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Témoignages
diffusés pendant le débat
Premier
témoignage sur le cancer de la prostate
Paul,
68 ans, employé de commerce, Genève
J'avais
63-64 ans. Il faut dire une chose : j'ai passé toute ma vie
sans gros problème, et puis c'est arrivé, et je l'ai
pris tout à fait normalement. Je n'ai pas paniqué.
C'était une chose qu'on pouvait, à partir de 60 ans,
absolument avoir. Je n'ai pas paniqué du tout, c'était
presque dans l'ordre des choses.
Au moment où on a diagnostiqué le cancer de la prostate,
on m'a simplement proposé l'ablation de la prostate. On ne
m’a pas proposé autre chose. On a parlé de différentes
autres choses, mais ça a été la seule solution,
absolument valable en ce qui me concerne. L’urologue me disait
: "Avec ça, vous n'aurez pas à revenir et vous
serez pratiquement libéré à 100%". Avec
le risque de l'incontinence et de l'impuissance, mais c'est un risque
qui est évalué à 10 ou 20%.
J'ai eu un premier avis, puis j'ai eu un deuxième avis, et
ils étaient absolument identiques, donc je ne pouvais pas
les mettre en doute. A cette époque-là, je ne savais
pas qu'il aurait peut-être été utile de voir
aussi un oncologue, mais ça je l'ai su beaucoup plus tard.
Les médecins disaient "Le plus vite vous opérez,
le mieux ça vaut". Donc j'ai pris la décision
de tenter l'opération. On m'a préparé pour
ça, et ça s'est bien déroulé. Le médecin
était absolument satisfait de son opération. Moi-même,
au niveau de l'incontinence, j'ai récupéré
en 3-4 mois à la suite d'un traitement de physiothérapie
qui s'appelle le biofeedback, qui est un traitement électrique
avec une stimulation active et passive. Ça m'a permis de
récupérer très bien à ce niveau-là.
Bon, j'ai récupéré à 95% parce qu'aujourd'hui,
si je tousse ou si je ris, j'ai quand même quelques petites
pertes, mais c'est tout à fait supportable. Au niveau de
l'impuissance, on me disait qu'il fallait attendre beaucoup plus
longtemps, et est arrivé le deuxième diagnostic qui
a fait que je n'ai jamais récupéré cette fonction-là.
Je suis en effet retourné chez mon médecin traitant,
qui m'a dit qu'après une opération de ce type, il
fallait faire quelques examens complémentaires, vérifier
l'état des poumons, tout le système digestif (donc
gastroscopie, coloscopie, et ces choses-là), et faire une
scintigraphie. Et cette scintigraphie a révélé
qu'il y avait une dispersion de métastases sur les côtes
et un petit peu sur une des clavicules. Résultat : j’ai
dû visiter un oncologue qui m'a dit : "Vous êtes
dans un cas tout à fait atypique" parce que j'avais
un PSA qui était extrêmement bas. Il était un
petit peu surpris. Il m'a alors proposé le traitement hormonal,
qui est en fait une sorte de castration chimique. Je suis donc passé
par là, et ça fait 4 ans que je vis avec ça,
avec quelques effets secondaires qui sont supportables. Il y a un
petit problème de bouffées de chaleur, et également
une prise de poids. Ça il faut faire très attention.
Commentaire du public
Premier
commentaire : Je suis un interniste généraliste.
Une remarque à propos de ce témoignage : on diagnostique
un cancer de la prostate et on précipite le patient dans
les bras ou dans les mains de l'urologue pour une intervention chirurgicale,
alors qu'il est évident qu'un bilan général
devait être fait avant parce que les décisions thérapeutiques
seront totalement différentes sur cette chirurgie ou autre,
selon si le bilan est positif ou négatif. Donc ça
c'est une situation qui m'a beaucoup surprise.
Second commentaire : en tant que médecin,
nous sommes surtout inquiets, si je puis dire, de certaines conséquences
du cancer de la prostate plutôt que du cancer lui-même
puisqu'il y a des tas de cancers qui évoluent lentement et
sans désagréments particuliers. En revanche, dès
qu'il y a des métastases osseuses, pour nous c'est une inquiétude
concernant la qualité de vie des patients. Parce que, dans
notre expérience, dès que vous avez à faire
à des métastases osseuses, en particulier des vertèbres,
vous avez des douleurs terribles et la qualité de vie des
patients se dégrade sensiblement.
Second
témoignage sur le cancer de la prostate
Jacky,
61 ans, technicien en construction, Villars-Sainte-Croix
La
prostate était normale. Je n'ai jamais souffert de me relever
la nuit, parce que la prostate était gonflée. Tout
était normal, il n'y avait pas du tout à s'inquiéter.
C'est vraiment le taux de PSA qui a déterminé que
j'avais un problème. Et les prélèvements se
sont avérés avec une tumeur cancéreuse, une
tumeur maligne. Et là, le spécialiste, l'urologue
m'a envoyé passer un examen, un scanner et une scintigraphie
dans une clinique de Lausanne où on m'a rassuré parce
qu'il n'y avait pas de métastases ailleurs qu'à la
prostate.
L’urologue était chirurgien, et il m'a dit alors :
"Monsieur, moi je suis chirurgien, mais je ne vais pas vous
opérer. On va vous guérir d'une autre manière,
bien entendu, si vous êtes d'accord, et je vais vous prescrire
des rayons".
