| Témoignages
diffusés pendant le débat
Premier témoignage
Claudia,
22 ans, élève infirmière à Genève
J'avais 15 ans ; j'étais au cycle. A cette époque,
j'ai commencé par des petits régimes, coupe-faims
à la pharmacie. Parfois, je sautais des repas, et le jour
suivant, j'avais des crises de boulimie, parce que j'étais
affamée. Cela a donc commencé sans que je m'en rende
compte. Pendant 3 ans, j'ai perdu du poids, mais cela ne se voyait
pas, parce que 6-7 kilos, ce n'est pas énorme. C'est après
que j'ai commencé à perdre beaucoup de poids. Cela
s'est aggravé au moment où j'étais étudiante
comme infirmière. J'ai eu une sorte de surmenage ; j'avais
déjà des problèmes alimentaires, mais qui ne
se voyaient pas ; c'était par périodes. Un jour, j'ai
été surmenée par le travail pendant une période
de stage. Pour essayer de vaincre ce mal-être, j'ai tenté
de maîtriser ma nourriture. Comme je n'arrivais déjà
pas à maîtriser mes émotions et ma vie, je me
suis dit : " Je vais contrôler ce que je mange, je vais
contrôler mon corps. " Je mangeais une fois par jour
un repas. Le jour d'après je mangeais peut-être normalement.
Plus le temps passait et moins je mangeais. C'était devenu
un cercle vicieux, un peu comme la drogue : on commence tout doucement
jusqu'à la déchéance totale.
Avec mes parents, cela se passait très mal parce que j'étais
très agressive, très nerveuse, stressée, et
eux ne comprenaient pas. De mon côté, je ne communiquais
pas avec eux. Je disais qu'ils ne comprenaient pas, donc ça
ne servait à rien que je leur explique. Ils ne se doutaient
de rien par rapport à la nourriture, car j'étais absente
la journée, et le soir je mangeais un petit peu en prétendant
que je n'avais pas très faim, que j'avais trop mangé
à midi ou que j'avais goûté. Ils ne se rendaient
donc pas compte, parce que j'étais très studieuse,
et je m'enfermais dans ma chambre pour étudier pendant des
heures jusqu'à tard le soir. Ils ne pensaient donc pas à
s'inquiéter et, en plus, je les voyais peu, environ une demi-heure
par jour à table.
La grande chute de poids a commencé en avril 2000 ; en juillet
2000, je pesais 34 kilos. Pour moi, il était hors de question
que j'entre à l'hôpital, car pour moi, c'était
comme la prison. Je ne voulais surtout pas être enfermée.
Le fait d'être enfermée dans une chambre sans activité
physique, le fait de devoir rester en place me rendait folle. Je
me disais : " Je vais guérir toute seule, demain je
mange ". Mais j'ai commencé à avoir des troubles
de la vue et de l'ouïe. Cela ne m'inquiétait pas vraiment.
Ce qui m'inquiétait, c'était mon poids, mon physique
et rien d'autre. Mais mon ami a commencé à s'inquiéter
et est allé se renseigner auprès d'un médecin
psychiatre à l'Hôpital cantonal. Ce médecin
a dit que c'était une fonte musculaire. Mon ami m'a fait
un peu peur en me disant que j'allais mourir si je n'entrais pas
à l'hôpital. J'ai alors eu très peur et je suis
rentrée volontairement à l'Hôpital.
J'y suis restée six mois. Les trois premiers mois, c'était
la désintoxication. L'horreur. J'ai été isolée
pendant dix jours, sans téléphone ni visite. J'avais
juste une télévision dans ma chambre et la nourriture
devant moi. Au début, je suis restée au lit parce
que j'étais trop affaiblie pour faire quoi que ce soit. J'étais
tellement faible que c'étaient les soignants qui venaient
me retourner dans mon lit.. Je disais : " Je suis fatiguée,
mais je ne suis pas malade ". Pendant trois mois, on m'a nourrie.
Après, il y a eu des petits compromis : " Si tu prends
du poids, tu pourras sortir sur la terrasse prendre l'air ".
Puis j'ai eu des visites, j'ai pu aller à la cafétéria
de l'hôpital, et ainsi de suite. Et j'ai repris du poids.
