ANOREXIE ET BOULIMIE
Quand faut-il s'inquiéter ?   (22.11.01)


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Témoignages diffusés pendant le débat

Premier témoignage

Claudia, 22 ans, élève infirmière à Genève

J'avais 15 ans ; j'étais au cycle. A cette époque, j'ai commencé par des petits régimes, coupe-faims à la pharmacie. Parfois, je sautais des repas, et le jour suivant, j'avais des crises de boulimie, parce que j'étais affamée. Cela a donc commencé sans que je m'en rende compte. Pendant 3 ans, j'ai perdu du poids, mais cela ne se voyait pas, parce que 6-7 kilos, ce n'est pas énorme. C'est après que j'ai commencé à perdre beaucoup de poids. Cela s'est aggravé au moment où j'étais étudiante comme infirmière. J'ai eu une sorte de surmenage ; j'avais déjà des problèmes alimentaires, mais qui ne se voyaient pas ; c'était par périodes. Un jour, j'ai été surmenée par le travail pendant une période de stage. Pour essayer de vaincre ce mal-être, j'ai tenté de maîtriser ma nourriture. Comme je n'arrivais déjà pas à maîtriser mes émotions et ma vie, je me suis dit : " Je vais contrôler ce que je mange, je vais contrôler mon corps. " Je mangeais une fois par jour un repas. Le jour d'après je mangeais peut-être normalement. Plus le temps passait et moins je mangeais. C'était devenu un cercle vicieux, un peu comme la drogue : on commence tout doucement jusqu'à la déchéance totale.
Avec mes parents, cela se passait très mal parce que j'étais très agressive, très nerveuse, stressée, et eux ne comprenaient pas. De mon côté, je ne communiquais pas avec eux. Je disais qu'ils ne comprenaient pas, donc ça ne servait à rien que je leur explique. Ils ne se doutaient de rien par rapport à la nourriture, car j'étais absente la journée, et le soir je mangeais un petit peu en prétendant que je n'avais pas très faim, que j'avais trop mangé à midi ou que j'avais goûté. Ils ne se rendaient donc pas compte, parce que j'étais très studieuse, et je m'enfermais dans ma chambre pour étudier pendant des heures jusqu'à tard le soir. Ils ne pensaient donc pas à s'inquiéter et, en plus, je les voyais peu, environ une demi-heure par jour à table.

La grande chute de poids a commencé en avril 2000 ; en juillet 2000, je pesais 34 kilos. Pour moi, il était hors de question que j'entre à l'hôpital, car pour moi, c'était comme la prison. Je ne voulais surtout pas être enfermée. Le fait d'être enfermée dans une chambre sans activité physique, le fait de devoir rester en place me rendait folle. Je me disais : " Je vais guérir toute seule, demain je mange ". Mais j'ai commencé à avoir des troubles de la vue et de l'ouïe. Cela ne m'inquiétait pas vraiment. Ce qui m'inquiétait, c'était mon poids, mon physique et rien d'autre. Mais mon ami a commencé à s'inquiéter et est allé se renseigner auprès d'un médecin psychiatre à l'Hôpital cantonal. Ce médecin a dit que c'était une fonte musculaire. Mon ami m'a fait un peu peur en me disant que j'allais mourir si je n'entrais pas à l'hôpital. J'ai alors eu très peur et je suis rentrée volontairement à l'Hôpital.

J'y suis restée six mois. Les trois premiers mois, c'était la désintoxication. L'horreur. J'ai été isolée pendant dix jours, sans téléphone ni visite. J'avais juste une télévision dans ma chambre et la nourriture devant moi. Au début, je suis restée au lit parce que j'étais trop affaiblie pour faire quoi que ce soit. J'étais tellement faible que c'étaient les soignants qui venaient me retourner dans mon lit.. Je disais : " Je suis fatiguée, mais je ne suis pas malade ". Pendant trois mois, on m'a nourrie. Après, il y a eu des petits compromis : " Si tu prends du poids, tu pourras sortir sur la terrasse prendre l'air ". Puis j'ai eu des visites, j'ai pu aller à la cafétéria de l'hôpital, et ainsi de suite. Et j'ai repris du poids.

