RATIONNEMENT DES SOINS
Peut-on tout offrir à tout le monde ?
(02.03.06)


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EN QUELQUES MOTS

ET QUELQUES CHIFFRES

    

  • Depuis une vingtaine d’années, les coûts de la santé explosent. Leur taux de croissance est 2 à 3 fois supérieur à celui du produit intérieur brut (PIB). Cette montée en flèche concerne tous les pays industrialisés. La Suisse, qui se situe au 2ème rang mondial derrière les Etats-Unis, a consacré en 2004 11,5% de son PIB à la santé contre 6,3% en 1980. (voir figure ci-jointe).
  • Les ressources n’étant pas illimitées, les premiers efforts pour tenter de limiter les coûts consistent à rationaliser les systèmes de santé : meilleure utilisation des services de santé, production de guide-lines pour la pratique médicale, développement de la médecine fondée sur les preuves, etc.
  • De nombreux spécialistes cependant estiment que, dans les faits, ces efforts de rationalisation coexistent avec des phénomènes de rationnement le plus souvent cachés ou implicites.
  • Dans ce contexte, le terme de rationnement se réfère à la façon de distribuer des ressources insuffisantes pour faire face à tous les besoins. Le rationnement peut être explicite et/ou implicite (ou caché).
  • Les mécanismes pouvant induire un rationnement implicite des soins sont connus : introduction de financements forfaitaires, abaissement de l’offre de soins en dessous de la demande, voire des besoins, dissuasion de la demande, etc.
  • Par sa nature, le rationnement implicite n’est pas précisément quantifiable. Il s’applique au cas par cas, de façon non-dite, sans systématique, ni légitimité démocratique, mais avec l’avantage d’une certaine souplesse conforme à la pratique clinique.
  • Le rationnement explicite est basé sur des critères connus de tous et communiqués ouvertement. Il n’existe que deux exemples dans le monde où des systèmes de rationnement explicite ont été mis en place à ce jour, et encore à une échelle très réduite.
  • Dans l’Etat américain de l’Oregon, dans le cadre du programme social prévu pour les personnes nécessiteuses, celles-ci ne sont remboursées que si le traitement prévu atteint un niveau de priorité suffisant sur une liste préétablie.
  • En Nouvelle-Zélande, la nécessité d’une intervention est quantifiée pour chaque patient. Mais le modèle, en raison de son extrême complexité, n’a pu être mis en place que pour cinq types d’opérations, comme celle de la cataracte par exemple.
     
   
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