Quand je suis sortie, je ne suis pas rentrée chez mes parents.
J'ai décidé d'aller vivre avec mon ami, parce que
c'était trop dur de retourner vivre dans le milieu familial.
J'avais peur de rechuter. J'avais besoin qu'on prenne soin de moi.
Mes parents le font, mais pas comme je le souhaite. Je sais que
si je retourne à la maison, je vais chercher à attirer
leur attention par l'anorexie, car je n'ai pas d'autre moyen d'attirer
leur attention. Comme il n'y a pas de communication, j'ai peur de
me venger à nouveau sur moi. Je ne suis pas encore guérie
totalement, je suis encore suivie par un psychiatre une fois par
semaine. Chaque jour le repas est un combat. Comme je le disais
à l'hôpital, l'anorexie n'est plus dans ma chambre,
mais elle est dans le couloir, elle m'attend. Moi, j'en parle comme
si c'était une personne qui est en moi. J'ai l'impression
qu'elle est derrière la porte, qu'elle m'attend. Elle n'est
pas encore partie totalement de moi.
Second
témoignage
Judith,
22 ans, barmaid à Genève
Assez tôt, j'ai eu des problèmes avec mon corps : j'ai
eu une idée un peu déformée de mon corps, je
me voyais trop grosse alors que je ne l'étais pas. Les origines
sont familiales : les membres de ma famille ne sont pas très
minces et cela a toujours été une angoisse. Mon père,
qui était quand même fort, a toujours eu cette angoisse
de prendre du poids ; il a toujours fait des régimes où
il se privait pendant 8 ou 10 mois, puis il reprenait le poids perdu
en 2 mois. J'ai hérité de cette angoisse de prendre
du poids, ce qui fait que j'ai commencé à faire un
régime dès l'âge de 10 ans. Depuis ce moment,
je ne me suis plus jamais vraiment laissée aller ; je ne
me suis pas privée, mais je faisais déjà attention.
J'ai pris cette habitude de scruter mon corps, de faire le détail,
de voir ce qui n'allait pas. Ce premier régime a peut-être
été l'élément détonateur pour
la suite.
J'avais environ 14 ans. J'étais avec ma sur et une
amie à un repas sympa entre copines. Je suis sortie de table
pour aller aux toilettes simplement. J'étais vraiment trop
lourde, physiquement mal, j'avais envie de vomir parce que j'avais
trop mangé ; j'ai vomi et j'ai senti une sorte de déclic
dans ma tête. Je me suis dit : " C'est génial,
à partir de maintenant, je peux manger ce que je veux sans
risquer de prendre du poids ", au lieu de me dire : "
Zut, j'aurais dû manger un petit peu moins. ". C'est
ça qui est monstrueux : au début, je me suis dit :
" Chouette, c'est génial comme découverte ! ".
Après, je me suis fait vomir de plus en plus souvent, car
j'ai porté un regard de plus en plus critique sur mon corps,
et je me suis sentie de plus en plus mal après les repas.
J'avais toujours l'impression d'avoir trop mangé, donc les
vomissements devenaient beaucoup plus réguliers.
Je ne sais pas à quel moment j'ai fait la première
crise en tant que telle, c'est-à-dire la démarche
volontaire de me gaver de nourriture, puis de vomir après.
Cela s'est fait logiquement. J'avais mis un pied dans une spirale
qui ne pouvait que s'aggraver. Je suis tombée très
bas dans la maladie. Au début, c'était une crise journalière,
puis j'en suis arrivée à avoir jusqu'à sept
crises par jour. Ces crises étaient une sorte de transe,
un peu comme une crise de manque pour une personne dépendante
à une drogue : on décroche psychologiquement du monde
et on se focalise sur la nourriture. A partir de ce moment-là,
il y a cette obsession de se remplir jusqu'à ne plus pouvoir
respirer pour aller vomir ensuite. Une crise dure environ deux heures
du début à la fin d'une crise, parfois plus si l'on
décide de structurer sa crise, en décidant des aliments
que l'on va manger. J'ai parfois fait la cuisine pendant presque
une heure, parce que je m'étais focalisée sur certains
aliments qui demandaient une préparation. A ce moment-là,
j'entrais déjà en crise, je commençais déjà
à grignoter parce que je savais que tout allait partir. Je
restais calme pendant la préparation, mais on ne pouvait
plus me parler. C'est pour ça que je parle de transe, car
j'étais dans un état où l'on ne pouvait plus
communiquer avec moi.