Quand je suis sortie, je ne suis pas rentrée chez mes parents. J'ai décidé d'aller vivre avec mon ami, parce que c'était trop dur de retourner vivre dans le milieu familial. J'avais peur de rechuter. J'avais besoin qu'on prenne soin de moi. Mes parents le font, mais pas comme je le souhaite. Je sais que si je retourne à la maison, je vais chercher à attirer leur attention par l'anorexie, car je n'ai pas d'autre moyen d'attirer leur attention. Comme il n'y a pas de communication, j'ai peur de me venger à nouveau sur moi. Je ne suis pas encore guérie totalement, je suis encore suivie par un psychiatre une fois par semaine. Chaque jour le repas est un combat. Comme je le disais à l'hôpital, l'anorexie n'est plus dans ma chambre, mais elle est dans le couloir, elle m'attend. Moi, j'en parle comme si c'était une personne qui est en moi. J'ai l'impression qu'elle est derrière la porte, qu'elle m'attend. Elle n'est pas encore partie totalement de moi.


Second témoignage

Judith, 22 ans, barmaid à Genève

Assez tôt, j'ai eu des problèmes avec mon corps : j'ai eu une idée un peu déformée de mon corps, je me voyais trop grosse alors que je ne l'étais pas. Les origines sont familiales : les membres de ma famille ne sont pas très minces et cela a toujours été une angoisse. Mon père, qui était quand même fort, a toujours eu cette angoisse de prendre du poids ; il a toujours fait des régimes où il se privait pendant 8 ou 10 mois, puis il reprenait le poids perdu en 2 mois. J'ai hérité de cette angoisse de prendre du poids, ce qui fait que j'ai commencé à faire un régime dès l'âge de 10 ans. Depuis ce moment, je ne me suis plus jamais vraiment laissée aller ; je ne me suis pas privée, mais je faisais déjà attention. J'ai pris cette habitude de scruter mon corps, de faire le détail, de voir ce qui n'allait pas. Ce premier régime a peut-être été l'élément détonateur pour la suite.
J'avais environ 14 ans. J'étais avec ma sœur et une amie à un repas sympa entre copines. Je suis sortie de table pour aller aux toilettes simplement. J'étais vraiment trop lourde, physiquement mal, j'avais envie de vomir parce que j'avais trop mangé ; j'ai vomi et j'ai senti une sorte de déclic dans ma tête. Je me suis dit : " C'est génial, à partir de maintenant, je peux manger ce que je veux sans risquer de prendre du poids ", au lieu de me dire : " Zut, j'aurais dû manger un petit peu moins. ". C'est ça qui est monstrueux : au début, je me suis dit : " Chouette, c'est génial comme découverte ! ". Après, je me suis fait vomir de plus en plus souvent, car j'ai porté un regard de plus en plus critique sur mon corps, et je me suis sentie de plus en plus mal après les repas. J'avais toujours l'impression d'avoir trop mangé, donc les vomissements devenaient beaucoup plus réguliers.

Je ne sais pas à quel moment j'ai fait la première crise en tant que telle, c'est-à-dire la démarche volontaire de me gaver de nourriture, puis de vomir après. Cela s'est fait logiquement. J'avais mis un pied dans une spirale qui ne pouvait que s'aggraver. Je suis tombée très bas dans la maladie. Au début, c'était une crise journalière, puis j'en suis arrivée à avoir jusqu'à sept crises par jour. Ces crises étaient une sorte de transe, un peu comme une crise de manque pour une personne dépendante à une drogue : on décroche psychologiquement du monde et on se focalise sur la nourriture. A partir de ce moment-là, il y a cette obsession de se remplir jusqu'à ne plus pouvoir respirer pour aller vomir ensuite. Une crise dure environ deux heures du début à la fin d'une crise, parfois plus si l'on décide de structurer sa crise, en décidant des aliments que l'on va manger. J'ai parfois fait la cuisine pendant presque une heure, parce que je m'étais focalisée sur certains aliments qui demandaient une préparation. A ce moment-là, j'entrais déjà en crise, je commençais déjà à grignoter parce que je savais que tout allait partir. Je restais calme pendant la préparation, mais on ne pouvait plus me parler. C'est pour ça que je parle de transe, car j'étais dans un état où l'on ne pouvait plus communiquer avec moi.

