveau, des chiffres genevois nous indiquent que les gens de
50 ans ont 37 chances, entre guillemets, sur 100'000, alors que
quand vous avez le bonheur d'atteindre 70 ans, votre pourcentage
augmente à 700. Donc vous voyez qu'avec 20 ans d'âge,
vous augmentez de 20 fois le risque d'avoir un cancer de la prostate.
Question
: Le cancer de la prostate est-il grave ?
AJ : C'est là qu'une partie du nœud réside. En
ce sens que des examens histologiques ont démontré
que, dans un pourcentage non négligeable de cas, je crois
20 à 30%, déjà chez des gens de 50-60 ans,
si on fait des examens systématiques, on trouve des cellules
cancéreuses. Ce pourcentage double ou triple chez des gens
de 70-80 ans où il augmente jusqu’à 80%. Dans
la majorité de ces cas, ce sont des cancers qui ne donnent
pas de symptômes et qui resteront vraisemblablement à
l'intérieur de la glande sans faire d'ennuis. En gros, on
peut dire qu'un homme de 50 ans a 40% de chances d'avoir un cancer
de la prostate jusqu'à la fin de sa vie. De ces 40%, 10%
seront symptomatiques, seront détectés cliniquement,
et il n'aura que 4% de chances d'en décéder.
Question
: Quelle est la probabilité d'en décéder ?
AJ : Elle est relativement faible. Du fait que c'est le cancer le
plus fréquent, mais ce n'est pas celui dont on meurt le plus.
Le cancer du poumon qui est le deuxième, lui, a un pourcentage
de décès qui est de 85-90%, alors que vous voyez que
pour le cancer de la prostate, sur l'ensemble des patients avec
carcinome, une petite minorité va en décéder.
Question
: Peut-on prévenir le cancer de la prostate ?
CI
: On a remarqué que les asiatiques, qui ont un mode de nourriture
bien différent du nôtre, ont un taux de cancer de la
prostate qui est inférieur à celui de l'homme occidentalisé,
nord-américain, européen. Et par contre, une fois
qu'on transplante ces populations dans cet environnement nutritionnel
différent, on retrouve des taux avoisinant ceux des populations
locales. Donc, il y a certainement des facteurs environnementaux
locaux qui jouent un rôle. On a beaucoup parlé du soja
qui protègerait du cancer de la prostate. Des études
ont été faites : on a gavé des souris, qui
portait des tumeurs expérimentales de la prostate, de soja.
On a démontré des diminutions, des non progressions
des tumeurs. Enfin bref, il y a toute une série de choses.
Mais actuellement, chez l'homme, il n'y a pas d'élément
clair pour donner maintenant des directives formelles sur un mode
de prévention nutritionnelle. Il y a beaucoup de choses qui
se disent au niveau des produits laitiers (il faudrait prendre moins
de produits laitiers), mais je ne connais pas d'étude qui
montre un lien de cause à effet établi.
AJ : Il n'y a pas de recette connue pour la prévention primaire
du cancer de la prostate. On n'est pas dans la même situation
que pour le taux de cholestérol, par exemple, ou pour l'hypertension,
dans le but de prévenir une maladie coronarienne, une maladie
du cœur. Pour le cancer de la prostate, il n'y a pas de données
fermes qui permettent de dire "Une hygiène de vie, l'exercice
physique, l'huile de foie de morue, l'huile d'olive empêchent
le développement du cancer de la prostate". Le PSA a
une autre finalité : on pense qu'il peut être là,
même si on ne sait pas encore très bien, pour la détection
précoce d'une maladie et pour faire en sorte qu'on puisse
la prendre en charge à un moment donné où on
peut améliorer son pronostic. Donc on s'adresse à
des gens qui ont déjà un cancer de la prostate. Ce
n'est plus le moment de la prévention primaire. La prévention
primaire aurait dû intervenir avant. Un exemple de prévention
primaire a été l’étude menée avec
un médicament qu'on appelle "Finasterid" qui est
utilisé pour diminuer l'augmentation bénigne de la
prostate, l'adénome prostatique ou l'hypertrophie de la prostate.