Mes aliments de crise ont beaucoup été les pâtes.
Cela pouvait être par exemple 500 grammes de pâtes,
une demi-plaque de beurre, deux boîtes de thon, un paquet
de biscuits, un litre de lait, et peut-être encore une ou
deux tartines si vraiment. Les gens ne peuvent pas s'imaginer, parce
que c'était des quantités de nourriture absolument
démentielles. Je vivais chez mes parents, mais j'étais
tellement déconnectée, les gens qui vivaient autour
de moi vous diront que c'était l'enfer. Pour être honnête,
je ne me souviens pas d'avoir vécu avec qui que ce soit sinon
avec la bouffe. Si vous comptez 2 heures par crise, à raison
de sept crises par jour, ça veut dire que vous y passez 14
heures. Je me levais le matin en pensant "bouffe" et j'allais
me coucher après avoir vomi pour la dernière fois.
Donc, vous y passez la journée. Ma journée était
une longue suite de ces états de transe pendant lesquels
je ne voyais personne. Je savais que j'étais malade, que
je n'étais pas heureuse évidemment, c'est une souffrance
inimaginable, mais j'avais repris des cours pour essayer de restructurer
les choses.
J'ai continué à avoir des crises de boulimie, puis
j'ai enchaîné avec des périodes d'anorexie.
J'ai eu une grosse perte de poids due à une bête grippe
intestinale. J'ai alors eu un corps maigre pour la première
fois, ce qui m'a fait basculer dans des périodes de privation
complète. Après, j'enchaînais les deux. Je ne
pesais plus grand chose et je n'arrivais plus à vivre normalement.
La plupart de mes cours avaient lieu au troisième étage,
je me rappelle. Monter les trois étages, c'était à
peu près la seule chose que j'arrivais encore à faire.
J'arrivais au cours et j'étais épuisée, à
bout de nerfs et de force, je dormais évidemment très
mal. Un jour, il y a eu trop, j'ai éclaté en sanglots
au milieu du cours, je suis rentrée chez moi et j'ai dit
à ma mère que je voulais me faire hospitaliser, parce
que je sentais que je ne pouvais plus. On pense à la mort
dans ces moments-là, parce que de toute façon on se
sent mort à l'intérieur. Je ne pouvais plus faire
un pas de plus. Je n'aurais pas pu tenir un jour de plus à
ce rythme-là.
Troisième
Témoignage
L'Ami
de Claudia
Je pense qu'il faut savoir une chose : il n'est pas facile d'entretenir
une relation d'amitié avec une personne anorexique, car ces
gens sont très tendancieux, vicieux et manipulateurs. C'est
très dur de discerner le vrai du faux par rapport à
leurs besoins. Quant à leur proposer des options pour se
divertir autres que la nourriture, il y a un stade où il
y a un seuil d'exclusion tellement fort qu'à part la bouffe,
à part le frigo, à part tout ce qui tourne autour
de la nourriture, plus rien ne compte, on ne peut plus rien faire.
Ils sont seuls, seuls, vraiment seuls. Il faut donc avoir beaucoup
de force, être très patient avec ces personnes. Mais
je pense qu'actuellement les gens n'ont plus de patience. Quand
ils voient qu'il y a un problème, ils ont tendance à
laisser tomber. L'anorexique se retrouve très vite seul.
Par ailleurs, à Genève, on est très mal entouré
à mon avis et expérience faite. Lors de l'hospitalisation
de mon amie, on nous a enlevé en l'occurrence Claudia, et
stop ! On n'a plus eu de contact avec les médecins et les
thérapeutes. On ne savait pas ce qui se passait, ce qui allait
se passer, ce qu'il fallait faire, et on nous dit : "Ecoutez,
il faut voir les choses, laisser passer. Il y a 10 jours d'exclusion."