Mes aliments de crise ont beaucoup été les pâtes. Cela pouvait être par exemple 500 grammes de pâtes, une demi-plaque de beurre, deux boîtes de thon, un paquet de biscuits, un litre de lait, et peut-être encore une ou deux tartines si vraiment. Les gens ne peuvent pas s'imaginer, parce que c'était des quantités de nourriture absolument démentielles. Je vivais chez mes parents, mais j'étais tellement déconnectée, les gens qui vivaient autour de moi vous diront que c'était l'enfer. Pour être honnête, je ne me souviens pas d'avoir vécu avec qui que ce soit sinon avec la bouffe. Si vous comptez 2 heures par crise, à raison de sept crises par jour, ça veut dire que vous y passez 14 heures. Je me levais le matin en pensant "bouffe" et j'allais me coucher après avoir vomi pour la dernière fois. Donc, vous y passez la journée. Ma journée était une longue suite de ces états de transe pendant lesquels je ne voyais personne. Je savais que j'étais malade, que je n'étais pas heureuse évidemment, c'est une souffrance inimaginable, mais j'avais repris des cours pour essayer de restructurer les choses.
J'ai continué à avoir des crises de boulimie, puis j'ai enchaîné avec des périodes d'anorexie. J'ai eu une grosse perte de poids due à une bête grippe intestinale. J'ai alors eu un corps maigre pour la première fois, ce qui m'a fait basculer dans des périodes de privation complète. Après, j'enchaînais les deux. Je ne pesais plus grand chose et je n'arrivais plus à vivre normalement. La plupart de mes cours avaient lieu au troisième étage, je me rappelle. Monter les trois étages, c'était à peu près la seule chose que j'arrivais encore à faire. J'arrivais au cours et j'étais épuisée, à bout de nerfs et de force, je dormais évidemment très mal. Un jour, il y a eu trop, j'ai éclaté en sanglots au milieu du cours, je suis rentrée chez moi et j'ai dit à ma mère que je voulais me faire hospitaliser, parce que je sentais que je ne pouvais plus. On pense à la mort dans ces moments-là, parce que de toute façon on se sent mort à l'intérieur. Je ne pouvais plus faire un pas de plus. Je n'aurais pas pu tenir un jour de plus à ce rythme-là.

Troisième Témoignage

L'Ami de Claudia


Je pense qu'il faut savoir une chose : il n'est pas facile d'entretenir une relation d'amitié avec une personne anorexique, car ces gens sont très tendancieux, vicieux et manipulateurs. C'est très dur de discerner le vrai du faux par rapport à leurs besoins. Quant à leur proposer des options pour se divertir autres que la nourriture, il y a un stade où il y a un seuil d'exclusion tellement fort qu'à part la bouffe, à part le frigo, à part tout ce qui tourne autour de la nourriture, plus rien ne compte, on ne peut plus rien faire. Ils sont seuls, seuls, vraiment seuls. Il faut donc avoir beaucoup de force, être très patient avec ces personnes. Mais je pense qu'actuellement les gens n'ont plus de patience. Quand ils voient qu'il y a un problème, ils ont tendance à laisser tomber. L'anorexique se retrouve très vite seul.