Les résultats ont montré, c'est vrai, qu'il y a eu
un peu moins de cancers de la prostate. Mais parmi les cancers de
la prostate que certains patients avec Finasterid ont eu, la majorité
étaient plus agressifs que s'ils n'avaient pas de médicament.
Donc pour le moment on est dans une situation où, même
avec des moyens médicamenteux, on ne peut pas garantir qu'une
prévention primaire améliore le pronostic.
Question
: Quels sont les principaux traitements proposés ?
CI
: Je dirais qu’il faut faire attention au terme "traitement".
Je dirais qu'il y a trois "attitudes" qu'on peut avoir
face à un cancer localisé. Ce ne sont pas des traitements,
ce sont des attitudes, et certaines sont des traitements. Alors
il y a deux grandes lignes de traitements : c'est la chirurgie et
la radiothérapie. Et à l'intérieur de la radiothérapie,
il y a encore une manière, qui peut être variable,
de pratiquer. On peut faire une radiothérapie conventionnelle,
par rayon externe, ou encore on peut faire une radiothérapie
avec des aiguilles radioactives dans la prostate. Donc, là
il y a encore une variabilité. Alors ça, ce sont les
traitements. Et la troisième possibilité, c'est la
surveillance qui reste une possibilité dans certaines situations
qu'il est justement parfois difficile d'établir. La surveillance,
c'est d'arriver à un diagnostic de cancer et, du fait de
certains paramètres de ce cancer et des caractéristiques
du porteur du cancer, c'est de se dire "Voilà, là
il n'y a pas de nécessité immédiate de faire
quelque chose. On peut se donner une année, deux années,
éventuellement refaire une biopsie, si nécessaire".
C'est ça la troisième possibilité.
Question
: Quels sont les effets secondaires de ces traitements ?
CI
: Il y a des effets secondaires qui sont étudiés de
près parce qu'ils ont évidemment un impact très
direct sur la qualité de vie. Ces effets secondaires, ce
sont principalement l'incontinence et l'impuissance. Le taux de
ces effets secondaires a changé quand même passablement
depuis ces 10 dernières années parce que les techniques
ont changé. La technique de radiothérapie a changé,
les techniques chirurgicales ont changé. Mais il est clair
que les deux moyens de traiter actuellement le cancer localisé
de la prostate comporte un risque d'incontinence et d'impuissance.
Alors on va essayer de les chiffrer, et je pense que c'est intéressant
de les chiffrer dans une perspective un tout petit peu historique.
Au début des années 90, à la fin des années
80, quand on s'embarquait pour une chirurgie radicale de la prostate,
le taux d'incontinence importante à craindre était
nettement plus élevé qu'actuellement. Il était
de l'ordre de 15 à 20%. Actuellement, ce taux a nettement
diminué. Pour quelle raison ? Parce que les techniques ont
évolué et se sont propagées. Et il est maintenant
aux alentours de 5%, voire même dans certaines équipes
de 3%. Je parle là de l'incontinence significative, où
il faut porter 2-3 protections par jour. L'incontinence anecdotique,
où on porte une protection et il y a quelques gouttes qui
sortent de temps en temps, ça c'est quand même un peu
plus fréquent que 5%. C'est, je dirais, de l'ordre probablement
de 10 à 15%. Et si actuellement le chirurgien est "up
to date", il doit avoir 80% de ses patients qui sont secs.
Maintenant pour la radiothérapie : au début des années
90 la radiothérapie avait un avantage certain sur les chirurgiens
parce que leur taux d'incontinence était moins important.
Il est probablement à peu près égal à
celui que les chirurgiens ont actuellement avec les techniques qui
ont progressé.
Pour l'impuissance, alors là, c'est assez variable en ce
qui concerne de nouveau la chirurgie. En ce qui concerne la radiothérapie,
c'est un petit peu plus simple. La littérature nous a donné
des chiffres maintenant depuis 2 ou 3 ans, et en gros, les soucis
peuvent venir après coup, deux ou trois ans après
la radiothérapie, pas tout de suite après la radiothérapie.