Ces dix jours d'exclusion sont déjà difficiles pour
la patiente, mais pour la famille, qui ne sait absolument pas ce
qui se passe, c'est horrible, c'est une solitude atroce. Je pense
qu'il n'y a aucune structure qui prenne en charge ce genre de problèmes
et qui soit capable d'expliquer, parce quand vous vous trouvez face
à un problème d'anorexie, on vous dit :"Elle
ne mange pas.". Oui, mais encore ?. Ça fait 4 ans que
je vis avec Claudia, et pour que je me rende compte qu'il y avait
manipulation, il a fallu qu'elle atteigne 34 kilos. Quand je lui
disais qu'il faut manger, elle n'était pas intéressée.
J'ai frappé à des portes, mais on m'a envoyé
ballader : " Vous n'êtes pas concerné, amenez-nous
le sujet ! ". Mais le sujet, justement, n'en a rien à
faire. Il se sent en pleine forme. Alors que faire ? En plus, la
loi à Genève est telle qu'on peut faire hospitaliser
une personne, mais après 24 ou 48 heures, elle peut dire
: "Ecoutez, je vais bien, je voudrais quitter l'hôpital".
Que peut-on faire dans ce cas-là ?
A. PERROUD : Je tiens à dire que j'ai définitivement
renoncé à la parentectomie, je ne fais plus d'ablation
de la famille, et tout le monde s'en porte mieux, moi y compris.
J'ai moins de conflits avec eux, parce qu'après, quand on
a coupé un petit moment et qu'on reprend des contacts, ils
ont des tas de reproches à nous faire, et il vaut mieux qu'ils
nous les fassent tout de suite. Donc on travaille ensemble. A aucun
moment je n'écarte la famille. J'ai même poussé
le soucis de m'intéresser à la famille jusqu'à
leur faire un livre. J'ai écrit un bouquin que je donne aux
gens, qui a été publié en Suisse d'ailleurs,
. sur l'anorexie et la boulimie pour qu'ils comprennent à
la fois ce que sont ces maladies, comment on les voit, comment les
traiter, quel va être leur place et leur rôle, etc.
Je n'ai donc plus de conflits avec les familles, on s'entend très
bien avec eux. Je pense honnêtement que je me suis beaucoup
soulagé en même temps que j'ai soulagé mes patients.
Cette idée qui consistait à casser le lien familial
parce qu'on ne savait pas faire avec est une sottise à mon
sens. Il faut au contraire entretenir ce lien et aider les gens
à régler les problèmes internes à la
famille, bien plus que de simplement défaire le lien ou tenter
de le stériliser pendant quelque temps. C'est douloureux
pour tout le monde et, à mon avis, contre-productif.
P. SCHEIDEGGER : Moi, j'appelle ça du sevrage familial puisqu'on
est dans les conduites d'addiction. C'est vrai que l'hôpital
ne sait pas quoi faire de la famille, c'est un poids. Quand on a
la grippe, on soigne un patient, on ne soigne pas toute la famille,
ou alors ils viennent tour à tour. Mais je pense aussi que
cela peut aussi parfois protéger la famille. . Il est primordial
de pouvoir entendre la famille dans ses souffrances, mais je pense
que c'est une histoire d'infrastructures et de formation.
F. NARRING : Je voudrais insister sur les efforts de formation qui
doivent être faits. Beaucoup de professionnels de la santé
ne connaissent pas bien ni l'anorexie ni la boulimie, notamment
dans le domaine de la médecine des adolescents. Il y a donc
tout un effort à faire d'information et de formation.
Question
posée aux deux témoins pendant le débat
J'aimerais savoir si les deux personnes qui ont témoigné
ont réussi à connaître la cause, l'origine de
leur maladie ?
Claudia : J'ai fait 6 mois à l'hôpital, c'est vrai,
et la seule chose positive est que j'ai repris du poids. Mais je
ne suis pas guérie, car je ne connais toujours pas la cause
de mon anorexie. Chaque jour j'y pense et j'essaie de trouver, et
je me dis que tant que je ne saurai pas ce qui m'a rendue malade,
je ne serai jamais libérée et en sécurité.
