CANCER DE LA PROSTATE
Un dépistage utile ou inutile ?   (18.09.03)


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Témoignages diffusés pendant le débat

Premier témoignage sur le cancer de la prostate

Paul, 68 ans, employé de commerce, Genève

J'avais 63-64 ans. Il faut dire une chose : j'ai passé toute ma vie sans gros problème, et puis c'est arrivé, et je l'ai pris tout à fait normalement. Je n'ai pas paniqué. C'était une chose qu'on pouvait, à partir de 60 ans, absolument avoir. Je n'ai pas paniqué du tout, c'était presque dans l'ordre des choses.

Au moment où on a diagnostiqué le cancer de la prostate, on m'a simplement proposé l'ablation de la prostate. On ne m’a pas proposé autre chose. On a parlé de différentes autres choses, mais ça a été la seule solution, absolument valable en ce qui me concerne. L’urologue me disait : "Avec ça, vous n'aurez pas à revenir et vous serez pratiquement libéré à 100%". Avec le risque de l'incontinence et de l'impuissance, mais c'est un risque qui est évalué à 10 ou 20%.

J'ai eu un premier avis, puis j'ai eu un deuxième avis, et ils étaient absolument identiques, donc je ne pouvais pas les mettre en doute. A cette époque-là, je ne savais pas qu'il aurait peut-être été utile de voir aussi un oncologue, mais ça je l'ai su beaucoup plus tard.

Les médecins disaient "Le plus vite vous opérez, le mieux ça vaut". Donc j'ai pris la décision de tenter l'opération. On m'a préparé pour ça, et ça s'est bien déroulé. Le médecin était absolument satisfait de son opération. Moi-même, au niveau de l'incontinence, j'ai récupéré en 3-4 mois à la suite d'un traitement de physiothérapie qui s'appelle le biofeedback, qui est un traitement électrique avec une stimulation active et passive. Ça m'a permis de récupérer très bien à ce niveau-là. Bon, j'ai récupéré à 95% parce qu'aujourd'hui, si je tousse ou si je ris, j'ai quand même quelques petites pertes, mais c'est tout à fait supportable. Au niveau de l'impuissance, on me disait qu'il fallait attendre beaucoup plus longtemps, et est arrivé le deuxième diagnostic qui a fait que je n'ai jamais récupéré cette fonction-là. Je suis en effet retourné chez mon médecin traitant, qui m'a dit qu'après une opération de ce type, il fallait faire quelques examens complémentaires, vérifier l'état des poumons, tout le système digestif (donc gastroscopie, coloscopie, et ces choses-là), et faire une scintigraphie. Et cette scintigraphie a révélé qu'il y avait une dispersion de métastases sur les côtes et un petit peu sur une des clavicules. Résultat : j’ai dû visiter un oncologue qui m'a dit : "Vous êtes dans un cas tout à fait atypique" parce que j'avais un PSA qui était extrêmement bas. Il était un petit peu surpris. Il m'a alors proposé le traitement hormonal, qui est en fait une sorte de castration chimique. Je suis donc passé par là, et ça fait 4 ans que je vis avec ça, avec quelques effets secondaires qui sont supportables. Il y a un petit problème de bouffées de chaleur, et également une prise de poids. Ça il faut faire très attention.


Commentaire du public


Premier commentaire : Je suis un interniste généraliste. Une remarque à propos de ce témoignage : on diagnostique un cancer de la prostate et on précipite le patient dans les bras ou dans les mains de l'urologue pour une intervention chirurgicale, alors qu'il est évident qu'un bilan général devait être fait avant parce que les décisions thérapeutiques seront totalement différentes sur cette chirurgie ou autre, selon si le bilan est positif ou négatif. Donc ça c'est une situation qui m'a beaucoup surprise.

Second commentaire : en tant que médecin, nous sommes surtout inquiets, si je puis dire, de certaines conséquences du cancer de la prostate plutôt que du cancer lui-même puisqu'il y a des tas de cancers qui évoluent lentement et sans désagréments particuliers. En revanche, dès qu'il y a des métastases osseuses, pour nous c'est une inquiétude concernant la qualité de vie des patients. Parce que, dans notre expérience, dès que vous avez à faire à des métastases osseuses, en particulier des vertèbres, vous avez des douleurs terribles et la qualité de vie des patients se dégrade sensiblement.


Second témoignage sur le cancer de la prostate

Jacky, 61 ans, technicien en construction, Villars-Sainte-Croix

La prostate était normale. Je n'ai jamais souffert de me relever la nuit, parce que la prostate était gonflée. Tout était normal, il n'y avait pas du tout à s'inquiéter. C'est vraiment le taux de PSA qui a déterminé que j'avais un problème. Et les prélèvements se sont avérés avec une tumeur cancéreuse, une tumeur maligne. Et là, le spécialiste, l'urologue m'a envoyé passer un examen, un scanner et une scintigraphie dans une clinique de Lausanne où on m'a rassuré parce qu'il n'y avait pas de métastases ailleurs qu'à la prostate.

L’urologue était chirurgien, et il m'a dit alors : "Monsieur, moi je suis chirurgien, mais je ne vais pas vous opérer. On va vous guérir d'une autre manière, bien entendu, si vous êtes d'accord, et je vais vous prescrire des rayons".