Et là, si on regarde un groupe de patients deux à
trois ans après une radiothérapie, eh bien on compte
50% de problèmes de puissance sexuelle en moyenne. Alors
pour la chirurgie, qu'est-ce qu'il en est ? Là, c'est beaucoup
plus variable d'un patient à l'autre parce qu'il y a plusieurs
éléments dont il faut tenir compte. Il faut d'abord
tenir compte de choses très simples finalement, qui sont
la pratique sexuelle du patient (si ce patient est quelqu'un de
performant ou non), il faut tenir compte de son âge. Et ça,
ce sont 2 paramètres importants. Et ensuite, il y a la possibilité
pour le chirurgien ou non d'épargner les nerfs érecteurs.
Ces nerfs érecteurs qui sont collés sous la prostate.
C'est une grosse erreur de design du Tout-Puissant, ces nerfs érecteurs
collés sous la prostate, parce que vraiment ils sont à
quelques millimètres d'une tumeur, et parfois le chirurgien
ne doit pas les garder, il doit emporter un nerf au passage.
Alors pour en revenir aux chiffres d'impuissance, chez des patients
qui ont moins de 60 ans, donc qui sont assez jeunes, qui ont une
pratique sexuelle régulière, si on peut garder les
2 nerfs parce que la tumeur est bien localisée, et que pendant
l'intervention on n'a pas de souci, eh bien ces patients après,
s'ils sont bien rééduqués, ils ont un taux
de puissance sexuelle qui peut aller jusqu'à 70 à
75%. Ça peut mettre jusqu'à 18, voire 24 mois pour
bien reprendre. Par contre, un patient qui a plus de 70 ans à
l'opération (70-71, c'est la limite où on opère,
voire 72 ans), et qui a une activité sexuelle qui a déjà
passablement diminué et chez lequel par exemple on n'a pu
garder qu'un seul nerf, là on arrive à des taux d'impuissance
qui sont beaucoup plus élevés, qui sont de l'ordre
de 70%. C'est l'autre extrême. Vous voyez donc il y a toute
une constellation par rapport à la situation chirurgicale.
AJ : Je ne vais pas contredire les résultats des chirurgiens,
ne serait-ce que par souci déontologique. Juste peut-être
un petit mot de prudence. Il y a une étude récente
qui a été faite dans un but totalement différent
: c'était de savoir si un médicament qu'on donne pour
diminuer l'hypertrophie de la prostate (qui est donc l'agrandissement
bénin de la prostate, qui est gênante en général
mais non vitale), c'était de savoir donc si ce médicament
pouvait diminuer l'incidence du cancer. Ce médicament agit
sur les hormones sexuelles mâles, et par conséquent
on pouvait attendre éventuellement une diminution de l'incidence.
Et comme dans tout bon essai clinique qui se respecte, il y avait
un groupe qui recevait un placebo. Eh bien dans le groupe placebo,
dans un échantillonnage de plusieurs milliers d'hommes d'âge
moyen de 65 ans, il y avait environ 50 à 60% de diminution
de puissance sexuelle, donc chez des gens non opérés
et sans médicament. Alors je pense que ça ouvre le
problème de savoir si finalement les performances de chacun
sont telles qu'il les imagine après l'opération, et
ça laisse un peu planer un doute sur les chiffres de complications
si, dans un collectif de patients relativement proches en termes
d'âge, on voit que la libido, la puissance sexuelle, est atteinte
dans un pourcentage relativement important de patients, de sujets.
Question
: Quel est le rôle du traitement hormonal ?