Pour lui, comme c'était pris à temps, c'était
mieux de faire une radiothérapie parce qu'il y avait trop
d'effets secondaires, comme l'incontinence et l'impuissance, avec
une opération. Au vu de mon âge aussi, la radiothérapie
paraissait la meilleure solution (j'avais 60 ans et pour le médecin
j'étais encore très jeune). Le traitement a duré
7 semaines à raison de 5 jours par semaine, ce qui fait 35
séances de rayons.
L'urologue m'avait plus ou moins laissé penser que j'allais
avoir des tas d'effets secondaires comme me relever la nuit, avoir
des diarrhées, de la fatigue au bout du traitement, et peut-être
des brûlures. Et par chance, je n'ai pas connu tout ça.
Bon, quelques diarrhées mais insignifiantes. Des brûlures
au bout de 25 séances, mais avec des pommades, on a résolu
le problème. Donc vraiment, tout s'est très très
bien passé. Aucune fatigue, je n'ai pas arrêté
de travailler pendant tout ce temps. Même pour faire le jardin.
Donc je n'ai vraiment eu aucune contrainte physique. J'ai continué
à faire du ski, de la montagne…
Mais j’avais un ami qui parallèlement avait la même
maladie et pour qui ça ne s'est pas passé comme ça.
La première année, il était très très
mal, physiquement. Bon, le moral n'y était pas je pense.
Il reconnaît qu'il n'avait pas du tout le moral, et bien sûr
que dans pareil cas, ça n'aide pas. Il avait des effets secondaires,
c'est vrai. Il avait été brûlé à
la vessie, il avait été brûlé au rectum,
et bien sûr, il avait des incontinences, il souffrait aussi
parce qu'il avait des brûlures, donc pour lui, c'était
un petit calvaire qui a duré quand même quelques années.Et
il a eu des problèmes d'impuissance dernièrement.
Il est obligé de prendre du Viagra maintenant. Mais normalement,
il semblerait d'après les spécialistes que ce n'est
pas irréversible. Il m'a confirmé que ce n'était
pas irréversible, donc il a toujours l'espoir que ça
redevienne comme avant.
De mon côté, aucune incontinence, aucune brûlure,
vraiment le traitement a été parfait. Est-ce que la
technique en 5 ans a évolué ? Je ne sais pas. Certainement
puisque je n'ai pas eu d'effets secondaires, tout s'est très
bien passé. On espère que ça va durer, d'ailleurs.
Premier
témoignage sur le diagnostic précoce du cancer de la prostate
Paul,
68 ans, employé de commerce à la retraite, Genève
J'allais
tous les deux ans faire un check-up. Un check-up léger, avec
examen du sang, des selles et d'autres choses, le cœur, etc.,
et le toucher rectal qui était, chez ce médecin-là
en tout cas, tout à fait normal dans le check-up.
Je le faisais depuis une trentaine d’années, parce
que j'étais dans une entreprise et j'avais une assurance
qui nous donnait un bon tous les 2 ans pour faire un check-up. Donc
pendant une trentaine d'années les choses se sont passées
tout à fait normalement, et puis un jour on a constaté
qu'il y avait une petite grosseur, mais qu'il ne fallait pas s'inquiéter.
On m'a donné un médicament. Au check-up suivant, on
m'a dit "Oh, ça grossit un peu !", et puis effectivement,
j'avais un petit peu plus de peine à uriner, mais je n'avais
pas du tout de douleurs. Je n'avais aucun signe extérieur,
si ce n'est le problème urinaire… Ça prenait
plus de temps.
On a donc commencé par faire un nombre d'examens. Encore
une fois le sang, avec un PSA qui montait un tout petit peu, mais
qui n'était pas très, très élevé.
Ensuite on m’a m'envoyer chez un urologue pour des examens
complémentaires. L'examen complémentaire a été
la biopsie qui a révélé le cancer.
Second
témoignage sur le diagnostic précoce du cancer de la prostate
Jacky,
61 ans, technicien en construction, Villars-Sainte- Croix
Etant
donné que j'ai de l'hypertension, je contrôle chaque
année pour voir si ça reste dans la bonne voie. Donc
je dois prendre des médicaments pour l'hypertension, un petit
comprimé le matin. Pour le cholestérol aussi. Et puis
dernièrement bien entendu, comme ma mère avait du
diabète, on commence à avoir un petit peu de diabète,
mais très, très minime. C'était les seuls tests
que je faisais. Bien entendu avec un examen général,
quand même : prise de sang, poumons, contrôle complet.
Je ne faisais pas de test pour ma prostate ! C'est en découvrant
machinalement une émission de télévision sur
une chaîne allemande. Le sujet m'avait intéressé,
ou je n'avais peut-être rien à faire, j'ai suivi cette
émission. Et comme quelque temps après j'avais rendez-vous
avec mon généraliste, je lui en ai parlé, et
il m'a dit qu'effectivement c'était une bonne chose de contrôler
le taux de PSA parce que j'avais 59 ans. Donc on a fait l'examen,
on a contrôlé le taux de PSA qui s'est avéré
bien. Il n'y avait aucun problème. Et c'est seulement l'année
d'après qu'on a découvert que le taux de PSA avait
augmenté et qu'il fallait poursuivre les investigations.
S. ROSSEL : Quand votre médecin vous a dit : "On va
faire contrôler votre taux de PSA", est-ce qu'il vous
a tenu au courant de ce que ça impliquait comme traitement
après, si jamais on trouvait un cancer ?
Non parce qu'on n'en était pas là. Donc on allait
contrôler le taux de PSA, et s'il s'avérait positif,
on verrait après de toute façon. Ça ne sert
à rien de s'affoler avant d'avoir fait le test.
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