Judith : Je ne sais pas pour Claudia, mais il n'y a pas que l'image
du corps qui est déformée. On est très exigeante
avec nous-même pour tout. Je crois que la cause avant toute
chose, ce n'est pas seulement qu'on n'aime pas notre corps, mais
très souvent, on ne s'aime pas nous-même de façon
générale. On a du mal à s'accepter de façon
générale, et après ça se traduit beaucoup
par le corps. On est dure avec soi-même pour tout, on n'est
jamais à la hauteur de rien, avec les amis on n'a jamais
fait ce qu'il fallait, on n'a jamais été assez brillante
en cours. C'est avant tout un manque d'amour pour nous-même,
ce n'est pas forcément le manque d'amour des autres pour
nous. Je ne sais pas ce qu'en pensent les médecins, mais
je pense que c'est une cause qui doit revenir très souvent
ce problème de manque d'amour pour soi-même et de respect
de soi-même. Détruire son corps, c'est une démonstration
extérieure d'un manque de respect vis-à-vis de soi-même.
Témoignage
posté sur le site internet - 20.05.2005
J'ai 17ans et l'année dernière à la même
époque j'étais à l\'hôpital... J'avais
donc 15 ans lorsque ça a commencé. J'étais
une adolescente pleine de vie et d'un coup j'ai comencé à
manger de moins en moins et je faisais beaucoup d'efforts physiques.
Mes parents n'ont pas compris tout de suite et pourtant j'ai essayé
de leurs dire mais il m'ont pas compris et donc j'ai continué
à dépérir. Je suis devenue agressive, je ne
parlais plus beaucoup, même plus avec mon copain ou ma meilleure
amie. A la fin mes parents me voyaient quand même trop maigre.
Ma mère a pris RDV chez le médecin et au début
on pensait tous que je pouvais m'en sortir toute seule, mais j'ai
pas réussi et je le savais. Alors j'ai été
hospitalisée pendant 1 mois.1 mois terrible et long... Au
début j'avais le droit au visite et tout mais je perdais
quand même du poids. Les infirmières croyaient que
je me faisais vomir alors que je n'y ai jamais songé. on
m'a alors privé de tout. J'ai repris du poids et j'avais
un petit quelque chose en échange. Il me restait plus qu'un
kilo a prendre et j'aurais pu sortir le jour même.Mais je
l'ai pas pris... Le trou noir... Mes parents ont alors decidé
de me sortir de là. Maintenant j'ai repris du poids mais
je ne me sens pas guérie car j'ai toujours peur de reprendre
du poids après les repas. J'entends une personne me parler
pour me dire de me dépenser... C'est horrible. Mais je ne
perd plus de poids. Si vous voulez me contacter pour discuter de
vos problèmes pareils que les miens je serais ravie.
Vous
pouvez me contacter par l'intermédiaire du forum@jeantet.ch
Témoignage
posté sur le site internet - 14.06.2006
J'ai commencé mes troubles alimentaires à l 'âge
de 17 ans. J 'avais de la peine à m 'accepter et peu confiance
en moi. Je me suis dit que maigrir pourrait me permettre de me sentir
mieux dans mon corps et de contrôler qqch. Alors j 'ai commencé
à maigrir en alternant périodes de restrictions et
de crises et puis après avoir perdu une dizaine de kilos
(de 56 à 44 pour 1m59) j 'ai commencé à me
reprendre en main. Mais tout à basculé en sept 2002,
gros conflit avec mon père, éclatement familial et
là j 'ai vraiment connu l ' enfer de la boulimie. Beaucoup
de crises par jours chez moi ou dans les lieux publics ou dans les
magasins et il fallait toujous trouver des toilettes à proximité.
Je me suis mise à voler de la nourriture dans les magasins,
à fumer (juin), à boire et à m 'automutiler.
J 'étais désespérée et je ne voulais
plus de cette vie qui n 'en ai pas une! J 'ai pensé à
la mort mais je ne voulais pas détruire la vie de mes proches.
Alors je suis là, je consulte un psy même si les crises
ont diminué la souffrance est toujours là au fond
de moi. 5 ans de souffrances ça commence à faire trop
long !!!
Vous
pouvez me contacter par l'intermédiaire du forum@jeantet.ch
Témoignage posté sur le site internet
- 26.09.2006
Tout a commencé lorsque j’avais 14 ans. C’étais
vers la fin de la troisieme, je pesais 48kg (1m65) mais je me trouvais
trop grosse. J’ai commencé un regime et j’ai
été ennivrée par cette sensation de legereté.