Par ailleurs, à Genève, on est très mal entouré à mon avis et expérience faite. Lors de l'hospitalisation de mon amie, on nous a enlevé en l'occurrence Claudia, et stop ! On n'a plus eu de contact avec les médecins et les thérapeutes. On ne savait pas ce qui se passait, ce qui allait se passer, ce qu'il fallait faire, et on nous dit : "Ecoutez, il faut voir les choses, laisser passer. Il y a 10 jours d'exclusion." Ces dix jours d'exclusion sont déjà difficiles pour la patiente, mais pour la famille, qui ne sait absolument pas ce qui se passe, c'est horrible, c'est une solitude atroce. Je pense qu'il n'y a aucune structure qui prenne en charge ce genre de problèmes et qui soit capable d'expliquer, parce quand vous vous trouvez face à un problème d'anorexie, on vous dit :"Elle ne mange pas.". Oui, mais encore ?. Ça fait 4 ans que je vis avec Claudia, et pour que je me rende compte qu'il y avait manipulation, il a fallu qu'elle atteigne 34 kilos. Quand je lui disais qu'il faut manger, elle n'était pas intéressée. J'ai frappé à des portes, mais on m'a envoyé ballader : " Vous n'êtes pas concerné, amenez-nous le sujet ! ". Mais le sujet, justement, n'en a rien à faire. Il se sent en pleine forme. Alors que faire ? En plus, la loi à Genève est telle qu'on peut faire hospitaliser une personne, mais après 24 ou 48 heures, elle peut dire : "Ecoutez, je vais bien, je voudrais quitter l'hôpital". Que peut-on faire dans ce cas-là ?

A. PERROUD : Je tiens à dire que j'ai définitivement renoncé à la parentectomie, je ne fais plus d'ablation de la famille, et tout le monde s'en porte mieux, moi y compris. J'ai moins de conflits avec eux, parce qu'après, quand on a coupé un petit moment et qu'on reprend des contacts, ils ont des tas de reproches à nous faire, et il vaut mieux qu'ils nous les fassent tout de suite. Donc on travaille ensemble. A aucun moment je n'écarte la famille. J'ai même poussé le soucis de m'intéresser à la famille jusqu'à leur faire un livre. J'ai écrit un bouquin que je donne aux gens, qui a été publié en Suisse d'ailleurs, . sur l'anorexie et la boulimie pour qu'ils comprennent à la fois ce que sont ces maladies, comment on les voit, comment les traiter, quel va être leur place et leur rôle, etc. Je n'ai donc plus de conflits avec les familles, on s'entend très bien avec eux. Je pense honnêtement que je me suis beaucoup soulagé en même temps que j'ai soulagé mes patients. Cette idée qui consistait à casser le lien familial parce qu'on ne savait pas faire avec est une sottise à mon sens. Il faut au contraire entretenir ce lien et aider les gens à régler les problèmes internes à la famille, bien plus que de simplement défaire le lien ou tenter de le stériliser pendant quelque temps. C'est douloureux pour tout le monde et, à mon avis, contre-productif.
P. SCHEIDEGGER : Moi, j'appelle ça du sevrage familial puisqu'on est dans les conduites d'addiction. C'est vrai que l'hôpital ne sait pas quoi faire de la famille, c'est un poids. Quand on a la grippe, on soigne un patient, on ne soigne pas toute la famille, ou alors ils viennent tour à tour. Mais je pense aussi que cela peut aussi parfois protéger la famille. . Il est primordial de pouvoir entendre la famille dans ses souffrances, mais je pense que c'est une histoire d'infrastructures et de formation.
F. NARRING : Je voudrais insister sur les efforts de formation qui doivent être faits. Beaucoup de professionnels de la santé ne connaissent pas bien ni l'anorexie ni la boulimie, notamment dans le domaine de la médecine des adolescents. Il y a donc tout un effort à faire d'information et de formation.