Pour lui, comme c'était pris à temps, c'était mieux de faire une radiothérapie parce qu'il y avait trop d'effets secondaires, comme l'incontinence et l'impuissance, avec une opération. Au vu de mon âge aussi, la radiothérapie paraissait la meilleure solution (j'avais 60 ans et pour le médecin j'étais encore très jeune). Le traitement a duré 7 semaines à raison de 5 jours par semaine, ce qui fait 35 séances de rayons.

L'urologue m'avait plus ou moins laissé penser que j'allais avoir des tas d'effets secondaires comme me relever la nuit, avoir des diarrhées, de la fatigue au bout du traitement, et peut-être des brûlures. Et par chance, je n'ai pas connu tout ça. Bon, quelques diarrhées mais insignifiantes. Des brûlures au bout de 25 séances, mais avec des pommades, on a résolu le problème. Donc vraiment, tout s'est très très bien passé. Aucune fatigue, je n'ai pas arrêté de travailler pendant tout ce temps. Même pour faire le jardin. Donc je n'ai vraiment eu aucune contrainte physique. J'ai continué à faire du ski, de la montagne…

Mais j’avais un ami qui parallèlement avait la même maladie et pour qui ça ne s'est pas passé comme ça. La première année, il était très très mal, physiquement. Bon, le moral n'y était pas je pense. Il reconnaît qu'il n'avait pas du tout le moral, et bien sûr que dans pareil cas, ça n'aide pas. Il avait des effets secondaires, c'est vrai. Il avait été brûlé à la vessie, il avait été brûlé au rectum, et bien sûr, il avait des incontinences, il souffrait aussi parce qu'il avait des brûlures, donc pour lui, c'était un petit calvaire qui a duré quand même quelques années.Et il a eu des problèmes d'impuissance dernièrement. Il est obligé de prendre du Viagra maintenant. Mais normalement, il semblerait d'après les spécialistes que ce n'est pas irréversible. Il m'a confirmé que ce n'était pas irréversible, donc il a toujours l'espoir que ça redevienne comme avant.

De mon côté, aucune incontinence, aucune brûlure, vraiment le traitement a été parfait. Est-ce que la technique en 5 ans a évolué ? Je ne sais pas. Certainement puisque je n'ai pas eu d'effets secondaires, tout s'est très bien passé. On espère que ça va durer, d'ailleurs.

Premier témoignage sur le diagnostic précoce du cancer de la prostate

Paul, 68 ans, employé de commerce à la retraite, Genève

J'allais tous les deux ans faire un check-up. Un check-up léger, avec examen du sang, des selles et d'autres choses, le cœur, etc., et le toucher rectal qui était, chez ce médecin-là en tout cas, tout à fait normal dans le check-up.

Je le faisais depuis une trentaine d’années, parce que j'étais dans une entreprise et j'avais une assurance qui nous donnait un bon tous les 2 ans pour faire un check-up. Donc pendant une trentaine d'années les choses se sont passées tout à fait normalement, et puis un jour on a constaté qu'il y avait une petite grosseur, mais qu'il ne fallait pas s'inquiéter. On m'a donné un médicament. Au check-up suivant, on m'a dit "Oh, ça grossit un peu !", et puis effectivement, j'avais un petit peu plus de peine à uriner, mais je n'avais pas du tout de douleurs. Je n'avais aucun signe extérieur, si ce n'est le problème urinaire… Ça prenait plus de temps.

On a donc commencé par faire un nombre d'examens. Encore une fois le sang, avec un PSA qui montait un tout petit peu, mais qui n'était pas très, très élevé. Ensuite on m’a m'envoyer chez un urologue pour des examens complémentaires. L'examen complémentaire a été la biopsie qui a révélé le cancer.


Second témoignage sur le diagnostic précoce du cancer de la prostate

Jacky, 61 ans, technicien en construction, Villars-Sainte- Croix

Etant donné que j'ai de l'hypertension, je contrôle chaque année pour voir si ça reste dans la bonne voie. Donc je dois prendre des médicaments pour l'hypertension, un petit comprimé le matin. Pour le cholestérol aussi. Et puis dernièrement bien entendu, comme ma mère avait du diabète, on commence à avoir un petit peu de diabète, mais très, très minime. C'était les seuls tests que je faisais. Bien entendu avec un examen général, quand même : prise de sang, poumons, contrôle complet.

Je ne faisais pas de test pour ma prostate ! C'est en découvrant machinalement une émission de télévision sur une chaîne allemande. Le sujet m'avait intéressé, ou je n'avais peut-être rien à faire, j'ai suivi cette émission. Et comme quelque temps après j'avais rendez-vous avec mon généraliste, je lui en ai parlé, et il m'a dit qu'effectivement c'était une bonne chose de contrôler le taux de PSA parce que j'avais 59 ans. Donc on a fait l'examen, on a contrôlé le taux de PSA qui s'est avéré bien. Il n'y avait aucun problème. Et c'est seulement l'année d'après qu'on a découvert que le taux de PSA avait augmenté et qu'il fallait poursuivre les investigations.

S. ROSSEL : Quand votre médecin vous a dit : "On va faire contrôler votre taux de PSA", est-ce qu'il vous a tenu au courant de ce que ça impliquait comme traitement après, si jamais on trouvait un cancer ?

Non parce qu'on n'en était pas là. Donc on allait contrôler le taux de PSA, et s'il s'avérait positif, on verrait après de toute façon. Ça ne sert à rien de s'affoler avant d'avoir fait le test.



     
     


   
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