Graziella PELLEGRINI et Michele DE LUCA
Lauréats du Prix Jeantet-Collen pour la médecine translationnelle 2020

Les italiens Graziella Pellegrini et Michele De Luca reçoivent le Prix Jeantet-Collen pour la recherche translationnelle 2020 pour leurs travaux pionniers sur la thérapie régénérative à base de cellules souches épithéliales chez des patients atteints de graves maladies oculaires et cutanées.

Née à Gêne en 1961, Graziella Pellegrini (« GP ») a étudié la chimie et la pharmacologie ainsi que la pharmacie à l’Université de Gêne dont elle est sortie diplômée en 1989. Elle poursuit son travail postdoctoral au Centre de Biotechnologie Avancée de Gêne avant de devenir vice-directrice du Laboratoire d’Ingénierie Tissulaire de l’Istituto Dermopatico dell’Immacolata de Rome et directrice du Centre Régional de Recherche sur les Cellules Souches Epithéliales de Venise.

Michele De Luca (« MDL ») est né à Savone en 1956. Il a obtenu son diplôme de médecine à l’Université de Catane et s’est spécialisé en endocrinologie à l’Université de Rome. Il part ensuite à Bethesda, Etats-Unis, où il intègre le National Institute of Health avant de poursuivre son parcours à la Harvard Medical School. Il a également été directeur du Laboratoire d’Ingénierie Tissulaire de l’Istituto Dermopatico dell’Immacolata de Rome et directeur scientifique de la Veneto Eye Bank Foundation à Venise.

Actuellement, GP est Professeure de biologie appliquée et MDL est Professeur de biochimie au Centre pour la médecine régénérative à l’Université de Modène, Italie. Ils y travaillent également en tant que coordinateurs du programme de thérapie cellulaire (GP) et génique (MDL). Ils sont co-fondateurs de la Holostem Terapie Avanzate S.r.l., à Modène.

Les cellules souches épithéliales dans la thérapie cellulaire et génique

Il est communément admis que les cellules souches présentent un énorme potentiel pour la médecine régénérative. Pourtant, malgré le nombre sans cesse croissant de rapports sur les traitements par cellules souches, le succès de ces thérapies reste marginal. Graziella Pellegrini et Michele De Luca ont dédié leurs carrières scientifiques à la recherche fondamentale sur les cellules souches épithéliales visant spécifiquement l’application clinique en médecine régénérative. Dans ce domaine, leurs travaux ont été déterminants.

En 2015, l’Agence européenne des médicaments recommande à l’Union européenne l’approbation d’Holoclar, le premier médicament de thérapie innovante contenant des cellules souches. Il s’agit d’un traitement pour les patients atteints d’une déficience modérée à sévère des cellules souches limbiques (DCSL), soit les cellules situées à la surface (épithélium) de la cornée, la couche transparente à l’avant de l’œil qui recouvre l’iris (la partie colorée). Des dommages causés par des accidents tels que des brûlures chimiques ou thermiques peuvent entrainer une DCSL susceptible de mener à une déficience visuelle partielle ou totale. L’Holoclar, développé par Pellegrini et De Luca, a déjà permis à une centaine de patients de récupérer la vue. Pour parvenir à ce résultat, ils ont commencé par caractériser les mécanismes moléculaires régulant le potentiel de prolifération à long terme des cellules souches épithéliales, leur évolution clonale ainsi que leur auto-renouvellement. Cette recherche fondamentale a été la base solide sur laquelle ils se sont ensuite appuyés pour développer le traitement.

Leur travail pionnier sur l’utilisation de cellules souches épidermiques humaines en culture a également permis le traitement de centaines de patients souffrants de brûlures potentiellement mortelles, de vitiligo et de piébaldisme. Récemment, Michele De Luca et Graziella Pellegrini se sont attaqués aux maladies génétiques à expression cutanée sévère. Pour ce faire, ils ont combiné leur recherche sur les cellules souches avec la thérapie génique afin de réaliser une transplantation de feuillets épidermiques préparés à partir de cellules souches autologues génétiquement corrigées. Cette technique leur a permis de régénérer un épiderme entièrement fonctionnel et d’ainsi sauver un « enfant papillon » de 7 ans atteint d’une forme dévastatrice et potentiellement mortelle d’épidermolyse bulleuse jonctionnelle (EBJ). Ils ont pu également démontrer que l’épiderme est maintenu par un nombre limité d’holoclones, des colonies de cellules souches à fort potentiel de prolifération et amplifiables à long terme. Grâce à leurs travaux rigoureux en recherche fondamentale, De Luca et Pellegrini ont développé de nouvelles thérapies à base de cellules souches qui sont maintenant appliquées dans le monde entier. Leur approche combinant la transplantation de cellules souches adultes en culture avec la thérapie génique fournit un modèle qui peut être appliqué au développement d’autres thérapies cliniques à base de cellules souches.

Prof. Graziella PELLEGRINI
Prof. Michele DE LUCA

Centro di Medicina Rigenerativa “Stefano Ferrari”
Via Glauco Gottardi 100
41125 Modena (MO)
Italy

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