Question posée aux deux témoins pendant le débat


J'aimerais savoir si les deux personnes qui ont témoigné ont réussi à connaître la cause, l'origine de leur maladie ?
Claudia : J'ai fait 6 mois à l'hôpital, c'est vrai, et la seule chose positive est que j'ai repris du poids. Mais je ne suis pas guérie, car je ne connais toujours pas la cause de mon anorexie. Chaque jour j'y pense et j'essaie de trouver, et je me dis que tant que je ne saurai pas ce qui m'a rendue malade, je ne serai jamais libérée et en sécurité.
Judith : Je ne sais pas pour Claudia, mais il n'y a pas que l'image du corps qui est déformée. On est très exigeante avec nous-même pour tout. Je crois que la cause avant toute chose, ce n'est pas seulement qu'on n'aime pas notre corps, mais très souvent, on ne s'aime pas nous-même de façon générale. On a du mal à s'accepter de façon générale, et après ça se traduit beaucoup par le corps. On est dure avec soi-même pour tout, on n'est jamais à la hauteur de rien, avec les amis on n'a jamais fait ce qu'il fallait, on n'a jamais été assez brillante en cours. C'est avant tout un manque d'amour pour nous-même, ce n'est pas forcément le manque d'amour des autres pour nous. Je ne sais pas ce qu'en pensent les médecins, mais je pense que c'est une cause qui doit revenir très souvent ce problème de manque d'amour pour soi-même et de respect de soi-même. Détruire son corps, c'est une démonstration extérieure d'un manque de respect vis-à-vis de soi-même.

Témoignage posté sur le site internet - 20.05.2005
J'ai 17ans et l'année dernière à la même époque j'étais à l\'hôpital... J'avais donc 15 ans lorsque ça a commencé. J'étais une adolescente pleine de vie et d'un coup j'ai comencé à manger de moins en moins et je faisais beaucoup d'efforts physiques. Mes parents n'ont pas compris tout de suite et pourtant j'ai essayé de leurs dire mais il m'ont pas compris et donc j'ai continué à dépérir. Je suis devenue agressive, je ne parlais plus beaucoup, même plus avec mon copain ou ma meilleure amie. A la fin mes parents me voyaient quand même trop maigre. Ma mère a pris RDV chez le médecin et au début on pensait tous que je pouvais m'en sortir toute seule, mais j'ai pas réussi et je le savais. Alors j'ai été hospitalisée pendant 1 mois.1 mois terrible et long... Au début j'avais le droit au visite et tout mais je perdais quand même du poids. Les infirmières croyaient que je me faisais vomir alors que je n'y ai jamais songé. on m'a alors privé de tout. J'ai repris du poids et j'avais un petit quelque chose en échange. Il me restait plus qu'un kilo a prendre et j'aurais pu sortir le jour même.Mais je l'ai pas pris... Le trou noir... Mes parents ont alors decidé de me sortir de là. Maintenant j'ai repris du poids mais je ne me sens pas guérie car j'ai toujours peur de reprendre du poids après les repas. J'entends une personne me parler pour me dire de me dépenser... C'est horrible. Mais je ne perd plus de poids. Si vous voulez me contacter pour discuter de vos problèmes pareils que les miens je serais ravie.

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Témoignage posté sur le site internet - 14.06.2006
J'ai commencé mes troubles alimentaires à l 'âge de 17 ans. J 'avais de la peine à m 'accepter et peu confiance en moi. Je me suis dit que maigrir pourrait me permettre de me sentir mieux dans mon corps et de contrôler qqch. Alors j 'ai commencé à maigrir en alternant périodes de restrictions et de crises et puis après avoir perdu une dizaine de kilos (de 56 à 44 pour 1m59) j 'ai commencé à me reprendre en main. Mais tout à basculé en sept 2002, gros conflit avec mon père, éclatement familial et là j 'ai vraiment connu l ' enfer de la boulimie. Beaucoup de crises par jours chez moi ou dans les lieux publics ou dans les magasins et il fallait toujous trouver des toilettes à proximité. Je me suis mise à voler de la nourriture dans les magasins, à fumer (juin), à boire et à m 'automutiler. J 'étais désespérée et je ne voulais plus de cette vie qui n 'en ai pas une! J 'ai pensé à la mort mais je ne voulais pas détruire la vie de mes proches. Alors je suis là, je consulte un psy même si les crises ont diminué la souffrance est toujours là au fond de moi. 5 ans de souffrances ça commence à faire trop long !!!