J’ai donc continué jusqu’a ce que je pese 38kg.
Je suis rentrée en seconde et la j’ai commencé
a avoir bcp de reflexion. J’etais blanche, tjrs fatiguée,
j’avais la tete qui tournais et je n’arrivais pas a
marcher plus loin que dans mon appartement. Je pleurais pour un
rien, j’etais tres susceptible et contrairement a certaines
je savais tres bien ce que j’avais: j’etais anorexique
et il fallais que je prenne du poids mais je n’y arrivais
pas. Je pleurais a chaque kg perdu et a chaque fois que je n’arraivais
pas a manger. Mais un jour, croyant faire un pas pr guerrir, je
me suis mise a changer mes 0% par des yaourts
a « la creme». Mais je n’ai pas «geré».Puis
j’ai recommancé a manger des biscuits
(par crise biensur), puis qques ! tps apres du fromage etc... jusqu’a
faire des crises indescriptible. J’altrenais avec des periodes
de jeûne et hyperactivité intense mais j’avais
pris bcp de poids. J’avais une attitude execrable. A table
je ne mangeais rien mais apres je cherchais partout dans la maison
ou se trouvais la nvlle «cachette» a biscuit. C’est
a cette periode la ou j’ai decouvert les laxatifs et commencé
a me faire vomir.
Je
suis arrivée a 53 kg. C’étais si insuportable
que j’ai demandé a etre hospitalisée. Je suis
partie dans une clinique et y suis restée 4 mois en tout
(dont trois semaines d’isolement). Il s’agissais d’un
systeme de contrat. J’y est vecu l’experience dont je
me rapellerais le plus dans ma jeune vie car elle m’a permis
de mûrir, d’apprendre bcp sur moi meme, sur les raisons
de mon mal etre. Je pensais meme etre guerrie mais une fois rentrée
chez moi j’ai recommancé a reduire petit a petit mon
alimentation et suis retombée a 44kg, poids auquel je me
suis stabilisée. J’etais tres malheureuse et pleurais
souvent malgres le fait que j’avais ENFIN ce que je voulais:
ne plus faire de crise. J’avais pris l’habitude de bcp
reflechir sur moi meme a la clinique et j’ai continué
a faire ca chez moi. Un jour j’ai peté un cable comme
on dis, je me suis dis que j’etais malheurese et qu’il
fallais que je retourne a l’hopital. Alors, comme pour justifier
cela, j’ai fais une crise et la clinique m’as prise
trois jours apres. Seulement contrairement a la premiere fois, je
vis tres male cette hospitalisation et je decide donc d’y
partir rapidement. Mes les crises sont revenues, je me faisais tantot
vomir, tantot je prenais des laxtaifs mais je prenais du poids et
je suis arrivais a 50kg. Puis je me suis mise a vomir systematiquement
mes crises tt en reduisant leur frequence. Je suis arrivée
a 42kg en pensant que j’etais sur la voie de la guerison.
J’etais en terminale et je suis allée vivre chez l’habitant
pr me separer de ma famille car les relations étaient tres
tendu. Je ne sais toujours pas pourquoi, qques moi apres cet enmenagement
je me suis mise a refaire des crises de maniere tres tres intense.
Je ne pouvais plus
vomir car la tuyauterie ancienne de l’appartement ou je vivais
ne resistais pas a mes regurgitations et comme je n’etais
pas chez moi, je ne pouvais pas me permettre certaines choseS. Alors
j’ai enormement grossis et suis vraiment tombée en
depression, j’etais si mal que je me tuais ! a petit feu avec
des laxtaifs (jusqu’a 40 cachets par jour des plus forts laxatifs
que j’avais trouvé) et un jour j’ai fais une
TS. Je me suis «reveillé» une semaine apres sous
perfusion a l’hopital et devant mon etat, je me suis promise
d’arreter ces «conneries».
3 semaines apres je recommancais ces crises et je suis partie a
ma demnade et contre l’avis de mes proches en HP trois semaines.