GA
: Ecoutez, moi j'ai l'expérience pratique. Quand j'ai commencé
ma carrière à la campagne, dans une forme grave du
cancer de la prostate avec métastases osseuses, il n'y avait
pas d'autre solution que de proposer une castration. Avec, pour
les tumeurs sensibles aux hormones mâles, un succès
remarquable. Et puis les temps ont changé, maintenant on
a des produits chimiques qui font la même chose et qui, aussi
dans les cas de processus tumoraux expansifs dans le petit bassin
ou au niveau des os, et toujours pour certaines tumeurs sensibles
aux hormones mâles, ont des effets spectaculaires.
Question
: Des changements d'alimentation et de l'exercice physique peuvent-ils
aider un patient avec un cancer avancé mais sans symptômes ?
AJ
: Je n'ai absolument rien contre l'utilisation de ce que l'on appelle
des médecines alternatives dans la mesure où le patient
ne se soustrait pas à d'autres mesures qui pourraient être
efficaces. Dans une situation dans laquelle, par exemple, le patient
n'a pas de symptômes, je pense que ce sera difficile de le
persuader d'avoir un traitement qui soit peut-être pas très
bien supporté, ou d'efficacité seulement partielle.
Par exemple, avec la castration chimique, on peut avoir une évolution
indiscutable en termes de douleur pour les métastases osseuses.
Une autre forme de thérapie, si elle est additionnelle, je
n'ai rien contre. Si elle est inefficace et que ça empêche
le patient d'avoir recours à une thérapie qui a démontré
son efficacité, je le regretterais.
SR : En l'occurrence, Madame parlait, si j'ai bien compris, pas
tellement de thérapie mais plutôt d'une autre façon
de vivre, c'est-à-dire plutôt de faire du sport, de
changer son alimentation, en se posant la question si ça
apportait un plus.
AJ : C'est ce que je recouvrais sous le terme de "médecines
alternatives".
Question
: Peut-on suivre la rechute du cancer en dosant le PSA ?
AJ
: On ne l'utilise pas pour faire un diagnostic, mais on dit "Vous
avez une rechute", c'est qu'on est dans une situation différente.
Dans le premier cas, on n'est pas certain s'il y a un cancer ou
pas. A partir du moment où le diagnostic de cancer a été
posé, si le PSA augmente, ça ne peut être que
causé par l'apparition de récidives ou de métastases.
Et dans cette condition-ci, on n'est plus à la recherche
du diagnostic puisqu'on sait qu'il y a eu un cancer de la prostate,
mais ça permet de diagnostiquer la récidive. C'est
le propre de ce qu'on appelle les marqueurs tumoraux, toutes ces
substances biochimiques. Il y a d'autres exemples : pour le cancer
du côlon ou du rectum, il y a un antigène qu'on appelle
"carcino-embryonnaire", qui n'est pas utilisé à
des fins diagnostiques, mais qu'on utilise une fois un patient opéré
pour savoir s'il fait une rechute ou pas. Donc, on n'est pas dans
la même problématique parce qu'on ne recherche plus
un diagnostic précoce.
CI : Ce qu'il faut savoir avec le PSA, c'est que comme il est très
spécifique de l'organe, il l’est de la récidive.
Il va être annonciateur 3 à 5 ans à l'avance
de problèmes cliniques. Et donc on a, heureusement, une marge,
on peut voir venir, avec ce qu'on appelle donc la "récidive
biochimique", cette réapparition du PSA.
Question
: Faut-il faire un test du PSA après un cancer de la prostate ?
GA
: Probablement que c'est juste de faire un PSA tous les 3 mois dans
l'année qui suit l'intervention subie. Mais probablement
qu'après, c'est un peu trop s'il n'a pas été
prouvé qu'il y avait intérêt à faire
un dosage aussi fréquent.
CI : Il n'y a de nouveau malheureusement pas d'étude claire
démontrant ce qu'il faut exactement faire. Mais il y a quand
même pas mal de pratiques communément admises : jusqu'à
1 an après l'opération, on fait tous les 3 mois, ensuite
jusqu'à 5 ans, tous les 6 mois, et après, chaque année.