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Témoignage posté sur le site internet - 26.09.2006
Tout a commencé lorsque j’avais 14 ans. C’étais vers la fin de la troisieme, je pesais 48kg (1m65) mais je me trouvais trop grosse. J’ai commencé un regime et j’ai été ennivrée par cette sensation de legereté. J’ai donc continué jusqu’a ce que je pese 38kg. Je suis rentrée en seconde et la j’ai commencé a avoir bcp de reflexion. J’etais blanche, tjrs fatiguée, j’avais la tete qui tournais et je n’arrivais pas a marcher plus loin que dans mon appartement. Je pleurais pour un rien, j’etais tres susceptible et contrairement a certaines je savais tres bien ce que j’avais: j’etais anorexique et il fallais que je prenne du poids mais je n’y arrivais pas. Je pleurais a chaque kg perdu et a chaque fois que je n’arraivais pas a manger. Mais un jour, croyant faire un pas pr guerrir, je me suis mise a changer mes 0% par des yaourts
a « la creme». Mais je n’ai pas «geré».Puis j’ai recommancé a manger des biscuits
(par crise biensur), puis qques ! tps apres du fromage etc... jusqu’a faire des crises indescriptible. J’altrenais avec des periodes de jeûne et hyperactivité intense mais j’avais pris bcp de poids. J’avais une attitude execrable. A table je ne mangeais rien mais apres je cherchais partout dans la maison ou se trouvais la nvlle «cachette» a biscuit. C’est a cette periode la ou j’ai decouvert les laxatifs et commencé a me faire vomir.

Je suis arrivée a 53 kg. C’étais si insuportable que j’ai demandé a etre hospitalisée. Je suis partie dans une clinique et y suis restée 4 mois en tout (dont trois semaines d’isolement). Il s’agissais d’un systeme de contrat. J’y est vecu l’experience dont je me rapellerais le plus dans ma jeune vie car elle m’a permis de mûrir, d’apprendre bcp sur moi meme, sur les raisons de mon mal etre. Je pensais meme etre guerrie mais une fois rentrée chez moi j’ai recommancé a reduire petit a petit mon alimentation et suis retombée a 44kg, poids auquel je me suis stabilisée. J’etais tres malheureuse et pleurais souvent malgres le fait que j’avais ENFIN ce que je voulais: ne plus faire de crise. J’avais pris l’habitude de bcp reflechir sur moi meme a la clinique et j’ai continué a faire ca chez moi. Un jour j’ai peté un cable comme on dis, je me suis dis que j’etais malheurese et qu’il fallais que je retourne a l’hopital. Alors, comme pour justifier cela, j’ai fais une crise et la clinique m’as prise trois jours apres. Seulement contrairement a la premiere fois, je vis tres male cette hospitalisation et je decide donc d’y partir rapidement. Mes les crises sont revenues, je me faisais tantot vomir, tantot je prenais des laxtaifs mais je prenais du poids et je suis arrivais a 50kg. Puis je me suis mise a vomir systematiquement mes crises tt en reduisant leur frequence. Je suis arrivée a 42kg en pensant que j’etais sur la voie de la guerison. J’etais en terminale et je suis allée vivre chez l’habitant pr me separer de ma famille car les relations étaient tres tendu. Je ne sais toujours pas pourquoi, qques moi apres cet enmenagement je me suis mise a refaire des crises de maniere tres tres intense. Je ne pouvais plus

vomir car la tuyauterie ancienne de l’appartement ou je vivais ne resistais pas a mes regurgitations et comme je n’etais pas chez moi, je ne pouvais pas me permettre certaines choseS. Alors j’ai enormement grossis et suis vraiment tombée en depression, j’etais si mal que je me tuais ! a petit feu avec des laxtaifs (jusqu’a 40 cachets par jour des plus forts laxatifs que j’avais trouvé) et un jour j’ai fais une TS. Je me suis «reveillé» une semaine apres sous perfusion a l’hopital et devant mon etat, je me suis promise d’arreter ces «conneries».
3 semaines apres je recommancais ces crises et je suis partie a ma demnade et contre l’avis de mes proches en HP trois semaines. C’est horrible ce qu’il peut se passer la bas et, fidele a ma sensibilité, j’ai été plus meurtie de voire ces gens si proches de la folie que je suis rentrée chez moi encore plus mal. Entre temps je suis retournée vivre chez ma mere. Je me suis remise a vomir mes crises mais elles etainet si nombreuses que mon poids stagnaient. Seulement j’atais tres tres male, je pesais 60 kg et l’enfer de ma vie etais ce corps que je ne suportais pas. J’ai changé de psy et la personne que j’ai rencontrais m’a bcp aidée. J’ai obtenu mon bac S malgres toutes ces hospitalisations et tout ! les cours que je sechais pr criser. J’avais 17 ans et ai enmenagé dans un petit studio car je rentrais a la fac. J’ai continuais sur le meme schema: 3/4 crises par semaines que je vomissais et le reste des repas leger.