C’est horrible ce qu’il peut se passer la bas et, fidele
a ma sensibilité, j’ai été plus meurtie
de voire ces gens si proches de la folie que je suis rentrée
chez moi encore plus mal. Entre temps je suis retournée vivre
chez ma mere. Je me suis remise a vomir mes crises mais elles etainet
si nombreuses que mon poids stagnaient. Seulement j’atais
tres tres male, je pesais 60 kg et l’enfer de ma vie etais
ce corps que je ne suportais pas. J’ai changé de psy
et la personne que j’ai rencontrais m’a bcp aidée.
J’ai obtenu mon bac S malgres toutes ces hospitalisations
et tout ! les cours que je sechais pr criser. J’avais 17 ans
et ai enmenagé dans un petit studio car je rentrais a la
fac. J’ai continuais sur le meme schema: 3/4 crises par semaines
que je vomissais et le reste des repas leger.
Aujourd’hui
j’ai 18 ans, je suis en seconde année de fac. Je pese
66kg et le systeme de «croisiere» que j’avais
trouvé l’an dernier m’est tres dificile a garder.
Je vomis chaque crise mais je me sens obligée de remanger
par dessus plein de cochonneries. Je suis tres male
dans mon corps meme si j’essaye de m’accepter comme
cela. J’ai fais du chemin, je pense savoir pourquoi je suis
malade: je me suis lgtps sentie coupable de l’alcoolisme de
mon pere. J’ai souffert de se violance et de sa perversité
et certaines de ses actes m’on detruite. J’ai voulu
prendre sa souffrance pr le guerir mais j’ai retourné
celle ci contre moi. J’ai aussi bcp souffert de la boulimie
vomitive de ma mere. Elle mangeais vomissais de 19H a 1H du matin
tt les jours et faisais ces crises devant moi et mon frere. Seulement
a 1H du matin etre reveillée par l’odeur et le bruit
du vomi de ma mere c’est dur a vivre. Je passe volontiers
certains details...
Mais
je ne comprends aujourd’hui pas pourquoi je ne m’en
sors pas. J’ai deployé tant d’energie pour m’en
sortir, tant de therapeute consulté, tant de mois en clinique,
tant de livre lu, tant de discussion pr mettre a plat les choses
avec mes proches. Je suis perdue en fait.
Par
ce que l’anorexie/boulimie c’est aussi ca. J’entends
svt dire qu’il suffit de trouver pourquoi on est malade et
que ensuite les choses rentrent dans l’odre. Ce n’est
pas tjrs vrai. Cette maladie, pr moi, c’est une bequille,
un moyen de survie que j’ai mis en place pour me defendre
de tt ce que je n’arrives pas a gerer dans ma vie: ma vie
sentimentale, l’estime de moi, ma vie sociale (meme si je
suis entourée d’amis formidables) etc... C’est
une multitude de facteurs qui rentrent en compte dans cette maladie
et tout mettre en ordre c’est trop difficile pr l’instant.
Inconsciement, je prefere me cacher encore un peu sous ces 20 kg
de trop. Alors actuellement j’attends avec patience le jour
ou je serais prete a guerrir. Et meme si cela est dementie par certaines
personnes je suis convaincue qu’il y a une dependance physique
que seul un exutoire peut remplacer.
Vous
pouvez me contacter par l'intermédiaire du forum@jeantet.ch
Témoignage
posté sur le site internet - 25.04.2007
Ma
vie est un enfer. Je ne sors aucune émotion. Je ne sais pas
le faire, ou plutôt je n'ai jamais pu les exprimer dans mon
enfance. J'ai grandi dans une secte, celle de mon grand-père.
Chaque fois qu'une émotion arrive, je me fais une crise de
bouffe. J'ai l'impression d'être un container, une poubelle
que je dois sans cesse remplir de nourriture. Me salir, me détruire,
me distroyer le corps, l'estomac. Plus j'ai mal au ventre à
en crever, plus je suis heureuse. Et j'ai tout le temps la gueule
de bois à cause de mon foie qui ramasse toute la merde. Souvent
je
me crois folle. C'est plus fort que moi, je ne vais jamais m'en
sortir, c'est un cercle infernal, cauchemardesque. Je suis mon propre
bourreau. J'ai eu un pédophile dans mon enfance et je crois
que tout à dérailler depuis qu'il m'a bousillée.