Donc on espace parce que c'est bien connu, c'est comme ça
pour toutes les tumeurs, c'est surtout les 2 premières années
que le risque de récidive est élevé. Après,
plus on s'éloigne de l'évènement initial, plus
ce risque baisse. Mais, comme il n'est jamais tout à fait
nul et que le PSA peut nous montrer une récidive précoce,
alors on le fait mais en espaçant l'intervalle.
AJ : Je ne suis pas entièrement convaincu de la nécessité
d'avoir des contrôles systématiques. Alors je ne suis
pas très orthodoxe, peut-être pas très académique
en disant ça. Pourquoi ? Parce qu'on n'est pas certain que
le fait de détecter une récidive va améliorer
la situation. Pour ça, il faudrait pouvoir montrer que quand
vous avez une récidive et qu'elle est prise précocement,
vous avez plus de chances de guérir. Je ne suis pas sûr
que ça a été prouvé. Par contre, si
vous le faites tous les 3 mois, vous saurez plus vite que vous avez
une récidive que si vous le faites tous les 2 ans. Tant qu'on
n'a pas réussi à démontrer que la prise en
charge d'une récidive est améliorée par sa
détection précoce, moi je ne suis pas convaincu que
c'est véritablement utile. Et je ne sais pas très
bien qui on soigne ce faisant, si c'est le malade ou le médecin.
Commentaire :
Mon nom est Rochat, je suis urologue. On a bien compris que pour
le suivi post-opératoire ou post-traitement, il y a des gens
qui faisaient un PSA tous les 3 mois, et d'autres qui faisaient
de nouveau la politique de l'autruche, et j'ai cru comprendre, en
effet Monsieur JUNOD, que vous ne pensiez pas qu'un contrôle
du PSA était très nécessaire après traitement.
Alors bien sûr, si c'est un traitement avec des rayons, on
comprend bien qu'on ne peut plus faire grand-chose, si ce n'est
un traitement hormonal quand la situation s'est bien aggravée,
et qu’on n'est peut-être pas pressé de le savoir.
Mais si on a fait une opération, c'est que le patient a choisi
une option qui lui donne rapidement la vérification, à
savoir s'il est guéri ou pas. Et puis c'est vrai que souvent,
quand on opère, on trouve que la tumeur a tendance à
franchir un peu sa capsule, son enveloppe, et ça va se manifester
par une remontée lente mais certaine du PSA. Et à
ce moment-là, si on peut détecter cette récidive
biologique, on peut offrir au patient une deuxième chance
qui est une radiothérapie adjuvante qui va certainement guérir
une bonne partie de ces patients. Donc je pense que, une fois que
le traitement radical a été fait, le suivi du PSA
reste nécessaire sur une base raisonnable, comme on l'a évoqué,
d'une fois par année.
CI : J'aimerais
apporter une précision à ce que dit le docteur Rochat,
parce que c'est vrai effectivement, la radiothérapie après
intervention peut aider. Ce qu'il faut quand même dire, c'est
qu'il n'est pas facile de sélectionner quel est le patient
qui va vraiment en bénéficier de nouveau. Et là
il y a eu différents travaux, mais c'est vrai que c'est une
arme, et c'est pour ça qu'effectivement on suit nos patients
de près. Mais à nouveau là, il faut bien choisir
le patient qui va bénéficier des rayons, il faut beaucoup
de nuance.
Question
: Est-il envisageable de développer des anti-corps contre
la molécule PSA ?
AJ : Je pense que le biochimiste pourrait répondre qu'on
a des anticorps. Maintenant est-ce que ces anticorps, s'ils étaient
injectés au niveau de la cellule, joueraient un rôle
de destruction ? A ma connaissance, ça n'a pas été
testé, mais vous avez raison, c'est un type de traitement
qui est utilisé dans certaines formes de tumeurs. Simplement,
il faut choisir le bon antigène, c'est-à-dire la bonne
protéine vis-à-vis de laquelle cet anticorps sera
dirigé de telle sorte que, si cette substance est neutralisée,
la cellule va souffrir. Et ça, je ne sais pas si c'est le
cas pour l'antigène prostatique.
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