Aujourd’hui j’ai 18 ans, je suis en seconde année de fac. Je pese 66kg et le systeme de «croisiere» que j’avais trouvé l’an dernier m’est tres dificile a garder. Je vomis chaque crise mais je me sens obligée de remanger par dessus plein de cochonneries. Je suis tres male
dans mon corps meme si j’essaye de m’accepter comme cela. J’ai fais du chemin, je pense savoir pourquoi je suis malade: je me suis lgtps sentie coupable de l’alcoolisme de mon pere. J’ai souffert de se violance et de sa perversité et certaines de ses actes m’on detruite. J’ai voulu prendre sa souffrance pr le guerir mais j’ai retourné celle ci contre moi. J’ai aussi bcp souffert de la boulimie vomitive de ma mere. Elle mangeais vomissais de 19H a 1H du matin tt les jours et faisais ces crises devant moi et mon frere. Seulement a 1H du matin etre reveillée par l’odeur et le bruit du vomi de ma mere c’est dur a vivre. Je passe volontiers certains details...

Mais je ne comprends aujourd’hui pas pourquoi je ne m’en sors pas. J’ai deployé tant d’energie pour m’en sortir, tant de therapeute consulté, tant de mois en clinique, tant de livre lu, tant de discussion pr mettre a plat les choses avec mes proches. Je suis perdue en fait.

Par ce que l’anorexie/boulimie c’est aussi ca. J’entends svt dire qu’il suffit de trouver pourquoi on est malade et que ensuite les choses rentrent dans l’odre. Ce n’est pas tjrs vrai. Cette maladie, pr moi, c’est une bequille, un moyen de survie que j’ai mis en place pour me defendre de tt ce que je n’arrives pas a gerer dans ma vie: ma vie sentimentale, l’estime de moi, ma vie sociale (meme si je suis entourée d’amis formidables) etc... C’est une multitude de facteurs qui rentrent en compte dans cette maladie et tout mettre en ordre c’est trop difficile pr l’instant. Inconsciement, je prefere me cacher encore un peu sous ces 20 kg de trop. Alors actuellement j’attends avec patience le jour ou je serais prete a guerrir. Et meme si cela est dementie par certaines personnes je suis convaincue qu’il y a une dependance physique que seul un exutoire peut remplacer.

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Témoignage posté sur le site internet - 25.04.2007

Ma vie est un enfer. Je ne sors aucune émotion. Je ne sais pas le faire, ou plutôt je n'ai jamais pu les exprimer dans mon enfance. J'ai grandi dans une secte, celle de mon grand-père. Chaque fois qu'une émotion arrive, je me fais une crise de bouffe. J'ai l'impression d'être un container, une poubelle que je dois sans cesse remplir de nourriture. Me salir, me détruire, me distroyer le corps, l'estomac. Plus j'ai mal au ventre à en crever, plus je suis heureuse. Et j'ai tout le temps la gueule de bois à cause de mon foie qui ramasse toute la merde. Souvent je

me crois folle. C'est plus fort que moi, je ne vais jamais m'en sortir, c'est un cercle infernal, cauchemardesque. Je suis mon propre bourreau. J'ai eu un pédophile dans mon enfance et je crois que tout à dérailler depuis qu'il m'a bousillée. Je suis devenue obèse suite à ce pédophile. Je suis en thérapie depuis une année mais c'est très dur. Il a plein de choses qui vont mieux dans ma vie mais la boulimie est pire... Pourquoi ???  Je cache à tout le monde les drames que j'ai vécu dans ma vie. Je rigole alors que je crève d'envie de pleurer mais rien ne sort jamais. Voilà, c'est la première fois que j'écris sur le web alors je vais m'arrêter là... et voir ce qui va se passer.