Je suis devenue obèse suite à ce pédophile.
Je suis en thérapie depuis une année mais c'est très
dur. Il a plein de choses qui vont mieux dans ma vie mais la boulimie
est pire... Pourquoi ??? Je cache à tout le monde les
drames que j'ai vécu dans ma vie. Je rigole alors que je
crève d'envie de pleurer mais rien ne sort jamais. Voilà,
c'est la première fois que j'écris sur le web alors
je vais m'arrêter là... et voir ce qui va se passer.
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Témoignage
posté sur le site internet - 19.06.2007
Bonjour
à toutes et à tous. Aujourd'hui j'ai 28 ans et cela
fais depuis plus de 10 ans que je souffre de boulimie. Aujourd'hui
je me dis qu'il est vraiment urgent que j'en parle, il faut que
je guérisse et vite car mon corps commence à le réclamer.
Tout a commencé quand j'avais 17 ans, une année vraiment
difficile, on avait déménagé en Afrique depuis
près de 2 ans, un pays magnifique, le Mozambique. J'ai eu
un peu de mal à m'y adapter car 2 nouvelles langues à
apprendre, un nouveau contexte que j'ai fini par beaucoup aimé.
Cependant, à 16 ans, un collègue de classe m'a tendu
un sacré piège; il avait gagné ma confiance
et jamais je n'aurais imaginé que cela arriverait. Il m'a
forcée à avoir un rapport sexuel avec lui alors que
j'étais vierge. C'était horrible pour moi car je vivais
dans la honte et la culpabilité suite à cela. Mes
relations avec mes parents étant très mauvaises je
ne leur en ai jamais parlé, je n'avais pas d'amis assez proches
pour en parler et je suis restée avec ce secret jusqu'il
y a 5 ans. Vivre avec ça sur le dos m'étais épouvantable,
le rapport avec mon corps a commencé à être
difficile, j'avais déjà peu d'estime pour moiet là
ça a carrément tout fait basculer.
Un
jour - six mois après cet événement - j'ai
chopé une gastro et ai vomi toute la nuit. Le sentiment de
bien-être et de soulagement en a été tellement
grand que je n'ai plus pu m'en débarrasser. Depuis ce temps,
je vomis très régulièrement, ma vie est très
perturbée depuis - un mari violent, drogué et acoolique
dont j'ai fini par divorcer - un avortement, des changements de
pays et mille déménagements, des déceptions
sentimentales et j'en passe. Toutes ces perturbations ne m'ont pas
aidée avec ma maladie. J'en ai parlé à quelques
personnes mais rien n'y fait. J'ai commencé des traitements
médicamenteux contre les crises qui les ont fait passées
mais que momentanément. J'ai fini par admettre ma maladie
à l'âge de 20 ans. J'ai eu une adorable petite fille
il y a 2 ans, ça n'a malheureusement pas marché avec
son père qui pourtant n'est pas le pire des mecs mais j'avait
juste la sensation qu'il ne comprenait pas mes besoins et mes crises.
Evidemment, comme toute malade qui se respecte, je me surcharge
d'un tas de trucs en me disant que cela va me permettre de mieux
lutter contre les crises, à part la fatigue et parfois la
frustration de ne pas tout réussir, ça ne change rien,
je continue. J'en ai parlé à mon ostéopathe
qui me soigne pour des maux de dos persistants. Elle pensait que
mon problème venait d'ailleurs alors de file en aiguille
de la discussion, j'ai fini par lui dire ce qui se passe et elle
m'a fait une morale comme il se doit. Cependant, je sait que ce
n'est pas le genre de trucs qui me fait réagir, et pourtant.
Aujour'dhui,
j'aimerais rencontrer des gens qui pourraient m'aider à me
comprendre. J'ai beau me dire que ma fille en vaut la peine et que
moi aussi, c'est plus fort que tout, c'est un démon dont
on ne se débarrasse pas. C'est vraiment un appel de détresse
et j'ai besoin que l'on m'aide, je l'admets, cela fait trop longtemps
que je souffre. Merci à tous ceux qui ont pris le temps de
me lire et j'espère pouvoir rentrer en contact avec des personnes
qui connaissent cette situation et qui peuvent m'aider.
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