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Témoignage posté sur le site internet - 19.06.2007

Bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui j'ai 28 ans et cela fais depuis plus de 10 ans que je souffre de boulimie. Aujourd'hui je me dis qu'il est vraiment urgent que j'en parle, il faut que je guérisse et vite car mon corps commence à le réclamer. Tout a commencé quand j'avais 17 ans, une année vraiment difficile, on avait déménagé en Afrique depuis près de 2 ans, un pays magnifique, le Mozambique. J'ai eu un peu de mal à m'y adapter car 2 nouvelles langues à apprendre, un nouveau contexte que j'ai fini par beaucoup aimé. Cependant, à 16 ans, un collègue de classe m'a tendu un sacré piège; il avait gagné ma confiance et jamais je n'aurais imaginé que cela arriverait. Il m'a forcée à avoir un rapport sexuel avec lui alors que j'étais vierge. C'était horrible pour moi car je vivais dans la honte et la culpabilité suite à cela. Mes relations avec mes parents étant très mauvaises je ne leur en ai jamais parlé, je n'avais pas d'amis assez proches pour en parler et je suis restée avec ce secret jusqu'il y a 5 ans. Vivre avec ça sur le dos m'étais épouvantable, le rapport avec mon corps a commencé à être difficile, j'avais déjà peu d'estime pour moiet là ça a carrément tout fait basculer.

Un jour - six mois après cet événement - j'ai chopé une gastro et ai vomi toute la nuit. Le sentiment de bien-être et de soulagement en a été tellement grand que je n'ai plus pu m'en débarrasser. Depuis ce temps, je vomis très régulièrement, ma vie est très perturbée depuis - un mari violent, drogué et acoolique dont j'ai fini par divorcer - un avortement, des changements de pays et mille déménagements, des déceptions sentimentales et j'en passe. Toutes ces perturbations ne m'ont pas aidée avec ma maladie. J'en ai parlé à quelques personnes mais rien n'y fait. J'ai commencé des traitements médicamenteux contre les crises qui les ont fait passées mais que momentanément. J'ai fini par admettre ma maladie à l'âge de 20 ans. J'ai eu une adorable petite fille il y a 2 ans, ça n'a malheureusement pas marché avec son père qui pourtant n'est pas le pire des mecs mais j'avait juste la sensation qu'il ne comprenait pas mes besoins et mes crises. Evidemment, comme toute malade qui se respecte, je me surcharge d'un tas de trucs en me disant que cela va me permettre de mieux lutter contre les crises, à part la fatigue et parfois la frustration de ne pas tout réussir, ça ne change rien, je continue. J'en ai parlé à mon ostéopathe qui me soigne pour des maux de dos persistants. Elle pensait que mon problème venait d'ailleurs alors de file en aiguille de la discussion, j'ai fini par lui dire ce qui se passe et elle m'a fait une morale comme il se doit. Cependant, je sait que ce n'est pas le genre de trucs qui me fait réagir, et pourtant.

Aujour'dhui, j'aimerais rencontrer des gens qui pourraient m'aider à me comprendre. J'ai beau me dire que ma fille en vaut la peine et que moi aussi, c'est plus fort que tout, c'est un démon dont on ne se débarrasse pas. C'est vraiment un appel de détresse et j'ai besoin que l'on m'aide, je l'admets, cela fait trop longtemps que je souffre. Merci à tous ceux qui ont pris le temps de me lire et j'espère pouvoir rentrer en contact avec des personnes qui connaissent cette situation et qui peuvent m'aider.

Vous pouvez me contacter par l'intermédiaire du forum@jeantet.ch

 

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